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Lycéens de Mantes la Jolie : Impunité policière totale après l’absolution de l’IGPN

L’IGPN a rendu son rapport par la voix de Brigitte Jullien sur l’affaire de la rafle des 151 lycéens de Mantes-la-jolie en décembre dernier alors que de nombreux lycées entraient dans la mobilisation contre la réforme du Bac et contre parcoursup, fraternisant aussi en partie avec le mouvement des gilets jaunes. La police qui avait procédé à l’interpellation brutale de 151 jeunes les avait alors maintenus de force à genoux et les mains sur la tête plusieurs heures durant. Blanchie par l’enquête de l’IGPN, ces méthodes n’ont visiblement rien d’anormal pour elle.

jeudi 16 mai

En ces temps de répression et d’acharnement judiciaire et administratif sur celles et ceux qui osent relever la tête, la décision de l’IGPN n’étonnerait presque pas. Depuis maintenant 6 mois aucune des centaines de plaintes déposées par des manifestants victimes de violences policières n’a abouti et aucun policier n’est à ce jour suspendu.

La répression n’a pas épargné les lycéens dont deux d’entre eux, rappelons-le, ont subi de graves mutilations au visage suite à des tirs de LBD. Dans ce contexte l’affaire de la rafle de Mantes-la-jolie avait défrayé la chronique tant le caractère violent et ouvertement humiliant (le policier qui filmait se permettant de commenter de façon injurieuse la scène) était remarquable. Des plaintes ont été depuis déposées par plusieurs lycéens qui n’ont même pas été auditionnés. L’IGPN a pourtant décidé d’exonérer la police considérant qu’il « n’y avait pas de faute (…) ni de comportement déviants de la part des policiers ».

De même que l’Etat ne semble pas considérer que le fait que certains manifestants se retrouvent en garde-à-vue pour une inscription sur une pancarte puisse constituer un quelconque abus, de même, que la police puisse interpeller des jeunes comme s’il s’agissait de prisonniers de guerre ne parait pas interloquer outre mesure en haut lieu.

Le martyr social de la jeunesse populaire

Cette affaire est aussi l’expression du traitement que la police française réserve aux jeunes issus des quartiers populaires. Si l’Etat se sent dans son bon droit quand il maintient des jeunes de 12 à 21 ans dans une position douloureuse et humiliante les forçant à mettre les mains sur la tête comme s’ils étaient susceptibles de faire usage d’une arme, c’est parce qu’il exerce impunément depuis des décennies sa violence dans les quartiers dits « sensibles ».

Brigitte Jullien, qui a été nommée directrice de l’IGPN en décembre 2018 c’est-à-dire pendant le mouvement des gilets jaunes et le mouvement lycéen, est d’ailleurs une spécialiste reconnue du maintien de l’ordre dans les quartiers, de quoi laisser aux policiers présents à Mantes ce jour là l’espoir de trouver une oreille attentive sinon complice. Elles a notamment été en charge de réprimer des révoltes populaires, en qualité de directrice départementale de la sécurité publique et commissaire central, à Pau puis à Grenoble de 2003 à 2011. Nul doute qu’à ses yeux donc, les jeunes de Mantes-la-jolie n’ont subi aucun abus de pouvoir ni de force.

Présumés coupables et dangereux c’est l’origine sociale de ces jeunes qui a justifié cette méthode d’interpellation qui est un scandale et une injure faite à toute notre classe. L’indignation suscitée est la marque d’un esprit de solidarité et de classe qui est de bon augure pour la suite et que l’on doit cultiver afin de continuer partout les combats et obtenir justice.




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