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Politique

On veut respirer

Lyon. Comme la droite, EELV veut renforcer les effectifs de police... mais à vélo

Les élections municipales de dimanche se sont traduites par une poussée d’EELV. Mais derrière les allures écolos, ces nouveaux maires promettent de renforcer les effectifs de police, à mille lieues des aspirations exprimées par des milliers de jeunes mobilisés contre les violences policières et le racisme.

vendredi 3 juillet

Crédits photo : AFP / Archives

Les élections municipales de dimanche se sont traduites par une poussée d’Europe Ecologie – Les Verts, démontrant une fois de plus les aspirations profondes quant à la crise climatique, en particulier de la part de la jeunesse. Cependant, EELV, qui veut concilier écologie et capitalisme, garde une position sur la police opposée aux aspirations des dizaines de milliers de jeunes mobilisés contre le racisme et les violences policières ces dernières semaines. Autrement dit : avec les Verts, les flics rouleront à vélo.

En effet, comme l’explique un article de Rebellyon, dans plusieurs villes, les Verts ont beaucoup joué sur la rhétorique sécuritaire afin de remporter les élections. C’est notamment le cas à Lyon, où le terme de sécurité est récurrent dans la bouche des Verts. On peut ainsi lire dans leur programme Maintenant l’écologie pour Lyon : “La question de la sécurité et de la tranquillité publique doit être abordée avec humilité et bienveillance pour s’engager sur un sujet qui répond à une attente objective des habitant·e·s.” Pour EELV, la crise sanitaire sert de prétexte pour effectuer le tournant sécuritaire tant attendu par les politiciens. Pourtant, loin d’avoir accentué un prétendu sentiment d’insécurité, le confinement a plutôt accentué la peur de la police, qui a tué 12 personnes en 2 mois.

À Lyon, la seule différence avec les programmes de droite semble bien être le fait que dorénavant, les policiers se déplaceront davantage à vélo. Cette mesure ridicule mise de côté, EELV compte bien renforcer les effectifs de la police, en particulier ceux de la police municipale, comme l’avait fait Éric Piolle, maire EELV de Grenoble. Le programme Maintenant l’écologie pour Lyon dit ainsi explicitement : “Nous renforcerons la présence quotidienne des policiers municipaux et nous leur donnerons davantage de visibilité et de mobilité. Cela passe par l’implantation dans tous les quartiers d’antennes de police municipale.
Cette fameuse police municipale qui semble charmer tout le spectre politique de la gauche institutionnelle ne change pourtant rien aux violences policières et au racisme systémique que subissent au quotidien les jeunes des quartiers populaires. Encore moins si, comme le préconisent à l’échelle nationale les membres d’EELV, cette police est armée. Plus encore, le nouveau maire de Lyon, Grégory Doucet, a jugé bon de reprendre le discours raciste associant immigration et insécurité lors de sa visite dans le quartier de la Guillotière, où il a dénoncé “harcèlement de rue, zone de deal, rodéos urbains”. Un discours pas très étonnant lorsqu’on sait qu’à l’échelle nationale, EELV prônent les caméras de vidéosurveillance et l’armement de la police municipale.

À Bordeaux aussi, le nouveau maire EELV Pierre Hurmic s’est illustré lors d’une sortie à propos de la police. Pour lui, “la police est une fonction régalienne” et “la suppression de la police de proximité a été une erreur majeure”. Tout comme Grégory Doucet, il est “pour embaucher plus de policiers municipaux”.

Pierre Hurmic, qui compte bien continuer la politique d’exclusion des classes populaires du centre-ville entamée par ses prédécesseurs, est une parfaite illustration de la politique d’EELV, tout comme Yannick Jadot qui affirmait il n’y a pas si longtemps être “toujours du côté du maintien de l’ordre” et que “la police, c’est un élément central de notre pacte républicain”.

Même rengaine pour Antoine Maurice, candidat à Toulouse et tête de la coalition Archipel Citoyen, regroupant EELV et d’autres groupes politiques, qui affirmait en avril, lors des révoltes dans plusieurs quartiers populaires en proie au confinement répressif : “J’adresse aux policiers agressés hier tout mon soutien. Je condamne fortement ces actes inadmissibles face à des fonctionnaires qui sont là pour nous protéger.

Toutes ces sorties nous rappellent encore une fois qu’EELV, loin d’être un parti réellement écologiste, reste un parti bourgeois, institutionnel, recouvert d’une façade verte. Leurs positions sur l’écologie, qui se réduisent aux petits gestes remettent en aucun cas les intérêts des grands patrons qui possèdent les grandes industries polluantes. Leurs positions sur l’écologie comme sur la police, en plein mouvement contre les violences policières, montrent que la réponse au racisme systémique ou au réchauffement climatique ne pourra venir que d’en bas.




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