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Jeunesse

"Bacatastrophe"

Lyon. Les lycéens mobilisés contre les E3C violemment réprimés

Ce matin du 29 janvier les lycéens lyonnais étaient au rendez-vous pour bloquer les E3C et montrer leur soutien aux travailleurs mobilisés depuis le 5 décembre contre la réforme. La répression policière main dans la main avec celle de certains chefs d'établissement était aussi au rendez-vous pour tenter d'endiguer l'entrée de la jeunesse dans le mouvement.

mercredi 29 janvier

Credit Photo : Ouest France

Plusieurs lycées lyonnais ont été bloqués ce matin pour protester contre les E3C, le "bac Blanquer", injustes et auxquelles les élèves n’ont pas été suffisamment préparés. Mais aussi comme l’a souligné un lycéen d’Edouard Heriot, pour "montrer le soutien des lycéens aux travailleurs mobilisés contre la réforme des retraites le 5 décembre".

Des lycéens s’étaient donnés rendez-vous dès 7h à Edouard Herriot et à Ampère-Bourse à Lyon, et également à Ella Fitzgerald à Vienne en banlieue lyonnaise.
A Vienne un rassemblement d’environ un millier d’élèves mobilisés s’est tenu dans la cour du lycée contre la tenue des épreuves des E3C, et a obtenu leur report.
Un blocus a eu lieu à Edouard Herriot pendant qu’à Ampère-Saxe des élèves ont mené une action de perturbation des épreuves des E3C maintenues, et obtenu le report de plusieurs de ces épreuves.

En face la répression s’organise

Un fort dispositif policier était prévu dès ce matin à Vienne pour le rassemblement lycéen, avec plus d’une dizaine de camionnettes policières prêtes à réprimer. La police s’est faite gardienne des E3C et a empêché des lycéens d’entrer dans des salles de classes pour appeler à la mobilisation.

La BAC ainsi que la gendarmerie et la police nationale étaient présentes à Edouard Herriot et Ampère-Bourse, et n’ont pas hésité à gazer, matraquer et pourchasser des lycéens. Certains enseignants d’Ampère dénoncent des potentielles consignes de répression du rectorat aux chefs d’établissements, qui appellent la police sur leurs propres élèves et communiquent entre eux pour les réprimer au sain des établissements. Plusieurs lycéens sont d’ors et déjà convoqués expressément en conseil de discipline dès demain, y compris pour avoir apporté un soutien aux rassemblements d’autres lycées que le leur.

Les lycéens d’Edouard Herriot dénoncent une lettre qui a été envoyée aux parents d’élèves pour décourager les élèves de se mobiliser contre les E3C, ainsi que des appels téléphoniques individuels aux parents d’élèves mobilisés et des prises à partie de la direction envers certains lycéens. Autant de tactiques humiliantes et coups de pression pour empêcher la mobilisation lycéenne.

La direction d’Ampère-Bourse a elle porté plainte contre 5 lycéens ce matin pour blocage d’une épreuve nationale, menaces envers la direction, dégradations et sabotage. Ces 5 lycéens ont été forcés de décliner leur identité à la direction sous peine qu’elle les dénonce à la police. Cette même police qui réprimait au même temps leurs camarades sur d’autres lycées.

Cette plainte n’est pas sans rappeler celle déposée par la direction de la fac de Lyon 2 pendant les prémices du 5 décembre au moment des mobilisations contre la précarité étudiante, et qui reprochait aux étudiants d’avoir interrompu une réunion du CA de la fac.
Des tactiques similaires qui montrent la peur face à la mobilisation dans la jeunesse, et la peur du gouvernement qu’elle rejoigne aux côté des enseignants mobilisés le mouvement entamé par le secteur des transports depuis le 5 décembre.




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