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Violence policière

Mâchoire d’un ado brisée par un tir de LBD : l’impunité demeure deux ans après

Lilian, adolescent de 16ans, a été blessé par un tir de LBD en marge d’une manifestation des Gilets Jaunes en janvier 2019. Depuis, l'impunité des policiers reste totale.

mercredi 14 octobre

Crédit photo : capture d’écran France 3

C’était le 12 janvier 2019, lors d’une manifestation des Gilets Jaunes, que Lilian a reçu un tir de flashball dans le visage qui lui a occasionné de nombreuses blessures à la mâchoire et une marque à vie. Cet adolescent de 16 ans à l’époque, était sorti acheter des affaires dans un magasin de sport lorsque qu’il a reçu un tir de LBD.

Deux ans plus tard,rien n’a avancé, et les policiers coupables ne sont pas inquiétés pour cet acte qui a brisé une partie de la vie de l’adolescent. Sa mère, Flaure Diéssé, a témoigné auprès de Rue89Strasbourg et a dénoncé l’absence de mesures, de sanctions pour la police et d’aide à la victime. Au delà de la blessure, Lilian a souffert du traitement médiatique que lui ont réservé les médias dominants, prêts à tout pour défendre l’institution policière. Sa mère dénonce : « Je pense que le fait d’avoir été médiatisé comme ça, d’avoir été désigné comme un casseur au début, ça l’a traumatisé. Je pense qu’il a encore ça dans la tête, cette peur d’être observé. »

Comme le souligne encore la mère de Lilian : « On ne retrouve pas une vie normale, on apprend à vivre avec cette douleur. […] Depuis qu’il a pris ce tir de LBD, il a toujours les volets baissés et la lumière allumée quand il est dans sa chambre, même le jour.  ». C’est un fardeau traumatisant à porter pour ce jeune homme, comme pour l’ensemble des très nombreuses victimes de violences policières.

La justice n’a pas donné de réponse au traumatisme vécu par ce jeune, comme le souligne sa mère Flaure Diéssé : « Suite au classement sans suite de ma plainte contre X pour le tir de LBD qui a touché mon fils, le Défenseur des Droits s’est auto-saisi. Je l’ai contacté après le confinement, mais on m’a répondu que le dossier avait pris du retard. Il reviendra vers moi dès qu’il aura des éléments… ». Le classement sans suite de l’affaire et le « retard » pris Défenseurs des Droits montrent une fois de plus l’impunité dont bénéficient les policiers, qu’ils mutilent ou qu’ils tuent.

Le rôle de l’IGPN, déjà en partie dévoilé par le mouvement des Gilets Jaunes puis par les manifestations contre le racisme cet été, tait cet acte de violence et joue son rôle de machine à couvrir les violences policières.

Pendant ce temps le gouvernement annonce la mise en place de couvres-feu, et des mesures répressives qui l’accompagneront. Juste avant c’est une dotation de 320 millions d’euros de budget supplémentaire pour la police qu’il a promis. Le gouvernement cherche à s’assurer la fidélité de la police et se prépare à intensifier la répression face aux mobilisations à venir. Face à cela, il est plus que jamais nécessaire de dénoncer et de lutter contre les violences policières, en s’inscrivant dans la continuité de la vague de dénonciation des violences policières qui a secoué le monde au début de l’été.




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