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Politique

Opération de com'

Macron : « Si être Gilet jaune, c’est vouloir que le travail paie mieux, alors moi aussi je suis Gilet jaune »

Ce jeudi, Macron a livré des interview à quelques médias dans une claire stratégie de com’ pour tenter d'apaiser les esprits. Ainsi, après avoir passé nombre de lois et réformes antisociales qui précarisent toujours plus, dont la loi travail XXL, ce dernier a osé déclaré que « si être Gilet jaune, c'est vouloir que le travail paie mieux, alors moi aussi je suis Gilet jaune ».

vendredi 1er février

Juste avant les nouvelles révélations de Mediapart sur l’affaire Benalla, Macron s’est réuni ce jeudi avec quelques journalistes pour une « discussion informelle ». En vu du grand débat et des européennes, il a tenté un mea culpa et a évoqué la question du « débat permanent »

Si ce dernier se prétend ouvert au dialogue et évoque l’introspection et le « débat permanent », il a cependant rappelé dans la foulée qu’il entendait maintenir le cap et la fermeté pour faire passer les réformes anti-sociales tant attendues par ceux qui ont parié sur lui lors des élections. « Le pays doit savoir qu’il est commandé », continue-t-il. Une phrase symbolique au vu de l’actuel situation turbulente qui frappe l’Élysée avec l’ouverture d’une crise sans précédent avec le mouvement des Gilets Jaunes, l’affaire Benalla ainsi que l’abandon des plusieurs alliés politiques.

Macron s’est également positionné sur ses petites phrases méprisantes qui ont suscité beaucoup de colère. Mais, au lieu de s’excuser, Macron se défend. « C’est le système qui les isole », dit-il par rapport aux Gilets jaunes, qu’il dit n’avoir jamais voulu blesser. Il se plaint de ne plus avoir droit à la « franchise » et qu’il ferait peut-être mieux de s’inspirer d’Angela Merkel qui ne va jamais au contact des gens en colère ! Après un discours culpabilisant, Macron ironise les chaînes d’infos qui cèdent la place aux Gilets jaunes : « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député ! ».

Après ce mépris affiché, ce dernier a osé affirmé ceci : « Si être gilet jaune, ça veut dire qu’on est pour que le travail paie plus et que le Parlement fonctionne mieux alors je suis gilet jaune ».Outre l’identification hypocrite et absurde - tant celle-ci est éloigné de la réalité et de la fracture profonde qu’il existe entre l’exécutif et les Gilets jaunes –, les « aspirations » soit disant communes aux Gilets jaunes que Macron a affiché sont en réalité loin de la politique que lui et ses ministres mènent. 

Concernant la promesse sur « le travail qui paie », Muriel Pénicaud a déjà affiché son opposition à la hausse du SMIC. Interrogé au sujet d’un potentiel référendum, le président, a déclaré « ne pas l’exclure », tout en ajoutant ceci : « il faut faire en sorte que le Parlement ne puisse pas revenir pendant au moins quelques années sur le choix des Français ». Une manière détournée donc de dire que, si référendum il y a, celui-ci n’aurait aucun réel pouvoir face au programme du gouvernement et aux lois votées.

De plus, dans la même discussion, et ce alors que l’utilisation des LBD 40, véritable arme à mutiler, a été autorisé ce vendredi par le conseil d’Etat, Macron a déclaré qu’il n’y avait pas d « états d’âmes », montrant que le droit de manifester n’est pas assurée et que son discours de « démocratie délibérative » n’est que de la pure démagogie.




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