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Politique

Drôle d’hommage aux Communards

Macron à Ornans. 5 amendes et 1 interpellation contre des Gilets jaunes

La visite d'Emmanuel Macron à Ornans, la ville de Gustave Courbet, a été marquée par une répression policière délirante : 5 amendes et 1 interpellation de gilets jaunes pour « attroupement ». Le président des riches a quant à lui pris un bain de foule : 500 policiers pour une ville morte.

mardi 11 juin

Crédit photo : France 3 Franche-Comté

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons-là pour ce bicentenaire de Gaston Courbet... ». Emmanuel Macron a débuté son discours ce lundi 10 juin par un lapsus qui en dit certainement long sur sa connaissance du peintre engagé. Gustave Courbet fut en effet élu le 26 mars 1871 au conseil de la Commune de Paris et affecté à la Commission de l’Enseignement et des Arts. Après la Semaine sanglante, le réaliste est condamné à six mois de prison pour sa participation à la Commune.

Macron n’a évidemment rien d’un Communard, lui qui a réprimé dans le sang la mobilisation des gilets jaunes, et, une nouvelle fois, la visite du président de la République s’est accompagnée d’un impressionnant dispositif policier. 450 membres des forces de répression ont été déployées dans la ville. Les riverains ont parfois été sommés de faire demi-tour, et dans toute la ville il s’agissait de montrer patte blanche (gare à ceux qui n’avaient pas leurs pièces d’identité !). Conséquence de ce dispositif policier ridicule, la ville d’Ornans s’est transformée en ville morte ce lundi. Au micro de France 3, M. Larand, gérant d’un bar-restaurant regrettait : « On n’a pas un client pour le moment, il y a des policiers partout, si vous n’avez pas de pièce d’identité, vous ne pouvez pas accéder au centre-ville ».

Face à ceux qui luttent du bon côté de la barricade, comme l’étaient les Communards, la réponse fut une nouvelle fois celle du tout répressif, puisque selon la préfecture du Doubs, cinq gilets jaunes ont été verbalisés pour attroupement. Frédéric Vuillaume, figure du mouvement à Besançon en fait partie. Le syndicaliste FO assure pourtant : « On n’a pas du tout manifesté, on n’a rien fait ». Pour le seul motif d’avoir été sur place, ils se sont pourtant retrouvés avec une contravention salée : « on nous a infligé des amendes de 135 euros pour interdiction de manifester, des amendes que nous n’avons pas signées et que nous contesterons », a déclaré Vuillaume, selon France 3.

Alors que huit autres personnes ont fait l’objet de contrôles d’identité, toujours selon la préfecture, Eric Gervais, figure des gilets jaunes locaux a quant à lui été interpellé suite à un contrôle d’identité, puis raccompagné chez lui illico presto. Son crime ? Avoir déployé un drapeau de la Franche-Comté en face du musée Gustave Courbet où se trouvait Macron.

Ce dispositif policier impressionnant démontre que, plus de six mois après le début du mouvement, Macron et les classes dominantes restent aux aguets, eux qui ont transpiré à grandes gouttes devant l’irruption spontanée de ce mouvement populaire le 17 novembre dernier. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de bâillonner ceux qui ont voulu relever la tête, et se battre « pour un monde meilleur ». A l’arsenal répressif judiciaire (peines de prison, contrôles et gardes-à-vue préventives, etc...) se sont ajoutées les violences innombrables de la police (plus de 2000 blessés, des dizaines de mutilés et le décès de Zineb Redouane).

Emmanuel Macron qui porte ce sang sur ses mains a rendu un hommage indécent à Courbet le Communard qui a dû se retourner dans sa tombe…




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