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Macron et Buzyn attaqués en justice par des médecins pour négligence volontaire

Trois médecins ont porté plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn, les accusant d’avoir tardé pour mettre en place des mesures contre le coronavirus. Une plainte qui fait suite aux récentes déclarations de l’ex-ministre de la Santé.

samedi 21 mars

Crédit photo : AFP

Le 17 mars, Agnès Buzyn confessait au Monde qu’elle savait et avait prévenu le gouvernement depuis longtemps que l’épidémie de coronavirus pouvait prendre une ampleur grave : « Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein. » Ainsi, Macron et Philippe, qui étaient pourtant au courant depuis début janvier, n’ont rien fait pour endiguer l’épidémie qui prenait de plus en plus d’ampleur, alors qu’en Chine, la contamination allait bon train et des centaines de milliers de personnes étaient confinées. Plus encore, Macron sortait au théâtre pour inciter les Français à continuer à vivre comme avant.

C’est cette irresponsabilité et même cette culpabilité que trois médecins français ont voulu dénoncer en attaquant en justice Édouard Philippe et Agnès Buzyn. Estimant que ces derniers "avaient conscience du péril et disposaient des moyens d’action, qu’ils ont toutefois choisi de ne pas exercer", les médecins ont envoyé la plainte ce jeudi 19 mars à la Cour de Justice de la République (CJR), la seule instance à-même de pouvoir juger des actes commis par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

Les trois plaignants accusent le premier ministre et l’ex-ministre de la santé de s’être abstenus "volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant (...) de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes". Ce délit est puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Cette assignation en justice vient approfondir la crise de confiance envers le gouvernement qui existe dans la population quant à la gestion de la crise sanitaire. Mais la CJR étant une instance de justice bourgeoise et tout particulièrement celle qui juge ses représentants, il ne faut pas se tromper : ce n’est que grâce à une mobilisation dans la rue que le gouvernement tombera. En ce sens, les salariés en danger face au coronavirus doivent se mobiliser contre ce gouvernement qui les force à travailler malgré le danger que le coronavirus représente pour leur vie et pour celle de leurs proches, au moyen de droits de retrait comme à la SNCF ou à La Poste, mais aussi grâce à des grèves comme en Italie.

Crédit-photo : Julien DE ROSA / AFP




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