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Politique

Élections européennes

Macron intervient pour sauver la campagne et suscite un tollé

À l’approche des Européennes, Macron cherche à tous prix à relancer la campagne de LREM, dans le contexte où une victoire électorale est plus que jamais nécessaire pour relancer son plan de contre-réformes anti-sociales. Dernier fait d’arme : l’interview qu’il a accordée ce dimanche à la presse régionale.

mardi 21 mai

Sept jours avant le scrutin, l’issue des élections européennes semble plus que compromise pour la majorité présidentielle. Alors que six mois après le début de la mobilisation, les Gilets jaunes continuent à enliser toute action gouvernementale, une victoire aux élections européennes est plus que jamais nécessaire à Macron pour relancer son quinquennat et ses contre-réformes. Les sondages, à quelques jours des élections donnent pourtant le Rassemblement National, porté par la vague « tout sauf Macron », vainqueur. Pour empêcher la débâcle, l’heure est au branle-bas le combat pour le gouvernement, pour qui tous les moyens sont bons désormais. Macron, dont les partis d’opposition dénonçaient déjà l’omniprésence au cours de la campagne, a décidé de se mettre au cœur de l’affrontement pour cette dernière ligne droite.

Déjà la semaine dernière, LREM avait suscité la controverse en sortant une affiche appelant à voter pour leur liste à l’effigie de Macron. Ce dimanche le Président a organisé une grande interview avec la presse quotidienne régionale consacrée exclusivement aux élections européennes. Une manière par là de s’adresser aux franges de l’électorat qui, lors des Présidentielles, étaient le plus réfractaires au projet macroniste : habitants des petites villes, retraités – cibles choisies des attaques de Macron pendant ces deux années de quinquennat… Une seconde fois, Macron tente d’y rejouer le scénario qui lui a valu sa victoire aux Présidentielles. Dans cette interview fleuve, dramatisant à loisir les enjeux des élections, il tente une nouvelle fois de se replacer au centre d’un duel final, dans lequel il incarnerait le dernier rempart au chaos. Pour convaincre les abstentionnistes – qui représentent la première force de ces élections – Macron agite le discours usé jusqu’à la corde, d’une l’Europe protectrice, « qui a construit la paix, qui a apporté de la prospérité », à sauver face à ceux « qui ne veulent que détruire ». Prêt à tout, LREM va même jusqu’à réutiliser les rhétoriques de l’extrême-droite elle-même, en accusant le RN d’être un « parti de l’étranger », influencé par Trump et Poutine.

Dans cette dernière tentative d’éviter le désastre, pas question de laisser passer les habituelles petites phrases, pétries de mépris et d’arrogance, devenues la marque de fabrique de Macron au fil des années et ayant contribué à sa délégitimation. Les journalistes présents devaient s’engager à co-écrire l’interview sur place et à accepter qu’une version unique commune soit soigneusement relue et reprise par l’Élysée avant publication. Face à ce procédé, habituel d’un gouvernement qui depuis le début de son quinquennat contrôle soigneusement son image dans les médias, plusieurs quotidiens ont refusé de se prêter à ce jeu de promotion présidentielle. C’est le cas de la Voix du Nord et de Télégramme. Dans un article, La Voix du Nord défend ne plus accepter les relectures de leurs interviews avant publication.

A quelques jours des élections, le niveau d’engagement personnel mis par Macron dans la campagne, en dit long de la faiblesse de ce qu’il reste de la Macronie, et de son inquiétude sur l’issue du scrutin. En effet se mettre au centre de la campagne est le pire moyen pour Macron de subir de plein fouet des élections devenues un véritable référendum contre lui.

Crédit photo : Olivier Crosan.




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