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Politique

Les travailleurs, il s’en lave les mains

Macron, le mépris de classe version surdoué

Dans une situation où le PS est tellement délabré que se pose, de fait, la question du ralliement des socialistes à Emmanuel Macron, ce dernier cherche à apparaître comme le dernier rempart contre le libéralisme dur de François Fillon. Pour autant, celui qui se veut être le « candidat du travail », est loin d’être le candidat des travailleurs. Et de fait, quand on se penche sur son passé et sur ses « dérapages », on voit bien que derrière l’image du jeune réformateur se cache un pur produit du Medef, méprisant envers toute personne sans costume, et pour qui la vie d’un patron est plus dure que celle d’un ouvrier aux 3x8.

vendredi 20 janvier 2017

Les pires maladies veulent toujours se donner une image de remède. Cependant, dans ces cures contre un pays qui serait « communiste » comme le dit Gattaz, les médicaments révèlent toujours un petit peu le poison qu’ils contiennent. Et il faut dire que dans la pilule Macron, il y a plus d’agents nocifs qu’autre chose. Et à ce sujet, Emmanuel ne vient pas de nulle part et a été particulièrement bien formé ! Le jeunot a commencé son parcours étoilé en bonne compagnie des jésuites d’Amiens avant d’arriver au modeste lycée Henri IV. Quelques concours après, il se retrouve à l’ENA puis à l’Inspection des Finances publiques. Comme quoi, on peut écrire un livre nommé Révolution et avoir été façonné par la plus pure tradition des élites françaises !

Et quelle tradition ! Le petit Manu va ensuite travailler dans la banque Rothschild, grâce au système de pantouflage qui permet aux hauts-fonctionnaires français, après avoir appris par cœur toutes les règes fiscales françaises, de les mettre au service des banques et des entreprises du CAC40 pour « optimiser » le mieux possible et échapper à tous les impôts, y compris les leurs. Ce qu’Emmanuel a bien compris : après des révélations du Canard Enchaîné et de Mediapart, le larron qui avait pourtant tout fait pour que sa femme, son chien et son cousin possèdent ses biens, pour mieux échapper à tout impôt, s’est finalement fait rattraper. Malgré tous ses efforts et son expertise, le pauvre malheureux a dû payer l’impôt sur la fortune. Une fortune de 2,9 millions d’euros qu’il a gagné entre 2008 et 2011 chez Rothschild qui dépasse de loin les seuils de 1,3 millions d’euro pour l’ISF.

Un parcours dans le pur style des classes dominantes et qui permet de mieux comprendre son fameux « la vie d’un entrepreneur est souvent plus dure que celle d’un salarié » ! Parce pour le candidat d’En Marche, cacher ses impôts et servir les intérêts des Dassault, Balkany et autres ordures est un casse-tête propre à envier le sort des ouvriers qui travaillent à la chaine. Il suffit d’ailleurs de voir le bonheur avec lequel les ouvriers d’Arcelor Mittal qui meurent dans les fonderies de l’Est, des travailleurs qui ne peuvent finir leurs fins de mois, quand ils ne sont pas tout simplement au chômage. Cependant, de telles douleurs lui assurent des petits plaisirs et une fierté qu’il investit dans des costards (peut-être sont-ils made in France, cela ferait plaisir à Montebourg). Et comme il l’a rappelé à un gréviste qui l’interpellait au printemps : «  la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler ». En face de lui, à l’époque, un ouvrier qu’il l’interpellait à propos du 49.3 et de la loi El Khomri, qui portait un t-shirt, ce qui, visiblement, était une arme particulièrement menaçante à en croire à ses propos : «  Vous ne me faites pas peur avec votre T-shirt ». Un costard sûrement plus propre que les mains des pêcheurs qu’il a rencontré récemment, rencontre après laquelle il s’est soigneusement lavé les mains, comme pour signifier que la crasse qu’il avait sur ses paluches, c’était bien celle de l’intérêt d’ouvriers dont il n’aura jamais rien à faire. En dépit de sa nouvelle carrière politique, Macron restera le premier de la classe de Rotschild et des intérêts des puissants.




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