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Macron positif : en plein rebond du Covid, le symbole d’une gestion sanitaire catastrophique

Macron positif à la Covid19, la nouvelle est mise au centre de l'actualité politique. Mais derrière cette contamination, la symbolique est forte : celle de l'échec catastrophique de dix mois de gestion de la crise sanitaire par le gouvernement.

samedi 19 décembre 2020

Crédits photo : AFP/pool/Charles Platiau

C’est ce jeudi 17 novembre que la nouvelle est tombée : Emmanuel Macron a été testé positif à la Covid19. Depuis, les éléments s’accumulent, concernant entre autre des manquements aux règles élémentaires rabâchées par le gouvernement concernant les gestes barrières, ou encore un repas mardi midi avec les présidents de groupe de l’assemblée, plus de douze personne et mercredi soir, avec une dizaine de membre de la majorité, selon BFM. Surtout, l’image d’un Macron attrapant la main du secrétaire général de l’OCDE Angel Guria lors du sommet de l’Europe ou, selon toute vraisemblance, le président aurait été contaminé, ne manque pas de faire polémique.

Difficile de faire plus ridicule, d’autant plus quand le gouvernement se défausse de toute responsabilité en mettant en avant les fameux « comportements individuels » à chaque rebond épidémique. « Si on est malade c’est qu’on n’aura pas fait aussi attention que nécessaire(...)Nous devons être en grande vigilance(...). Ce n’est pas une question de faute, c’est une question de responsabilité » affirmait le désormais cas contact Richard Ferrand sur France Inter, fin octobre. « Le discrédit est total. Mais comment espérer que les Français suivent les consignes sanitaires quand leurs dirigeants ne les appliquent pas ? » s’interroge Médiapart ce 17 décembre.

Macron positif : derrière le ridicule de la situation, le bilan catastrophique de la gestion autoritaire de la crise sanitaire

Il fait peu dire que, au-delà du ridicule de la situation, l’annonce de la contamination du président tombe au pire des moments pour Macron. Non seulement 18 000 nouveau cas ont été diagnostiqués ce 18 décembre, ce qui a poussé Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, à parler de « situation préoccupante » à une semaine de Noël, mais c’est également une étude de l’Inserm qui met en avant le bilan calamiteux de la politique sanitaire du gouvernement. La Covid19 au printemps a entraîné trois fois plus de morts que la saison grippale 2018/2019, qui était elle-même la plus meurtrière des cinq dernières années. L’établissement public a également précisé qu’ « aucun traitement ne s’est encore avéré efficace pour prévenir la maladie grave chez les patients atteints de Covid-19 ».

Dans le même temps, l’opération dépistage au Havre, mise en exergue par le gouvernement, s’apparente à un flop, alors que 12385 personnes, sur les 270 000 habitants de la communauté urbaine, s’étaient fait dépistés ce jeudi 17 novembre. Ce même jeudi, un test antigénique, le « Viva Diag », a été retiré du marché après des faux négatifs avérés. Un couac qui peut être considéré comme anecdotique, puisque 80 tests différents sont sur le marché, mais qui restent hautement symbolique. Surtout, alors que le plateau des contaminations restent haut, on voit que le nombre de personnes dépistés a largement diminué, passant de plus de 1,6 millions en une semaine fin novembre à environ 1,4 millions pour la semaine dernière. Une preuve que la politique « de la matraque » en termes de gestion sanitaire commence à s’éroder.

Dix mois après le début de la pandémie, il est clair que le gouvernement est aujourd’hui dans une impasse, et enchaîne les revers sur ce terrain. Alors que le reconfinement devait amener à repasser sous la barre des 5000 contaminations par jour, nous en sommes aujourd’hui à 18 000. C’est à ce moment que le gouvernement a choisis de remettre en place le couvre-feu... qui a lui-même prouvé son inefficacité totale lors de sa précédente mise en place censé éviter un reconfinement ! En d’autres termes, la politique du gouvernement semble se mordre la queue, et le sentiment général qui prédomine est celui de son incapacité à trouver une véritable solution.

Prendre nos affaires en main ! Pour une alternative à leur gestion de la crise sanitaire !

Alors que le rebond de l’épidémie est une réalité, il est clair que la politique du gouvernement nous mène dans le mur. Le « tout-vaccin » semble le seul horizon de l’exécutif, malgré les incertitudes et la caractère risqué d’une telle stratégie.

Alors que les cas se comptent désormais en dizaines de milliers chaque jour, et que la barre des 60 000 morts en France est en passe d’être franchie, c’est bien d’une alternative radicale, issue des classes travailleuses, populaires et de la jeunesse, que nous avons besoin. Une alternative qui rompt avec la logique autoritaire et pro-patronale de la gestion gouvernementale.

Comme nous l’avons exprimé dans différents articles, il s’agit de mettre en place une stratégie sanitaire basée sur la prévention et le dépistage massif, géré collectivement par l’ensemble de la population, et qui se combine avec de larges campagnes d’embauche de personnels dans le service public de santé. Face aux incertitudes liées au vaccin, alimentées en premier lieu par la concurrence acharnée sur le marché mondial, il faut exiger la nationalisation des laboratoires sous contrôle des travailleurs. En bref, un programme alternatif qui ne pourra être imposé que sur le terrain de la lutte des classes, lié à la riposte nécessaire face aux dizaines de milliers de suppressions d’emploi dues à la crise économique et à la lutte sur le terrain démocratique, contre les lois liberticides et racistes que le gouvernement entend imposer.




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