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Macron "surpris par l’évolution du virus" ? Les soignants l’alertent depuis des mois !

Depuis plusieurs années et encore davantage depuis la première vague, les soignants alertent sur le manque de moyens dans les hôpitaux publics, qui rend très difficile une bonne gestion de la crise sanitaire. De plus, de nombreux experts prévenaient depuis quelques semaines qu'une deuxième vague était imminente. Cela n'a pas empêché Macron d'affirmer dans son allocution que « Nous sommes tous, en Europe, surpris par l’évolution du virus. »

jeudi 29 octobre

Crédits photo : Ludovic MARIN / AFP

« Nous sommes tous, en Europe, surpris par l’évolution du virus » a affirmé Macron dans son allocution de mercredi soir, afin de justifier le reconfinement qui s’impose comme le dernier recours du gouvernement. Si Macron ose s’affirmer surpris, il n’en sera sûrement pas de même pour les soignants et les experts de la santé. Les soignants alertent depuis des mois sur le manque de moyens structurel dans les hôpitaux publics, qui rend très difficile une bonne gestion de la crise sanitaire ; tandis que de nombreux experts prévenaient depuis quelques semaines qu’une deuxième vague était imminente.

Dans une vidéo postée sur la page facebook de Cerveaux Non Disponibles, plusieurs extraits d’interviews ou de passages télévision montrent que le gouvernement était parfaitement au courant de l’imminence de la deuxième vague. Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, expliquait dès le 30 avril que « quand on regarde ce qui s’est passé sur un certain nombre de virus respiratoires, on sait qu’il peut y avoir une amélioration au cours de l’été et puis ensuite une récidive à la rentrée donc ce qui pose la question d’une éventuelle deuxième vague, à la période de septembre-octobre. »

Le 18 juin, c’était en audition à l’Assemblée nationale que Jean-François Delfraissy alertait de nouveau : « L’ensemble du Conseil scientifique considère que compte tenu de ce qui se passe dans l’hémisphère sud, de l’ensemble des particularités de ce virus [...] considère que le risque d’une deuxième vague, une vraie deuxième vague [...] en Europe, fin octobre ou en novembre ou décembre, est un risque qui doit être considéré. Ceci a été annoncé aux autorités politiques de ce pays – notre position là-dessus – et donc il faut le préparer et ne pas se retrouver dans la situation dans laquelle nous nous sommes trouvés le 12 mars. »

Au-delà de la vitesse de propagation de l’épidémie, qui s’accélère certes énormément ces derniers jours, le discours d’Emmanuel Macron est indécent car les soignants alertent depuis maintenant plusieurs mois sur l’incapacité de l’hôpital public à faire correctement face à l’épidémie, faute de moyens. Avant même la crise sanitaire, une grève de plusieurs mois aux urgences et dans d’autres services hospitaliers réclamait davantage de moyens humains et matériels.

Face à cette situation, le gouvernement s’est contenté d’une politique de façade, avec un « Ségur de la santé » qui n’a absolument pas réglé les problèmes structurels. Comme nous l’expliquait récemment Isalyne, aide-soignante à l’Hôpital Henri Mondor de Créteil : « Le Ségur personnellement on n’en voit aucun effet, à part 90€ supplémentaires sur nos salaires depuis septembre. [...] Pendant le confinement de la première vague, le gouvernement a fait des promesses pour les soignants, on est en septembre mais on n’a rien vu du tout. On a des problèmes de matériel et on ne crée pas de postes donc si on ne vient pas faire des heures supplémentaires sur nos jours de repos, l’hôpital craque. »

Au lieu d’accorder de former et d’embaucher des soignants, d’augmenter les salaires et d’ouvrir des lits, le gouvernement a choisi depuis le début de la crise une politique répressive et pro-patronale. Ces mesures retombent sur les épaules des plus précaires à grand coups d’offensive sécuritaire et raciste, d’amendes et de violences policières dans les quartiers. Le confinement, solution de dernier recours face à la saturation des hôpitaux, cible uniquement les contaminations de la sphère privée, alors même que la plupart des clusters se situent dans les entreprises et les écoles, qui elles restent ouvertes afin de préserver les profits du grand patronat.




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