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Politique

Magouille : Dupont-Moretti a acheté une Maserati 100.000€ avec l’argent d’une société offshore

Mediapart révèle que Eric Dupont-Moretti a reçu 100 000 euros de la part d’une entreprise basée dans un paradis fiscal, alors qu’il n’a jamais travaillé pour cette société. Quelques jours plus tard, il dépensait cette somme pour s’offrir une voiture de luxe, en partie en liquide…

mardi 8 février

Dans une enquête publiée le 7 février, Mediapart révèle les détails d’une affaire dont le protagoniste n’est autre qu’Eric Dupont-Moretti, actuel Ministre de la Justice du gouvernement Macron. Fin janvier 2013, le compte professionnel du cabinet de Dupont-Moretti, qui est à l’époque un avocat à succès, reçoit en effet un virement de 100 000 euros de la part de la société Exelyum. Celle-ci est domiciliée aux Seychelles, paradis fiscal notoire, et son dirigeant est un certain Jean-Pierre Nitkowski, accusé d’avoir escroqué une centaine de personnes pour un montant s’élevant à plus de 20 millions d’euros. Or Dupont-Moretti n’a jamais travaillé pour la société qui lui a versé une telle somme. Quelques semaines plus tard, il a utilisé l’argent reçu par Exelyum pour s’offrir une voiture de luxe, une Maserati cabriolet, pour la modique somme de 95 158 euros, dont 20 158 euros ont été payés en liquide.

Ce versement a été découvert lors des investigations concernant l’escroquerie commise par Jean-Pierre Nitkowski, pour laquelle il a été condamné à cinq ans de prison ferme en mars 2021. Si l’actuel ministre de la Justice n’a jamais été inquiété pour cette affaire, la justice n’a pas réussi à clarifier les raisons de cet étrange versement d’argent, mais suite aux sollicitations de Mediapart dans le cadre de leur enquête, le cabinet du Ministre a maintenu le flou autour de cette affaire, et n’a pas apporté de réponses qui puisse aider à mieux comprendre comment un avocat peut recevoir 100 000 euros de la part d’une société offshore pour laquelle il n’a jamais travaillé.

Cela témoigne pour autant du train de vie fastueux du ministre lorsqu’il était avocat, lequel a vraisemblablement continué depuis sa nomination, lui qui avait “oublié” de déclarer plus de 300 000 euros de droits d’auteurs, comme on l’apprenait il y a quelques mois. Ce n’est pas la première casserole de Dupont-Moretti qui [a notamment été mis en examen l’été dernier pour prise illégale d’intérêt, ce qui ne l’empêche pas de rester en poste, qui plus est au ministère de la justice. 

Dans un gouvernement qui s’adonne à une surenchère sécuritaire, le Garde des Sceaux ne s’embarrasse lui pas de détails légaux. Il s’agit bien sûr ici de délinquance en col blanc de fraudeurs proches de la grande bourgeoisie, loin de la réthorique anti-pauvre qui anime les discours du gouvernement contre la délinquance et les trafics.

Dupont-Moretti rejoint en effet la longue liste de ministres macronistes soupçonnés de fraude fiscale et conflits d’intérêts, de Delevoye à De Rugy dont le dernier en date est Alain Griset, ministre des PME condamné pour avoir détourné plus de 300 000 euros.

Tous ses scandales révèlent la proximité de ce gouvernement avec les entreprises privés et les grandes fortunes, comme l’impunité dont ils bénéficient, alors que la justice bourgeoise leur évite à chaque fois la prison lorsqu’ils sont condamnés, quand de l’autre côté elle est fait preuve de la plus grande sévérité envers les classes populaires.



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