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Politique

Emplois fictifs

Magouilles au FN : les textos qui relancent l’affaire des assistants parlementaires fictifs

L'affaire des emplois fictifs d'assistants parlementaires du Front national au parlement européen court depuis des mois. De nouveaux éléments issus des échanges textos des frontistes accablent le parti d'extrême droite.

lundi 15 juillet

Crédit photo : Reuters

Le service anticorruption de la police judiciaire, l’OCLCIFF, avance dans sa mise au jour d’un vaste système d’emplois fictifs au parlement européen par le FN. Ce système consiste à détourner l’argent du parlement pour rémunérer des assistants qui, au lieu de travailler pour leurs députés européens, s’occupent en réalité des affaires du parti.

Le 8 juillet dernier, Mickaël Ehrminger, un ancien collaborateur du FN et assistant parlementaire de Florian Philippot, a été entendu par la police de Nanterre sur ses activités au parlement européen en 2016 et 2017. Mandaté pour remplacer Mathilde Palix pendant son congés maternité, l’ex-collaborateur découvre un bureau où « s’entassaient des courriers non lus par dizaines, des enveloppes avec dans certaines des chèques d’adhésion. Il y en avait même qui servaient de cale-pied ». Il découvre également quelques 9000 mails non lus sur la boite de Florian Philippot alors même que Mathilde Palix avait en charge la correspondance du numéro 2 du FN à l’époque. Selon les mots de Mickaël Ehrminger, l’état de son bureau laissait à penser qu’elle ne « travaillait pas ». En tout cas, pas pour le parlement européen puisque même en congé maternité, elle a été associée fin 2016 à l’organisation de sept conventions thématiques pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Le nouvel assistant parlementaire a rapidement saisi sa hiérarchie au sein du FN car les contrôles du parlement européen sur les activités des assistants parlementaires se faisaient de plus en plus pressants. Par SMS, l’assistant parlementaire déclare être « dans la merde » car il n’a « aucune « preuve de travail » ». En guise de réponse, Joffrey Bollée, alors directeur de cabinet de Florian Philippot lance un « [Idiot], cesse d’écrire ça par SMS ! ». Entre les mains des services anticorruption, ce SMS est un élément de plus à charge du FN.

La police enquête aussi sur les contrats que le parti d’extrême droite établissait avec ses collaborateurs. À l’image de ceux de Mickaël Ehrminger, l’assistant parlementaire était embauché sur la matinée pour traiter des affaires du FN et sur un contrat différent l’après-midi pour effectuer son travail d’assistant au parlement européen. Or, le lieu d’exécution des deux contrats était à chaque fois à Nanterre au siège du FN. Les services anticorruption soupçonnent que ces deux contrats différenciés ne soient en réalité qu’un artifice pour masquer un détournement de fond au seul profit du FN. C’est d’ailleurs ce que Marine Le Pen déclarait elle-même en mars dernier : « Et alors ? [les attachés parlementaires] ont fait de la politique avec leur député, c’est sûr, ils n’ont pas fait le travail pour l’Union européenne ! ». Mickaël Ehrminger a lui aussi confirmé ces propos à l’OCLCIFF : « Je n’ai jamais travaillé pour le Parlement européen. Mais les assistants parlementaires n’étaient pas totalement en situation d’emplois fictifs pour autant, ils travaillaient vraiment. Ce qu’il y a, c’est qu’ils le faisaient pour le parti uniquement. C’est seulement sur ce point qu’il s’agissait d’emplois fictifs ».

La corruption du FN est-elle encore à prouver ? La somme accablante de preuve de détournement de fond et les derniers témoignages en date montrent assez ce que cache la politique « antisystème » du parti d’extrême droite et a d’opportuniste et de corrompu. Le FN ou maintenant le RN incarne tout aussi bien le système que Les Républicains avec Fillon.




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