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Fin des brevets pour une coopération scientifique internationale !

Maintenant les puissances occidentales veulent s’accaparer les vaccins russes et chinois

Alors que la production de Pfizer et de Moderna est détenue par les puissances mondiales, les vaccins russes et chinois, maintenant reconnus par les scientifiques européens, vont eux aussi être accaparés par les grandes puissances alors qu’ils bénéficiaient principalement au pays du sud avec des prix très attractifs.

jeudi 4 février

Crédits photo : Pavlo Gonchar/SOPA Images/LightRocket - Getty

Aujourd’hui, en Europe, seulement 2,3 % de la population a été vaccinée. Face à l’incapacité des trois laboratoires de biotechnique à produire et fournir l’ensemble des doses commandées, les vaccins russes et chinois ouvrent de nouvelles possibilités pour contrer la pénurie que vit l’ensemble des pays de l’UE.

En effet, The Lancet a publié mardi les résultats d’essais cliniques montrant que le vaccin russe atteint un taux d’efficacité de 92% (comparable à Pfizer et Moderna). La Russie promet alors de livrer 100 millions de doses à l’Union Européenne au deuxième trimestre. Cette reconnaissance par l’UE est aussi une victoire politique pour Poutine.

Conséquence : les pays à la périphérie capitaliste poussés sur la touche

Les vaccins russe et chinois étaient jusqu’alors délaissés par l’Union Européenne par concurrence économique entre puissances mais aussi par une dose d’eurocentrisme d’un point de vue de la connaissance scientifique. Également, différents vaccins chinois sont vus comme des vaccins de « seconde zone » et sont envoyés aux pays pauvres. Ces vaccins sont encore aujourd’hui en très grande partie commandés par les pays de la périphérie capitaliste qui n’ont pas accès aux vaccins Pfizer/BioNTech, Moderna ou AstraZeneca, accaparés par les pays capitalistes.

Pour le vaccin russe Sputnik V des retards de deux ou trois semaines sont attendus notamment en Amérique du Sud, car Moscou élargit la capacité de production de ses laboratoires pour répondre à la demande croissante, pénalisant encore et toujours les pays de la périphérie capitaliste.

D’autant que le vaccin russe est l’un des moins chers sur le marché de la concurrence (10 dollars US, contre 20 pour le vaccin Pfizer, 30 pour le vaccin chinois et 4 USD pour Astrazenaca) et est le plus disponible (AstreZeneca ne pourra livrer ses commandes qu’au milieu de l’année). De plus, le vaccin russe se conserve au réfrigérateur entre 2 et 8 °C, ce qui facilite sa logistique et sa sécurité. Mais cette attractivité pour les pays du sud est en passe de devenir du passé, car les pays européens vont très probablement concurrencer le prix d’achat et ainsi devenir prioritaires sur les importations. Les pays pauvres vont de nouveau être les derniers servis, élargissant encore davantage les délais de livraisons et la précarité sanitaire au mépris de milliers de vies.

Plus globalement, les pays impérialistes sont en train de prendre un tournant pour s’accaparer tous les vaccins disponibles qui sont plus ou moins testés et efficaces.

Fin des brevets pour une coopération scientifique internationale !

L’intérêt soudain de l’Union Européenne pour les vaccins russe et chinois montre encore une fois l’absurdité des systèmes de brevets (propriété privée intellectuelle) et de la gestion privée des laboratoires (propriété privée économique) qui entravent de façon criminelle la production massive de doses ! Les quelques entreprises qui fabriquent le vaccin Pfizer/BioNTech n’ont pas la capacité de délivrer les doses promises.

De plus, la concurrence entre laboratoires et entres puissances montre son fonctionnement criminel quand les recherches scientifiques pourraient être collectivement et internationalement produites vers les besoins sociaux pour endiguer la crise et non pour les intérêts de profit d’une entreprise ou d’une puissance. Avec l’arrivée des variants, plus contagieux, qui sont le résultat de la négligence des gouvernements, le monde est encore loin d’entrevoir la fin de l’épidémie. Pour cela il est urgent d’engager une lutte pour l’abolition des brevets et la nationalisation sous contrôle ouvrier des laboratoires afin de pouvoir vacciner tout le monde et rendre impossible les désirs charognards des pays impérialistes sur les pays pauvres et plus largement sur la vie des travailleurs.

C’est ce que dénoncent les salariés en grève du laboratoire Sanofi : « rien n’empêcherait de produire ces vaccins qu’on connaît, qui fonctionnent et les produire chez Sanofi. Le seul problème, c’est l’ego des dirigeants : ils ne veulent pas admettre qu’ils se sont trompés ». « On a beau être en guerre, on n’est pas capable de mettre la pression sur les entreprises capitalistes pour qu’elles produisent plus de doses. Si on était en guerre, en cas « d’effort de guerre », on y arriverait. Nous on est pour prendre les moyens de production chez Sanofi, et faire l’un des trois vaccins qui est aujourd’hui sur le marché.




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