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Malgré la menace du variant Delta, une rentrée sans « augmentation de moyens », « ni demis-groupes »

Suppression d’emploi, augmentation du nombre d’élèves : les enseignants préparent une nouvelle rentrée difficile alors que le variant Delta menace. Céline, enseignante dans le 93, revient sur la situation.

mercredi 1er septembre

Crédit photo : AFP

63 662 élèves supplémentaires et 7 490 suppressions d’emplois depuis 2017 dans l’éducation nationale, voilà les conditions dans lesquelles les enseignants doivent préparer l’accueil de leurs élèves rappelle le SNES-FSU en cette rentrée. Des chiffres auxquels se rajoutent un chiffre plus récent : celui de 1883 suppressions d’emplois dans le secondaire en cette rentrée.

Alors que cette deuxième rentrée des classes depuis le début de la crise sanitaire est marquée par le danger représenté par le variant, particulièrement contagieux, c’est ainsi une nouvelle année sous le signe de l’austérité qui s’annonce. C’est donc avec des classes bondées, des baisses de budgets et toujours aucun moyen pour mettre en place un protocole sanitaire à la hauteur, que les enseignants préparent leur rentrée.

Interrogée par Révolution Permanente, Céline, enseignante dans un collège du 93, rappelle que ces suppressions de postes sont en partie remplacées par des contractuels sous-rémunérés ou par des emplois précaires avec de mauvaises conditions de travail et de salaire qui permettent ainsi à l’Etat de faire des économies. Une des principales conséquences de ces restrictions de budget est la fermeture de classes et l’entassement des élèves dans celles qui restent. "Par exemple, dans mon établissement, ils ont supprimé un poste de professeur de mathématiques, les élèves se retrouvent donc répartis dans des classes à 25 alors que l’effectif maximum est de 24. C’est simple, leur but est de grignoter petit à petit jusqu’à ne laisser que des miettes." note-t-elle. Or, comme beaucoup d’emplois sont précaires, la contestation est rendue difficile pour l’ensemble des contractuels. La boucle est bouclée donc : supprimer des emplois pour les remplacer par des contractuels mal payés qui ne pourront pas contester les mauvaises conditions de travail.

Des conditions structurelles qui s’aggravent face aux défis posés par la pandémie, révélatrice de l’absurdité de la gestion de Blanquer. Alors que nombre de contractuels n’ont pas de poste en cette rentrée, les enseignants vont en plus devoir assumer la responsabilité de gérer la sécurité sanitaire des élèves avec un protocole quasiment inexistant et aucun moyen alloués.

Comme continue de l’expliquer Céline, Jean-Michel Blanquer martèle dans son protocole qu’il faut respecter au maximum la distanciation physique alors que le nombre d’élèves ne fait qu’augmenter dans des salles de classes qui n’ont pas l’espace pour tous les accueillir correctement, laissant la porte grande ouverte au décrochage scolaire que les différents confinements ont déjà beaucoup favorisés. Une dynamique qui ne fait que creuser les inégalités entre les établissements.

En outre, concernant les moyens supplémentaires attendus et conseillés par les autorités de santé, la situation n’est pas meilleure. “Tout est très flou, nous sommes censés avoir une réunion pour discuter de propositions de protocoles à transmettre au ministère au cas où la situation s’aggrave de nouveau, or notre chef d’établissement à été très clair : on ne peut pas compter sur des demis-groupes, ni une augmentation de moyens. On attend encore les capteurs CO2 après 18 mois de pandémie ! Nous n’avons aucun moyen humain, aucun moyen matériel et on nous demande d’élaborer un protocole sanitaire” note à nouveau Céline. Comme le dénonce cette enseignante, pour cette rentrée 2021, le gouvernement poursuit la politique du mensonge qu’il a adopté depuis le début de la pandémie : faire croire à la mise en place d’un protocole sanitaire alors que même les mesures minimales que les enseignants en grève avaient exigées l’année dernière ne sont toujours pas en place.

Face à cette situation, les enseignants seront mobilisés ce 23 septembre sur la question des salaires, des moyens et des conditions sanitaires à l’appel d’une intersyndicale FSU - CGT - FO - SUD. Au-delà de cette journée isolée, et comme nous le disions il y a une semaine il sera cependant nécessaire de construire un vrai rapport de force pour imposer une augmentation significative de postes afin de faire face à la situation sanitaire, et obtenir des moyens matériels pour assurer la sécurité des élèves et du personnel. 




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