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Malgré la répression, les Algériens continuent à manifester en masse pour dégager le « système » et sa politique pro-impérialiste

Après une semaine marquée par un saut répressif contre les étudiants nombreux à avoir été arrêtés ce mardi avec plusieurs activistes du mouvement populaire, la manifestation de ce vendredi a montré que ces arrestations n’ont pas dissuadé les manifestants qui sont descendus en masse dans les rues pour réclamer le départ du « Système » et rejeter le projet de loi de finances 2020 qui vise à appauvrir les couches populaires et brader les richesses nationales à l'impérialisme.

vendredi 11 octobre

À l’approche des élections présidentielles prévues le 12 décembre et face au rejet massif, quasi unanime du peuple Algérien, le régime accentue et fait monter d’un cran la répression contre toutes les voix qui s’opposent aux élections et sa politique, et opère un passage en force des élections afin d’assurer le retour aux « affaires » de la bourgeoisie et de continuer les trains des contre-réformes, en commençant par la loi des finances 2020 .

Le mardi dernier, journée hebdomadaire de la mobilisation estudiantine, à été marquée par une forte répression dès le début de la marche organisés par les étudiants des universités d’Alger https://www.revolutionpermanente.fr..., la police a procédé à une centaine d’arrestations avant d’être relâché dans la nuit pour la majorité.

Outre les arrestations, les condamnations se multiplient dans plusieurs régions du pays. le mercredi 9 octobre, le tribunal de Constantine a condamné le manifestant Semmani Amazigh, qui avait brandi le drapeau amazigh pendant une marche, à un an de prison ferme pour « profanation du drapeau national ». Le même jour, à Djelfa, un manifestant opposé à la tenue des élections présidentielles a été condamné à la même peine pour avoir « perturbé l’installation de l’autorité électorale dans la localité ».

Quand ce ne sont pas des condamnation, c’est la détention provisoire ou le placement sous mandat de dépôt qui s’abat sur les personnes arrêtées. A l’image des trois jeunes de la région de El-Oued ; 3 jeunes connus dans leur implication dans le mouvement populaire, ont été placés en « détention provisoire » par le tribunal de la Wilaya.

Le mardi 8 octobre, la CNLD (Comité national pour la libération des détenus) a dévoilé une nouvelle liste des détenu, comptant près de 100 détenus politiques, dont certains incarcérés depuis Juin dernier. Une liste qui risque de s’agrandir dans les prochaines semaines, compte tenu de la situation et du degré de répression observé ces derniers jours, par un régime qui tient coûte que coûte à installer un nouveau gouvernement pour imposer les réformes libérales exigées par l’impérialisme

Ce jeudi 10 octobre, lors d’un rassemblement de soutien aux détenus du Hirak devant le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger, c’est Abdouahab Fersaoui, président du RAJ (rassemblement actions jeunesse) qui a été arrêtée par les forces de l’ordre. C’est la 6 ème arrestation que cette organisation enregistre, 5 de ses militants ayant été mis en détention provisoire le dimanche 6 octobre

Cette arrestation s’ajoute à celles de Louisa Hanounehttps://www.revolutionpermanente.fr... et Karim Tabou https://www.revolutionpermanente.fr..., la première étant condamnée a de la prison ferme, le deuxième, placé en détention provisoire dans la prison de Koléa et placé à l’isolement. Ces condamnations s’inscrivent dans un contexte où le régime tente un passage en force pour l’organisation des élections du 12 décembre. Une volonté d’aller vers les élections martelée par le Général des corps armés Gaid Salah, l’institution militaire, et le gouvernement par intérim Bensalah-Bédoui, quitte à négocier avec un secteur de l’opposition libérale telle que les anciens premiers ministres Ali Benflis Abdelmajid Tebboune. Ainsi la presse de l’institution militaire El Djeich, dit dans son édito que l’élection « se déroulera dans des conditions complètement différentes de celles qui ont prévalu lors des précédents rendez-vous électoraux », et reconnaît à demi-mot que les précédente élections s’étaient déroulés de manière à exclure toute opposition.

Mais les masses populaires algériennes qui revendiquent le départ de l’ensemble du système sont loin de se satisfaire de tels effets d’annonce et ont bien conscience que de telles élections visent à permettre au régime de se refaire une santé démocratique », et ne résoudront rien en ce qui concerne les revendications exprimées par l’hirak d’un changement radical tant sur le plan social et démocratique. Pour ce 34ème vendredi de manifestation depuis le 22 février, et 4 jours après les répressions de la marche des étudiants à Alger, face à un important dispositif policier sur Alger, les Algériens sont donc descendus en masse dans la rue clamant des slogans hostiles à Gaid Salah et à Bedoui- chef de l’État par intérim-réclamant le départ du « système », leur rejet des élections du 12 décembre ainsi que lois des finances 2020 et la loi sur les hydrocarbures.

Un projet de loi de finances qui prévoit une baisse drastique dans les investissements publics et les subventions, une remise en cause de la loi 49/51 (qui empêchait le capital privé d’investir à plus de 49% les actions des entreprises publiques) ouvrant les portes aux oligarques et aux multinationales à la prédation de ce qui reste du secteur publique, ainsi que différents d’avantages fiscaux et facilitées aux investissements étrangers. Tandis que la loi sur les hydrocarbures est un cadeau de plus à l’impérialisme à travers ses différents allègements fiscaux, alors que l’entreprise pétrolière française Total se retrouve en situation de quasi-monopole sur le marché algérien. Deux lois qui remettent encore en cause une fois de plus les acquis de la révolution nationale au profit des multinationales impérialistes et de leurs relais locaux.

Dans ce contexte de répression et de condamnations tous azimuts sur les manifestants et les militants, et de la remise en cause des acquis de la révolution algérienne, seule la grève général et l’auto-organisation des travailleurs et des masses populaire, en comité d’usine, de quartier et d’université peuvent faire reculer le régime, et aller vers une assemblée constituante révolutionnaire pour faire dégager ce régime, en finir avec ses institutions, rompre avec l’impérialisme et ses relais locaux, et accomplir les tâches de l’indépendance nationale pour répondre aux aspirations sociales et démocratiques du peuple algérien.

Crédits photo : Nabil Mellah




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