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Monde

Répression patronale

Manchester. 200 travailleurs mis à pied quelques heures avant leur grève pour les salaires

200 salariés syndiqués de l’entreprise de revêtement Polyflor dans le Grand Manchester devaient rentrer en grève, pour leurs salaires ce mercredi 7 septembre. La veille de la grève, ils ont tous reçu des mise à pied pouvant aller jusqu’au licenciement et subi la fermeture de l’usine.

jeudi 8 septembre

Crédits photo : Twitter @sw_bee1

Ce mercredi, les salariés de Polyflor, Whitefield étaient 200 à préparer un débrayage pour exiger une augmentation de 10 % minimum, dans un contexte marqué par l’explosion de l’inflation au Royaume-Uni depuis le début de l’été. Des débrayages et une manifestation vers le second site de l’entreprise situé aussi dans le Grand Manchester à Oldham étaient prévus. Face à la menace d’un conflit social d’ampleur, la direction a sauvagement réprimé les travailleurs.

« Nous avons reçu un courriel des patrons 12 heures avant le moment des débrayages. Certaines personnes de l’équipe du soir l’ont même reçu alors qu’elles étaient encore au travail. On nous a alors dit que nous serions mis à pied pendant au moins une semaine » confie John Waddington, représentant syndical de l’usine, au micro de Socialist Workers. Ces mises à pied pouvant aller jusqu’au licenciement s’accompagnent d’une fermeture totale de l’usine. Ainsi, la direction de l’usine a tout mis en œuvre pour que la grève n’ait pas lieu, allant jusqu’à fermer l’usine en prétextant des problèmes de fournisseur et de manque de main d’œuvre.

Alors que ce géant du revêtement en vinyle, « distribue des 24 millions de livres sterling à ses actionnaires », selon Stephen Boden, délégué syndical régional de GMB, l’entreprise refuse de revaloriser les salaires dignement, et continue de vouloir dévaloriser totalement les conditions de travail. Dans un moment où l’inflation et le coût de la vie explosent et où les travailleur.ses ont organisé des grèves historiques pendant “l’été du mécontentement”, la direction de Polyflor a tenté de jouer la prudence. C’était sans compter sur la solidarité dont ont fait preuve les postiers du syndicat CWU, eux aussi en grève, ou encore les pompiers du syndicat FBU, qui ont rejoint un rassemblement de soutien organisé ce jeudi. « Nous avons besoin d’unité. Les factures augmentent pour tout le monde, tout le monde ressent le même pincement, et les gens ont besoin de salaires plus élevés. Tout le monde est dans le même bateau, et nous devons donc nous unir et nous battre » résume John Waddington pour le Socialist Worker.

C’est dans un contexte de tension intense donc, que se passe la rentrée sociale entre un plan de reprise des grèves à l’automne, et un gouvernement sous l’égide de Liz Truss, la plus grande admiratrice de Margaret Thatcher qui a déjà promis des mesures “répressives” envers les militant.es ouvrier.es et les travailleur.ses. Plus qu’une main tendue aux patrons, c’est ensemble que le patronat et le gouvernement comptent réprimer tout le mouvement social. C’est pourquoi c’est d’une riposte commune et coordonnée que les travailleur.ses anglais.es ont plus que jamais besoin. Une mobilisation unitaire que les appareils syndicaux n’ont toujours pas mis en musique, alors que les dates de mobilisations s’annoncent massives dans de nombreux secteurs (services public comme privé) mais reste isolée tandis que la colère gronde plus que jamais à la base.



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