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Politique

Édito

Manif’ des pompiers : Colère et détermination face au monde promis par Macron

Ce mardi 28 janvier, les pompiers ont défilé à Paris, avançant avec détermination malgré les lacrymos, les tirs de LBD, les camions à eau. Des images fortes qui montrent leur détermination et leur colère face à Macron, sa réforme et, plus largement, la société qu'elle nous promet. Avec à la clé, des concessions arrachées à Castaner.

mardi 28 janvier

Crédits photo : AFP

Le 15 octobre dernier, des milliers de pompiers avaient manifesté à Paris, sous une pluie de lacrymogènes et de violences policières en tout genre. Depuis, les pompiers sont présents dans les cortèges de la lutte générale contre la réforme des retraites, malgré des difficultés objectives posées à ce corps de métier concernant le droit de grève.

Ce 28 janvier, les pompiers ont remis le couvert pour une manifestation nationale à Paris, et ils ont à nouveau été des milliers à défiler. Les revendications spécifiques des pompiers sont les mêmes depuis juin 2019. Elles portent sur le manque de moyens et d’effectifs qui dégradent leurs conditions de travail, une revalorisation des salaires par une augmentation de la prime de feu (afin qu’elle soit égale à d’autres métiers à risque) et enfin dénoncent l’augmentation des agressions contre les sapeurs-pompiers lors des interventions. À ceci près que les revendications générales contre les retraites se sont agglomérées à ces revendications sectorielles, tout comme la dénonciation des violences policières.

En ce sens, Christophe Castaner s’est engagé à quelques concessions. Revalorisation de 6 points de la prime de feu, gelée depuis 1990, mise en place d’un plan de lutte contre les agressions dont sont victimes les sapeurs-pompiers sur le terrain et un engagement à « répondre aux interrogations des pompiers sur les retraites ». Selon des propos relayés par France Info, un responsable du syndicat UNSA-SDIS de France a indiqué que l’intersyndicale avait « accepté de recevoir la lettre d’engagements écrits du ministre, même si les promesses ne sont pas tout à fait à la hauteur de ce que l’on souhaitait ». Des concessions réelles, arrachées par la rue et l’énorme combativité des pompiers ce 28 janvier. Si l’intersyndicale a aussi indiqué que la grève serait levée à partir du 1er février et ce sans consultation de la base, les pompiers ont fait la démonstration qu’il est possible de faire reculer le pouvoir. Pour aller au bout, arracher l’ensemble des revendications incluant la question du retrait de la réforme, il s’agit non pas de stopper, mais de poursuivre et d’amplifier la mobilisation.

Colère et radicalité. Les pompiers expriment un malaise plus profond

Les images de ce 28 janvier rappellent celles de la manifestation nationale des pompiers d’octobre dernier, et plus généralement des manifestations qui se succèdent depuis plus d’un an. Des violences policières en pagaille, à coup de matraques, de lacrymo et de LBD. Une détermination sans faille des manifestants, cherchant à poursuivre coûte que coûte, jusqu’à remettre en cause le dispositif policier. Détermination à laquelle les forces de répression répondent par une répression encore plus forte.

Plus symbolique mais tout aussi forte est l’image de pompiers s’immolant dans la manifestation, avant que leurs collègues éteignent le feu. Une action visuelle puissante, qui témoigne de la profondeur du malaise qui touche ce secteur central de la société. Une action visuelle qui dépasse les frontières corporatiste, témoignant d’une colère plus large dans la société face au monde de la concurrence exacerbée, de l’individualisme à outrance que symbolise Macron et que ses réformes concrétisent.

Dans un cycle de lutte des classes ouvert depuis 2016 et après le mouvement des Gilets jaunes, les manifestations des pompiers, qui sont aussi historiques et inédites, témoignent de la profondeur de la colère engendrée par le monde néo-libéral. Les images de pompiers forçant les barrages policiers, malgré la répression, sont des signes de la détermination qui s’exprime face à ce même monde.

Celle-ci dépasse la question de la réforme des retraites, dont le mot d’ordre de retrait total a été l’élément de coagulation de différents secteurs, et qui montre que le dépassement de ce mot d’ordre n’est pas nécessairement facteur de division, mais peut au contraire être l’élément permettant l’élargissement de la contestation sociale par l’entrée des revendications, sociales et politiques, de tous les secteurs.

Une dynamique qu’il s’agit de souligner et d’amplifier, et ce dès ce 29 janvier avec la nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle. À ce titre, il est clair que la présence des pompiers dans les prochaines journées de mobilisation et ce dès demain, serait un formidable pied de nez au gouvernement.




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