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Notre classe

Contre le "nouveau pacte ferroviaire"

Manifestation des cheminots : "En grève contre la méthode France Telecom !"

Contre le “nouveau pacte ferroviaire” et la souffrance au travail, les syndicats de la SNCF appelaient à la mobilisation ce mardi après-midi. Les cheminots ont dénoncé un management qui tue au service de la réforme du rail.

mardi 4 juin

Contre le “nouveau pacte ferroviaire”, les syndicats de la SNCF - SUD-Rail, CGT-Cheminots, CFDT-Cheminots et Unsa ferroviaire - appelaient à la mobilisation ce mardi après-midi. À 14h, la place d’Italie, dans le 13ème arrondissement de Paris, était coloré par les gilets oranges, verts et rouges des cheminots venus nombreux.

Avant que la manifestation ne s’élance, quelques prises de parole ont eu lieu de la part des dirigeants des quatre syndicats qui ont convoqué la manifestation pour dénoncer un management agressif, le mépris des dirigeants pour les travailleurs de la SNCF mais aussi les SCOT (souffrances causées par l’organisation du travail) qui explosent tout comme les suicides. Ils ont également souligné l’insécurité permanente pour les cheminots s’agissant de leur avenir. Ces quelques interventions ont laissé place à un hommage appuyé à tous ces “collègues” qui ont mis fin à leurs jours.

Après que les organisateurs aient annoncé la présence de plusieurs milliers de travailleurs sur la place, les cortèges se sont formés, brandissant pancartes et banderoles. Parmi les messages portés : “Mensonges d’Etat ça suffit, ré-ouvrons les voies du service public” ; “France Telecom hier, SNCF aujourd’hui" ; “Vos réorganisations, nos morts" ; ‘’Plus jamais à genoux" ; Pour la ré-humanisation des gares" ; "Cheminots sous-traitants, même patron même combat" ; "Stress au travail, suicides, ça suffit !" ; "Pour la réinternalisation des tâches sous-traitées" ; "SNCF = 1 suicide par semaine ; ça suffit" ; "Non à la répression syndicale". “En grève contre la méthode France Telecom", ce mot d’ordre résumait ainsi très bien l’état d’esprit général des cheminots mobilisés ce jour là pour dénoncer une souffrance au travail qui tue et les méthodes de management agressives pour accompagner la réforme du rail, malgré le manque d’appel ferme et national à la grève.

C’est sous une chaleur étouffante que les nombreux cortèges se sont engouffrés Boulevard Auguste Blanqui, en direction de Montparnasse. Les fumigènes laissant derrière eux de longues traînées de fumées rouge et blanche, et les pétards et coups de klaxon retentissant régulièrement. Tout au long du trajet, les cheminots ont chanté haut et fort : « On est là, on est là ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là ! Pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là ! ».

Sous le soleil, une certain énergie se dégageait des cortèges. Parmi eux, les syndicats des différents secteurs travaillant pour la SNCF mais aussi les postiers du 92. Et si sur toute les lèvres et messages bandits par les manifestants se posait la question des suicides au travail, n’étant plus considérées comme de simples cas isolés, mais comme une question politique ; les directions des principaux syndicats semblaient quant à elles en minimiser la portée politique, marquant une fois encore un écart qui se creuse avec la base.

La manifestation s’est finalement conclue une fois arrivée à Montparnasse, laissant l’impression indéniable que les cheminots n’ont pas perdue de leur combativité et demeurent prêts à se mobiliser derrière des mots d’ordres audacieux.




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