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Du Pain et des Roses

Travail du sexe

Manifestation pour les six ans de la loi prostitution : « 6 ans que votre loi tue ! »

Ce mardi 13 avril une manifestation organisée par des associations communautaires est partie de Pigalle pour continuer à dénoncer la loi criminalisant l’achat de services sexuels. Cette année, la manifestation était marquée par la dénonciation des résultats du second tour et l’appel à des alliances avec toutes les luttes contre les politiques anti-sociales et anti-migratoires.

jeudi 14 avril

La loi criminalisant l’achat de services sexuels dite « loi prostitution » est unanimement dénoncée depuis 2016 par les associations communautaires suivant des personnes vivant de la vente de services sexuels. Elle est tenue en particulier responsable d’une forte baisse des revenus de personnes vivant du travail du sexe et d’une hausse des contaminations au VIH car elle a très fortement dégradé le rapport de force des travailleu.r.se.s du sexe vis à vis des clients, ce qui leur permet de négocier des tarifs plus bas voire le non-port d’un préservatif. On constate aussi depuis l’entrée en vigueur de cette loi une hausse du nombre d’agressions à l’encontre de travailleuses du sexe, avec parfois des dynamiques d’escalade de violences qui ont pu conduire à l’assassinat de Vanesa Campos en août 2018.

La dénonciation continue de la loi de 2016 a été renforcée par la pandémie et la dégradation de la situation économique ces dernières années. Les travailleuses du sexe, dont les plus exposées sont les femmes migrantes travaillant en extérieur, ont été très durement touchées par la gestion répressive de la pandémie de Covid 19, qui les a laissées parfois sans revenus ou avec des revenus très faibles pendant plusieurs mois, ou avec des amendes pour non respect des confinements ou des couvre-feux, et exposées à des contrôles policiers encore plus fréquents qu’en temps normal.

Par ailleurs, la manifestation de ce mercredi avait lieu trois jours après les résultats du second tour des élections présidentielles dont sont sortis gagnants le président sortant Emmanuel Macron et Marine le Pen. Il est ressorti des différentes prises de parole une forte condamnation à la fois d’Emmanuel Macron, qui a mené des politiques anti-migrants, des politiques sécuritaires et des politiques anti-sociales qui ont très durement touché la communauté des travailleuses du sexe qui compte beaucoup de femmes migrantes et/ou en situation de précarité économique ; et de l’extrême-droite représentée par Marine le Pen qui menace fortement les acquis des groupes opprimés et dont le programme est tout aussi hostile aux travailleurs que celui d’Emmanuel Macron mais qui n’est sortie que plus forte du précédent quinquennat.

À la fois face au gouvernement et à l’extrême droite, les intervenantes ont revendiqué leur droit à s’auto-organiser sans être réprimées au titre du délit de proxénétisme et ont défendu une stratégie d’alliances avec les luttes des exploités et des opprimés pour faire face aux attaques à venir et pour imposer des conditions de vie meilleures pour tout le monde.



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