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Manifestations des intermittents de l’emploi dans toute la France, « il y a urgence ! »

Les intermittents du tourisme, de l’hôtellerie, ou encore du spectacle se sont rassemblés dans plusieurs villes mardi, pour dénoncer la précarité décuplée dans laquelle la crise sanitaire et économique les a projeté.

jeudi 28 mai

Crédit photo : Didier Meunier / France Télévisions

Ce Mardi 26 Mai 2020 se sont rassemblés dans plusieurs villes de France : Rouen, Nantes, Dijon, Toulouse, Nice… celles et ceux qu’on appelle intermittents. Qu’ils travaillent en intermittence dans la restauration, dans l’hôtellerie, dans le tourisme ou le spectacle, ils et elles souhaitaient interpeller sur leur sort durant la crise du COVID-19 et réclamer des solutions à leurs situations précaires. À Paris, à 7h45 du matin, Place du Trocadéro, ils étaient environ 200 à se retrouver avec pancartes et slogans, masque et distance de sécurité d’un mètre entre chaque individu respectée, avec la Tour Eiffel derrière eux et l’espace habituellement touristique désert. Parmi les témoignages recueillis par actuParis, Matthieu alerte sur la situation des intermittents et leur précarisation : « J’ai 19 ans d’extras derrière moi et je serai bientôt au RSA. Il y a urgence. Entre la réforme de l’assurance chômage et la crise, on arrive en fin de droits et rien ne prend le relais.  »

Ils réclament un plan d’urgence pour les intermittents et l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage. Rappelant la fragilité de leur situation professionnelle qui nécessite d’enchaîner des contrats courts (CDDU = Contrats à Durée Déterminée d’Usage), ils expliquent que la réforme de l’assurance chômage censée changer le mode de calcul des indemnités n’est pas à même de répondre à la situation économique. Le porte-parole du Collectif des Précaires de l’Hôtellerie-Restauration et Évenementiel (CPHRE) indique ainsi que les privés de droits sont aujourd’hui de 500 000 et devraient augmenter à 1,6 millions dans les six prochains mois. Cette réforme de l’assurance chômage devait être appliquée le 1er Avril de cette année et a été repoussée au 1er septembre.

Paroles, paroles… et promesses

Une demande de prolongation d’un an de la période d’ouverture des droits a été faite à l’Assemblée Nationale une semaine plus tôt, ce à quoi a répondu la Ministre du Travail Muriel Pénicaud que le sujet serait débattu « avec les partenaires sociaux ».

On se souvient des promesses de Macron sur la possible prorogation des droits des intermittents jusqu’en août 2021, promesses jusqu’ici pas encore accompagnées de décrets concrets et donc loin d’être même pas tenues mais même mises en places… Mais les manifestants rappellent aussi que ces promesses ont été faites aux intermittents du monde de la culture et sont loin de satisfaire l’ensemble des intermittents dont la précarité et la situation risquent d’être oubliées.

Un rassemblement réprimé

Après avoir été surveillés tout du long de leur action par les troupes de police, les manifestants n’ont pas échappé à la répression et ont été verbalisés. Des amendes (de 135€ !) pour non-respect de l’interdiction de rassemblements à plus de dix personnes ont été distribuées et, selon la préfecture de police, 84 verbalisations ont été dressées. Ces amendes, comme l’indique la CPHRE, sont particulièrement scandaleuses puisqu’elles visent à faire payer celles et ceux qui dénoncent la précarité. Le gouvernement de Macron aime visiblement bien faire des promesses en l’air mais n’hésite donc pas à réprimer celles et ceux qui souhaitent faire entendre qu’il ne les a jamais vraiment écouté…




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