^

International

Etat assassin d'Israël

Manifestations et grèves en Cisjordanie suite au meurtre de six palestiniens par l’armée d’Israël

Le meurtre de cinq jeunes hommes à Naplouse et d'un adolescent à Ramallah par les forces d'occupation israéliennes a ravivé la colère de milliers de Palestiniens qui, appelés par le comité de coordination des factions palestiniennes à une grève générale, sont descendus dans la rue pour dénoncer le crime de l'occupation.

vendredi 28 octobre

Crédits photo : l’armée israelienne en Cisjordanie, le 2 octobre 2020. JAAFAR ASHTIYEH / AFP

Ce mercredi 26 octobre, des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont fait grève et sont descendus dans la rue pour dénoncer le meurtre de six Palestiniens par les forces israéliennes mardi dernier à Naplouse, au nord de la ville de Cisjordanie occupée. Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant le « crime de l’occupation » et ont appelé la résistance palestinienne à réagir. Des manifestations de masse ont également eu lieu à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, où les tensions se sont accrues ces derniers mois, en raison des incursions israéliennes quasi quotidiennes. Un Palestinien est tué par la force d’occupation tous les deux jours environ, atteignant le terrifiant chiffre de 150 morts depuis le début de l’année.

La violence d’Israël contre Naplouse continue de s’intensifier

Ces grèves et manifestations ont lieu après l’assassinat par les "forces de défense israéliennes" de 5 jeunes palestiniens âgés de 27 à 35 ans. Lors d’une opération préméditée menée mardi dernier avec une force militaire d’élite appelée Yaman, l’armée d’occupation a pénétré dans la vieille ville de Naplouse, encerclé plusieurs bâtiments et tiré un missile antichar sur l’un d’entre eux, tuant ainsi les 5 jeunes palestiniens. Un jeune de 19 ans qui était sorti manifester avec de nombreuses autres personnes lorsque la nouvelle de cette attaque de l’armée est parvenue à leurs oreilles a également été tué à Ramallah. Ces épisodes s’ajoutent à l’assassinat d’un jeune Palestinien aux premières heures du dimanche 23 octobre, également à Naplouse, lorsqu’un explosif fixé à sa moto a explosé.

Le « prétexte » de cette escalade répressive d’Israël est de mettre fin à la jeune organisation appelée Fosse aux Lions, fondée en août de cette année, qui ne répond ni aux ordres de l’Autorité palestinienne ni à ceux du Hamas, et qui résiste depuis des mois aux incursions menées par l’armée israélienne à Naplouse et dans ses environs.

Naplouse est assiégée par Israël avec trois points de contrôle militaires depuis le 11 octobre, bien que la ville fasse partie de la zone A de la Cisjordanie (où l’Autorité palestinienne est chargée de la sécurité et de l’administration civile, à la suite des « accords d’Oslo », répudiés par la grande majorité des Palestiniens).

L’incursion de l’armée israélienne, notamment dans les villes du nord comme Naplouse et Jénine, dure depuis des mois, mais s’est intensifiée à la mesure de l’avancée de la campagne électorale israélienne. Les élections du 1er novembre, qui désigneront un vainqueur chargé de former un nouveau gouvernement, s’inscrivent dans une surenchère toujours plus droitière.

Le Fatah cherche à gagner en crédibilité auprès d’une jeunesse qui en a assez de ses négociations avec Israël

Cette aggravation de l’escalade répressive d’Israël à l’égard des Palestiniens a déclenché des signaux d’alarme au sein de l’Autorité palestinienne, qui a perdu toute reconnaissance de la part de la population et n’est plus considérée comme une alternative à l’occupation d’Israël. Mais certains hauts responsables militaires et de sécurité israéliens craignent également que cette offensive alimente la « légende » des jeunes assassinés et la haine du peuple palestinien à l’égard d’Israël (à juste titre). Ils préfèrent donc tout mettre en œuvre pour que le Fatah, le parti au pouvoir de l’Autorité palestinienne, retrouve sa prééminence dans les zones les plus chaudes.

Après des décennies de négociations avec l’État d’Israël et de prêt de ses propres forces de police pour contenir, souvent par la répression, les mobilisations de protestation, couplées à l’asphyxie économique subie par une grande partie du peuple palestinien, l’Autorité palestinienne est désormais perçue, surtout par les jeunes, davantage comme un collaborateur de l’État colonial que comme une autorité gouvernementale légitime.

Rappelons que l’Etat d’Israël, avec sa puissante armée, a eu besoin de presque 5 ans pour finir de vaincre la seconde intifada des années 2000. En tenant compte des différences entre ces deux situations, il est clair qu’une éventuelle résistance palestinienne généralisée, qui pourrait rééditer l’unité avec des actions comme la grève « nationale » de 2021, doit compter sur la nécessaire mobilisation de la classe ouvrière et des secteurs populaires des pays arabes frères. Une mobilisation face à leurs propres bourgeoisies qui chercheront à empêcher à tout prix cette solidarité. Mais cette lutte doit aussi se mettre en place dans dans les pays impérialistes, afin d’exiger la fin du soutien de ces gouvernements à Israël et la fin du colonialisme.



Mots-clés

Cisjordanie   /    Mobilisation   /    Impérialisme   /    Israël   /    Grève   /    Palestine   /    International