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Politique

Édito

1er mai. Face aux attaques, le mouvement ouvrier doit s’armer d’un plan de bataille pour la riposte !

La journée internationale des travailleurs et travailleuses, ce 1er mai, intervient dans un contexte particulier : plus d’un an après le début de la crise sanitaire, le monde du travail et la jeunesse sont en première ligne face à la crise économique et ses conséquences sociales. Alors que gouvernement et patronat se préparent à nous faire payer leur « quoiqu’il en coute », plus que jamais, il est temps de nous doter d’un plan de bataille à la hauteur de la crise.

samedi 1er mai

Un premier mai pas comme les autres ?

Il y a 165 ans, les travailleurs australiens lançaient le principe d’ « un jour férié prolétarien » autour de la bataille pour la journée de travail de huit heures. L’idée, reprise par les américains et institutionnalisée en 1890 dans le monde entier par le congrès international du travail, fera de la date du 1er mai une institution de la lutte contre l’exploitation et les oppressions. Aujourd’hui, pour la seconde année consécutive, la journée internationale des travailleurs et travailleuses se tiendra dans un contexte particulier de crise sanitaire.

Une situation singulière que nous discutons quotidiennement dans nos colonnes. Cette pandémie a clairement conduit à un saut dans la crise économique du capitalisme, mais aussi renforcé les instabilités politiques et les contestations sociales. A travers le monde, les gouvernements, au côté des grandes entreprises, ont systématiquement cherché à faire payer cette crise aux travailleurs et à la jeunesse. De plus, la gestion catastrophique de la crise sanitaire a eu comme conséquences des centaines de milliers de morts qui auraient pu être évitées si de réelles stratégies de prévention avaient été mises en œuvre. En Europe, les États ont majoritairement opté pour des stratégies de « Stop and Go » moyennant des méthodes toujours plus répressives.

En France, les attaques contre le monde du travail ne cessent de s’accentuer notamment avec la multiplication des PSE, APC et autres remises en causes des acquis. C’est aussi bien avec la précarité qui explose, qu’avec un chômage qui s’accroît et qui s’abat de plein fouet sur une jeunesse a qui l’on ne promet qu’un sombre avenir. Et ce malgré les mesures dites de contentions mises en œuvre par le gouvernement, qui d’une part temporisent et reportent quelques peu certaines des conséquences de la crise, mais d’une autre, est surtout l’occasion de déverser des milliards d’argent public dans les poches des grandes entreprises.

Une séquence de réponses insuffisantes ou isolés sur le terrain des luttes

Face à cela, notre camp social n’est bien sûr pas resté complètement silencieux. Si l’arrivée du Covid a en partie reporté la bataille contre la réforme des retraites, les multiples attaques du gouvernement se sont confrontées à une certaine colère de la population. De la question des productions non-essentielles qui s’est posé dès le début de la gestion sanitaire hasardeuse du gouvernement, aux contestations contre la répression et les lois liberticides, c’est un gouvernement dans la tourmente qui a navigué tant bien que mal jusqu’ici. Si les occasions de se révolter et d’affronter la gestion catastrophique de la pandémie n’ont pas manquées, que ce soit sur le plan sanitaire ou économique, un dénominateur commun est à prendre en compte, celui du silence, voir de l’accompagnement des attaques de la part des directions syndicales durant toute la période.

Ce vendredi 30 avril, la fermeture définitive de Bridgestone vient d’être actée, symbole d’une logique syndicale catastrophique, celle de l’accompagnement d’un PSE, d’une fermeture sans bataille dont certains se félicitent. La question du dialogue sociale et du rôle des centrales syndicales doit en effet être au cœur de nos interrogations. Un problème important qui n’est pas nouveau, au vu du contexte actuelle, c’est un rôle complice que de ne pas esquisser à l’heure actuelle le moindre plan de bataille.

On a tout de même pu voir des tentatives d’affrontement plus résolues, bien qu’isolées, elles ont eu le mérite d’exister et de constituer des démonstrations d’une marche à suivre pour la suite. Ce début d’année a notamment été marqué par une grande bataille, celle des raffineurs de GrandPuits, qui a pu mettre en avant un ensemble de méthode essentielle à nos luttes à venir ; du lien avec les autres secteurs, notamment écologistes, aux méthodes d’organisations et surtout la mise en avant de mots d’ordres combatifs, en rupture avec l’accompagnement des projets des grands patrons. Plus récemment, un secteur de cheminot a également lancé une grève importante, au niveau de l’Infrapôle Paris Nord, un conflit de plusieurs mois pour leur condition de travail mais aussi contre la répression patronale. Actuellement on voit aussi un conflit radical au niveau de la fonderie de Bretagne, où les ouvriers n’ont pas d’illusions dans les annonces du gouvernement et de leur patron et bloquent toujours leur usine.

Quelques exemples de luttes qui donnent de l’espoir mais surtout des perspectives. En ce sens, plutôt que de rester l’arme au pieds, s’inscrivant de pleins pieds dans le « dialogue social » qui accompagnent aussi bien les contre-réformes comme celle de l’Assurance Chômage ou encore les nombreux Plans sociaux, le monde du travail devrait chercher à imposer aux directions syndicales la fin du « dialogue sociale ». Non, il est impossible de négocier avec un ennemi qui veut notre peau !

Ce 1er mai et les échéances à venir doivent constituer des points d’ancrages pour penser la suite des opérations. C’est une nécessité à l’heure où les conséquences de la crise vont continuer à s’intensifier. Les mesures de contentions mises en place ne vont pas durer et annoncent des lendemains terribles pour notre camp social. De plus, le gouvernement compte bien chercher à finaliser son calendrier de réforme, en s’appuyant notamment sur les leviers autoritaires renforcés au fil des dernières années.

Ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est relever la tête et poser des perspectives à la hauteur. À partir d’un programme d’urgence qui vaille la peine de se battre, en s’appuyant sur le meilleur des méthodes de luttes de ces dernières années en France et dans le monde. Car dans dans la masse de ces attaques, on retrouve bel et bien un état d’esprit radical disposé à s’affronter à celles et ceux qui veulent nous imposer la précarité et la misère.