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Politique

Risque de contagion

"Manque absolu de logique" : l’Ordre des Médecins dénonce la réouverture des écoles

Dans une interview au Figaro, le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’ordre des médecins, dénonce la décision du gouvernement dans laquelle il voit une absurdité médicale qu'il explique notamment par la priorité accordée à la "reprise économique".

mercredi 15 avril

Crédit photo : ©Illustration/ Adobe

La décision annoncée par Emmanuel Macron hier d’aller vers un déconfinement à partir du 11 mai en réouvrant progressivement les écoles a suscité un tollé dans de nombreux secteurs de la population : professeurs, élèves, de nombreuses voix pointent la contradiction d’une mesure qui va favoriser la diffusion de l’épidémie en regroupant les enfants. Au point que Jean-Michel Blanquer a dû rapidement nuancer la position du gouvernement, évoquant une reprise qui ne serait pas "obligatoire" et qui se ferait de façon "progressive".

Un motif récurrent des critiques faites au gouvernement, c’est, derrière la justification au nom de l’"égalité" entre les enfants, de chercher à permettre la reprise du travail des parents le plus rapidement possible, en lien avec les injonctions du MEDEF et les préoccupations économiques du gouvernement. Beaucoup pointent par ailleurs le déficit de politiques de prévention pour pouvoir assumer un tel déconfinement, et notamment l’absence de tests massifs.

Hier soir, le Conseil national de l’ordre des médecins a donné un crédit supplémentaire à ces attaques en affichant une critique radicale de la décision du gouvernement. Interrogé par Le Figaro, Patrick Bouet, président de l’organisation a ainsi expliqué que ce choix "révèle un manque absolu de logique", arguant que "déconfiner le milieu scolaire reviendrait à remettre le virus en circulation". Interrogé sur les motifs d’une décision aussi contradictoire, le médecin évoque sans détour l’hypothèse d’une réponse directe aux injonctions formulées ces derniers jours par le patronat... "Il y a une pression importante pour permettre une reprise économique rapide. Mais pour moi, ce qui prime, c’est la situation sanitaire. Je ne fais pas de relation de cause à effet, mais il n’y a pas d’explication médicale, infectieuse ou épidémiologique à déconfiner dans le milieu scolaire en premier." note ainsi le médecin.

Un discours de poids qui démontre à nouveau le caractère erratique de la gestion du gouvernement, en lien avec la priorité accordée à la production à tout prix. Une politique qui explique que le gouvernement se soit toujours gardé d’arrêter les productions non-essentielles, ou le poids donné aux aides aux entreprises par rapport au volet sanitaire dans les différents plans d’urgence. Une politique pro-business de laquelle sont bien conscients tous ceux qui sont confrontés à l’épidémie : travailleurs, soignants, retraités, qui n’entendent pas laisser les conséquences de cette politique impunies. De quoi annoncer un "jour d’après" sous le signe des luttes sociales et des mobilisations.




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