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Société

L’hôpital meurt à petit feu

Mantes-la-Jolie : une patiente décède à la suite d’un examen de routine

A Mantes-la-Jolie, dans le centre hospitalier François Quesnay, une patiente est décédée à la suite d'une opération de routine. Un des très nombreux cas notables ces dernières années, conséquence des dégradations de conditions de travail du personnel hospitalier, qui se répercutent sur les soins administrés aux patients.

samedi 1er juin

Dans la nuit du 21 au 22 mai, au centre hospitalier François Quesnay, situé à Mantes-la-Jolie, une patiente âgée de 41 ans est décédée lors d’une opération chirurgicale. D’après Le Parisien, elle a été admise pour une hystéroscopie, un examen routinier qui permet de visualiser l’intérieur de l’utérus, sans danger, qui rend possible d’établir un diagnostic ou de régler un problème.

Cependant, lors de l’opération, une artère a été sectionnée par un des chirurgiens. Malgré l’intervention en urgence du personnel médical, la patiente est décédée dans la nuit, suite à un choc hémorragique. Sa famille a porté plainte contre l’hôpital le 23 mai, et une enquête pour élucider les circonstances de son décès a été ouverte par le parquet de Versailles, pour être confiée au commissariat de Mantes-la-Jolie. Selon le parquet : « Les investigations sont en cours, une autopsie a été ordonnée ainsi qu’un examen toxicologique ».

Cette triste nouvelle n’est malheureusement pas inhabituelle dans le milieu hospitalier. De nombreux cas sont effectivement à dénombrer, comme cette femme décédée devant les urgences, après que le Samu lui ait demandé de venir en voiture, ou cette autre femme décédée après avoir attendu 12 heures aux urgences. On pourrait dérouler la liste d’exemples, qui sont tristement représentatifs des conséquences de la casse subie par le service hospitalier.

Effectivement, les hôpitaux subissent depuis 25 ans des réformes austéritaires, où la recherche du profit prône sur la prise en charge des patients d’une part, et sur les travailleurs d’autre part. Sous prétexte de rentabilité, les hôpitaux sous soumis à des coupes budgétaires, à des fermetures d’hôpitaux, menant inévitablement à la dégradation des conditions de travail du personnel hospitalier. Ils peuvent travailler parfois 12 heures par jour, en sous-effectif et sans aucune reconnaissance, ce qui a également des conséquences dramatiques : depuis plusieurs années, le nombre de suicides des travailleurs de la santé se multiplie semaines après semaines.

Le secteur de la santé, représentatif de la casse du service public, fait également preuve d’une grande combativité, comme en témoigne la grève débutée le 18 mars à Paris des personnels paramédicaux du service d’urgence de l’hôpital de Saint-Antoine. Désormais suivie par 65 établissements, la grève prend de l’ampleur, et permet une dénonciation à l’échelle nationale des conséquences des réformes qui tue les hôpitaux à petit feu. Le témoignage d’Aura*, aide-soignante, caractérise bien leur difficulté et ses impacts sur les patients : « On manque de moyens humains, de moyens matériels, et de reconnaissance. Allez voir un peu ce qui se passe dans les hôpitaux ! Dans tous les services, la prise en charge des patients s’est abîmée ».

Crédit photo : LP/MG




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