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Monde

Meeting international simultané : Brésil

Marcello Pablito : « Le racisme moderne s’accentue avec l’exploitation capitaliste »

Nous relayons ici l’intervention de Marcello Pablito, jeune dirigeant du syndicat des travailleurs de l’Université de Sao Paulo et militant du Mouvement Révolutionnaire de Travailleurs, lors du meeting international simultané contre le racisme et les violences policières

lundi 13 juillet

Ces dernières semaines j’ai suivi la lutte des travailleurs précaires des applications comme Uber Eats ici au Brésil et l’un d’entre eux disait : « vous imaginez travailler en distribuant de la nourriture sans avoir rien à manger ? ». Voilà ladite modernisation des relations de travail défendue par Bolsonaro et ses réformes. Non ! Ce n’est pas de la modernisation, ça s’appelle le capitalisme ! Et L’héritage esclavagiste a fait que l’écrasante majorité de ces jeunes ici au Brésil sont des Noirs. C’est pour ça que dans leurs actions contre la précarité, nous entendons aussi : les vies des Noirs comptent !

Comprendre ce qui a été l’esclavage nous donne plus de raisons pour lutter contre le capitalisme. Ce système misérable utilise le racisme pour nous exploiter encore plus, à l’aide d’arguments religieux et pseudo-scientifiques. La bourgeoisie a cherché à justifier la soi-disant infériorité de millions de personnes par des caractéristiques physiques. Tout ça pour permettre ce que Marx définissait comme l’un des piliers fondamentaux de l’accumulation primitive du capital, et qui a été aussi une des plus grandes atrocités de l’histoire de l’humanité : l’esclavage de 12 millions d’africains.

Au Brésil l’esclavage a été aboli en 1888. Et on nous apprend à l’école que ça a été l’œuvre d’une princesse... tout ça pour occulter la lutte du peuple noir. Notre histoire est celle des Quilombos, de Zumbi de Palmares, de la Révolte de la Chibata, des ouvriers qui défendaient l’unité des Noirs et des Blancs au sein des syndicats. C’est l’histoire d’un peuple qui dit encore aujourd’hui : nous ferons Palmares à nouveau !

Le racisme moderne s’accentue avec l’exploitation capitaliste, encore plus au Brésil qui est le plus grand pays noir hors de l’Afrique, où tous les gouvernements ont maintenu les noirs mais aussi les indigènes, les migrants et les gens du nord-est du pays dans les pires conditions de vie.

Comme aux Etats Unis, ici au Brésil se votent aussi quelques lois de discrimination positive mais ça n’a pas changé la réalité des 31 millions de personnes qui n’ont pas accès à la santé, celle des 13 millions qui vivent dans les favelas, et qui sont pour la plupart des Noirs. Le PT de Lula qui a voté des lois raciales, a aussi mené des attaques contre les retraites dans les Etats où ils gouvernent.

C’est pour ça que nous nous battons pour les droits du peuple noir, mais notre objectif ce n’est pas que les Noirs fassent partie de la bourgeoisie ou des classes moyennes alors que la majorité de notre peuple vit dans la misère.
C’est pour ça que nous luttons contre le racisme de façon inséparable de la lutte contre le capitalisme ! Et dans cette lutte nous ne nous trompons pas !

La police qui appuie son genou sur le cou du peuple noir n’est pas notre alliée ! C’est une grande erreur que des courants de la gauche ici au Brésil, comme le PSOL ou le PSTU, considèrent les policiers comme des travailleurs qui devraient intégrer les syndicats. Et ça quand tous les jours dans les favelas des milliers de jeunes sont assassinés par la même police qui organise les milices qui sont la base de Bolsonaro. Il faut faire au Brésil, comme les travailleurs en grève aux Etats Unis qui ont exigé l’expulsion des policiers de tous les syndicats !

Comme disait CRL James : le seul endroit où les Noirs ne sont pas rebellés c’est dans les livres des historiens capitalistes. C’est pour ça qu’il faut récupérer l’histoire du mouvement international, depuis l’époque de la Première Internationale de K. Marx qui a soutenu la lutte contre l’esclavage, comme lors de la guerre Civile aux Etats Unis, contre le racisme et en défense des lutte anti-coloniales comme en Chine et en Inde.

Nous devons récupérer les luttes de la Troisième Internationale avant sa dégénérescence stalinienne, quand elle défendait avec toutes ses forces l’égalité salariale entre Noirs et Blancs. Et les batailles de la Quatrième Internationale quand Trotsky disait que les travailleurs Noirs conscients sont convoqués par l’histoire pour prendre part dans l’avant-garde de la classe ouvrière.

Ces batailles sont plus actuelles que jamais !

Contre tous les impérialismes et leur spoliation sans limite, il faut unir à notre classe avec tous les peuples du monde, unifier la classe ouvrière sans frontières, en lutte pour construire de puissants partis révolutionnaires, dans la perspective de la reconstruction de la IV Internationale !




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