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Justice pour Adama !

Marche pour Adama : 5 ans après, la lutte contre les violences policières et l’impunité continue

Ce samedi 17 juillet a eu lieu la marche pour Adama Traoré, mort il y a maintenant 5 ans, après avoir été interpelés par des gendarmes. La marche qui a réuni près de 2000 personnes à Beaumont-sur-Oise, animée par une colère vive contre l'acharnement judiciaire et policier à l'encontre de la famille Traoré, et dans un contexte où les coupables de violences policières sont récompensés par l’État.

dimanche 18 juillet

Crédits : Révolution Permanente

Cette marche avait une signification importante pour le Comité Adama, les militants antiracistes et leurs soutiens qui exigent vérité et justice pour les victimes de violences policières et se battent contre le racisme d’État depuis des années. En effet, 5 ans après la mort d’Adama Traoré, mort après son interpellation par des gendarmes, la famille Traoré et le Comité Adama qui symbolisent le combat contre les violences policières et le racisme d’État, sont la cible d’une énorme répression judiciaire et d’un acharnement qui vise à les marginaliser et à les faire taire.

Dernièrement c’est Assa Traoré, la sœur d’Adama et figure du comité Adama qui a été mise en examen puis finalement relaxée. Son frère Bagui, après avoir passé pratiquement 5 ans en prison pour avoir exigé justice pour son frère, a récemment fait l’objet d’un véritable procès politique dans lequel plus de 70 gendarmes se sont portés parties civiles, révélant l’acharnement judiciaire dont ils font l’objet. Celui-ci avait été accusé de « tentative de meurtre sur les forces de l’ordre » suite aux révoltes à Beaumont-sur-Oise qui avaient suivi la mort de son frère Adama. Ces 5 années de calvaire ont donc finalement découlé sur une victoire judiciaire, résultat de la lutte acharnée du comité justice et vérité pour Adama et de la construction d’un rapport de force construit dans la rue, sur le terrain des mobilisations et des alliances avec les autres secteurs de lutte. Lors de la conférence de presse qui a précédé la marche, Assa Traoré s’est d’ailleurs exprimée à ce sujet :

Avant le départ de la marche, Assa Traoré s’est à nouveau exprimée ainsi que la mère de Adama, Oumou Traoré, avec une prise de parole particulièrement poignante : « Ils ont tué mon fils comme un chien, ils ont mis tous mes enfants en prison, un jour ils vont payer pour ça ». Exprimant le désir de justice et que la famille Traoré et le comité Adama sont bien déterminés à poursuivre le combat et ne plieront pas face à la répression.

D’autres familles et collectifs de victimes de violences policières étaient présent.es et se sont exprimé.es. Comme Khalid Chouhbi, le père de Sabri, mort après avoir croisé une brigade de la BAC à Argenteuil : « Mon fils Sabri avait 18 ans, il a rencontré la BAC et il est mort, pour moi il n’y a pas de doute qu’ils l’ont tué. On nous a dit que l’affaire était classée sans suite mais j’attends toujours la justice ». Tout comme Walid, ami d’Olivio Gomes, tué par la police : « Quand on s’est garé devant chez Olivio, la police nous a empêché de sortir. Olivio a voulu démarrer et là ils ont tiré 3 fois. Ils n’étaient pas en danger, ils ont tiré pour tuer ».

La marche est ensuite passée par le quartier Boyenval où a grandi Adama ; le cortège de tête a été, à ce moment, traversé par une vive émotion et les manifestants ont scandé de plus belle le slogan que l’on connaît bien : « Pas de justice, pas de paix ».

Les militants de Révolution Permanente ont également pris part à la manifestation. Plusieurs dizaines d’ouvriers, cheminot.es, étudiant.es, étaient présent.e.s pour soutenir le comité Adama et toutes les autres victimes des violences policières. Des violences qui ne sont pas nouvelles et qui n’ont pas seulement éclos depuis la période « BlackLivesMatter », comme le témoigne le slogan : « Zyed, Bouna, Théo et Adama on oublie pas, on pardonne pas ! ».

Anasse Kazib, militant à Révolution Permanente et candidat à la présidentielle pour 2022 était aussi présent à la marche pour afficher son soutien au Comité Adama et a souligné l’importance de la lutte contre les violences policières et le racisme d’État : « On est là avec Révolution Permanente en soutien comme depuis le début. Il va falloir qu’on s’organise pour transformer la société pour qu’il n’y ait plus demain des Adama, des Sabri qui meurent ».

Cette marche intervenait dans un contexte particulier et qui révèle tout le caractère systémique du racisme d’État et des violences policières. Comme l’a rappelé Assa Traoré avant le départ de la marche, les 3 gendarmes qui ont effectué l’interpellation qui a causé la mort d’Adama, ont été récompensés et décorés en 2019 pour avoir interpelé Adama. Une récompense qui prouve que la hiérarchie policière et l’État sont bien déterminés à protéger des policiers qui commettent des crimes racistes et à perpétuer l’impunité policière et qu’ils sont même prêts à décorer des policiers pour bien avoir réalisé leur travail macabre. Cette semaine, le préfet de police Lallement, éborgneur notoire de Gilets Jaunes, ou encore le préfet de Loire-Atlantique responsable de la mort de Steve ont été décoré par Macron de la légion d’honneur.

Ces différentes récompenses montrent qu’en tuant de jeunes noirs dans les quartiers ou en éborgnant des manifestants, ces policiers ou ces chefs de la police, font bien leur travail et qu’il ne s’agit en aucun cas de « bavures » commises par des « brebis galeuses ». Ces décorations prouvent que ces agents de l’État font bien ce qui est attendu d’eux à savoir : opprimer, mater et réprimer. Cela prouve donc qu’il n’y a rien à attendre de l’État pour lutter contre les violences policières et que c’est bien ce même État qui en dernière instance est responsable de ces violences et du racisme perpétrés par son bras armé.




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