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Politique

En vue des élections régionales de décembre

Marine Le Pen à Calais : Xénophobie décomplexée

Julian Vadis C'est à croire que les propos de Nadine Morano et sa sortie sur la « race blanche » ont piqué l'orgueil de Marine Le Pen. Désireuse de maintenir son leadership en matière de xénophobie, la leader frontiste, candidate aux élections régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, a intégralement axé son discours, ce samedi 3 octobre, sur la question des migrants. Une heure faite d'une seule salve ininterrompue de phrase-chocs nauséabondes.

lundi 5 octobre 2015

« Calais est une ville assiégée, au sens propre du terme [...] Je n’accepte pas de voir des Français se sentir étrangers chez eux. Ne baissez pas la tête. N’oubliez pas que nous sommes ici chez nous ». Alors qu’elle sera convoquée au tribunal correctionnel de Lyon le 20 octobre pour « incitation à la haine raciale » pour ses propos tenus en 2010, comparant les « prières de rues » à « l’Occupation », Marine Le Pen durcit encore plus son discours, laissant libre court à ses opinions les plus xénophobes. Depuis septembre, le FN a axé son discours sur la question des migrants en vues des élections régionales. De Ménard et sa vidéo polémique sur les réfugiés Syriens de Béziers aux provocations d’élus FN lors de l’aïd el Kebir, le parti d’extrême droite ne cesse de focaliser sa captation politique sur la question des migrants fuyant la guerre et la misère. La droitisation des positions de l’ensemble des formations politiques ces dernières semaines donne libre champ au parti d’extrême droite, sur un terrain qu’il affectionne tout particulièrement, et dont le but clairement affiché est de ne pas se laisser dépasser par la droite, Les républicains en tête.

« Faire le maximum de barouf possible pour faire plier l’Etat et respecter la loi républicaine »

Alors que les compétences d’un élu de région sont, a priori, bien délimitées à un certain champ de compétences, Marine Le Pen a martelé vouloir faire « plier l’état » en faisant un « maximum de barouf possible ». En somme, faire de ces élections régionales le tremplin vers 2017, et s’afficher comme la principale alternative au « bipartisme PS/LR ». Dans son envolée, la présidente du Front National n’a pas manqué de s’attaquer frontalement aux associations militantes luttant aux côté des migrants : « je vais aussi supprimer l’intégralité des subventions des associations qui aident les migrants ». Associations qui, selon elle, « instrumentalisent politiquement » et poussent « au trouble à l’ordre public » les populations fuyant la misère et la guerre engendrée par les impérialismes européens, la France en tête. Dénaturer par la calomnie la solidarité qui se manifeste en défense des migrants, stigmatiser des populations fuyant la guerre et la misère et leur faire porter la responsabilité du chaos engendré par les politiques impérialistes, le FN est plus que jamais dans son rôle de défense du système en place.

Une heure de discours xénophobe qui rappelle, si besoin est, que le FN n’a jamais été autre chose qu’un parti profondément raciste, une composante de son ADN qui ne disparaitra pas, malgré les tentatives de dédiabolisation de la formation d’extrême droite. Sur la question migratoire, Marine Le Pen compte bien capitaliser politiquement pour les élections régionales de décembre tout comme pour les élections présidentielles de 2017. Si l’ensemble de l’échiquier politique a droitisé son discours, le Front National est plus que jamais le grand bénéficiaire de ce glissement. Et sur son terrain, le parti d’extrême droite fait tout pour ne pas se laisser dépasser par la droite républicaine.




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