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Politique

Marine Le Pen en correctionnelle : nouvelle casserole au FN

Bill Zabriskie La présidente du Front National a été renvoyée mardi en correctionnelle par le tribunal de Lyon pour des propos qu’elle avait tenus en 2010 lors d’une réunion publique du parti d’extrême droite, et au cours de laquelle elle avait comparé les prières de rue à l’Occupation nazie. Dans la droite lignée de son père, Marine Le Pen est donc convoquée le 20 octobre devant le Tribunal Correctionnel de Lyon.

mercredi 23 septembre 2015

Tout avait commencé lors d’une réunion publique de la candidate FN à Lyon : dans un discours abject tentant d’expliquer aux quelques militants présents que la Charia serait en train d’imposer ses lois à la République française, Le Pen avait déclaré, au sujet des prières de rue : « Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c’est une occupation du territoire ».

S’il a fallu autant de temps entre ses déclarations et son renvoi en correctionnelle, c’est qu’une association, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF), a dû batailler en justice pendant 5 ans, suite à l’enquête préliminaire en 2011 que le parquet de Lyon avait décidé de classer « sans suite » : saisie du doyen des juges de la ville, ouverture d’une nouvelle enquête en 2012, obtention d’une levée de la fameuse « immunité » parlementaire de Le Pen en juillet 2013, et enfin, mise en examen en juillet 2014.

Cinq ans plus tard, elle se retrouve donc en correctionnelle, et sa réaction, qui n’a pas tardé, fait la part belle à la récupération politique de l’affaire : « C’est un scandale qu’un responsable politique soit poursuivi pour l’expression de ses opinions ». La voilà donc qui fait appel à la liberté d’expression dans une affaire où elle-même s’attaque à la liberté d’opinion et d’expression religieuse.

Quoiqu’elle en dise, le vrai scandale réside dans le racisme de ses propos qui visent à injurier une population pour ses pratiques religieuses pour diviser les exploités et les opprimés. Même si l’on gardera en tête que cette division est encouragée également par les autres formations politiques, qui ne se privent pas elles non plus de stigmatiser à grands coups de sous-entendus vaseux, encore récemment en opposant par exemple réfugiés et migrants « économiques ».

Ce « dérapage » de Marine Le Pen n’est bien évidemment que le reflet de ce qu’est sa formation politique : un parti de voyous et d’escrocs xénophobes. Ni plus, ni moins. La cascade de casseroles qui leur tombe dessus ces dernières semaines avec notamment l’affaire « Jeanne » et la mise en examen lundi du trésorier du FN pour abus de biens sociaux, ou encore les exécrables déclarations de Robert Ménard à l’égard des réfugiés, en sont les dernières preuves criantes, et certainement pas les dernières.

Reste à savoir si elle sera bien condamnée, et si oui, quelle peine elle prendra. Au vu de ses trois mandats cumulés (présidente du FN, conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais et députée européenne), et des fortunes accumulées par sa famille, nul doute que même une grosse amende serait dérisoire pour elle, et surtout une nouvelle occasion pour le FN de récupérer politiquement des déboires judiciaires, en clamant que le FN n’est pas traité à égalité avec les autres partis.




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