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Infox d’extrême-droite

Marine Le Pen, les retraités et les migrants : le mytho de trop !

Est-elle atteinte de sénilité précoce, ou haineuse au point de mentir éhontément ? Marine le Pen, convaincue de falsification par plusieurs médias persiste et signe. D’après elle, un « migrant ‘’fraîchement débarqué’’ peut toucher plus qu’un retraité ayant travaillé toute sa vie ».

mercredi 27 février

Photo : Martin Bureau - AFP

Se servir de l’indigence dramatique dans laquelle sont plongés les retraités les plus pauvres pour tenter de monter les travailleurs contre les migrants, voilà qui n’est pas joli-joli, surtout quand on ajoute à la haine le mensonge.

Pour faire peur, semer la confusion et grossir les chiffres

Drappée dans une dignité d’offensée, Marine Le Pen argue, sur son site, du droit de réponse pour servir une resucée des mensonges qu’elle avait proférés le 24 février et qui avaient été largement démontés par plusieurs médias. « Oui, un migrant peut toucher davantage qu’un retraité, ose-t-elle redire.

Sans avoir l’air d’y toucher, elle rectifie un premier mensonge tout en continuant à accuser les migrants d’ôter le pain de la bouche de nos retraités. On remarquera la modification des termes « migrants fraîchement arrivés », en « migrants » tout court. Les aides (ADA) attribuées d’emblée, à l’arrivée sur le territoire, en attente de traitement des dossiers déposés auprès de l’Ofpra, ne concernent en effet, comme leur nom l’indique, que les demandeurs d’asile et non l’ensemble des migrants. Or en 2018, sur un peu plus de 250 000 titres de séjour délivrés par le ministère de l’intérieur, moins de la moitié concernait des demandeurs d’asile.
L’ADA n’a d’ailleurs rien de mirobolant. Il s’agit d’une misère qui se monte, au mieux, à 440 euros par mois pour assurer hébergement et subsistance à des personnes qui par ailleurs n’ont pas le droit de travailler puisqu’elles n’ont pas de titre de séjour. Cette aide n’est d’ailleurs que temporaire et s’arrête à la fin du mois suivant la décision de l’Ofpra, qu’elle soit positive ou négative.
 
Quant aux soins de santé auxquels Marine Le Pen reproche aux migrants d’avoir accès gratuitement au titre de l’AME, ils sont encore plus limités que ceux octroyés par la PMUA (ex CMU) qui sont déjà a minima.

Pour mieux dénigrer, faire des migrants non seulement des « profiteurs » mais aussi des « fraudeurs »

Comble de la mauvaise foi abjecte, elle reconnaît le fait que, faute d’être autorisés à travailler et faute de revenus suffisants, les migrants en attente de régularisation recourent, quand ils le peuvent, au travail au noir dans différents secteurs comme la restauration ou le bâtiment. Mais, loin de dénoncer l’utilisation régulière, par les employeurs friands de profits, d’une main d’œuvre taillable et corvéable à merci, totalement surexploitée, c’est contre les exploités qu’elle se retourne en les accusant de cumuler salaire et aides. Elle omet de dire qu’au moindre travail au noir détecté, même pour quelques heures seulement, l’ADA leur est immédiatement et définitivement retirée, sans compter les autres poursuites ou sanctions encourues, jusqu’à la reconduite aux frontières.

Décidément la campagne des européennes est bel et bien commencée

Nous n’évoquons ici qu’une partie de la démonstration totalement fallacieuse et odieuse qu’elle apporte à l’appui de son affirmation racoleuse : un « migrant ‘’fraîchement débarqué’’ peut toucher plus qu’un retraité ayant travaillé toute sa vie ».
 
Non Marine le Pen n’est ni sénile ni naïve. Elle sait bien qu’elle aligne des contre-vérités et elle n’a que faire de la réprobation et des contre-argumentations des médias, au contraire. Elle est tout simplement, à l’instar de Macron qui se promène de grand débat en salon de l’agriculture, en train de faire sa campagne pour les élections européennes.
La phrase qu’elle lance en pâture aux médias pour faire le buzz est parfaitement choisie. Elle concentre la ligne politique qui la démarquera pour les européennes. Car elle est prête à endosser tout un discours qui chevauche les revendications des gilets jaunes et des couches populaires les plus pauvres, dont les retraités sont bien sûr l’une des composantes, à la seule condition de garder sa marque de fabrique, héritée du lignage Le Pen, la xénophobie et le racisme qui prennent aujourd’hui la forme de la dénonciation acharnée des migrants et de la défense d’un territoire forteresse qui donne aux français de souche la préférence nationale.




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