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Politique

La présidente du Front National entend reprendre le leadership de la réaction

Marine le Pen ne veut pas d’enfants étrangers à l’école et remet en cause la gratuité de l’éducation

Ce jeudi, Marine Le Pen s'est prononcée contre l'éducation "des enfants de clandestins" en France. Alors que l'ensemble de l'échiquier politique glisse sur la droite, dans un succession de discours réactionnaires, la présidente du Front National souhaite réaffirmer son leadership en la matière. Julian Vadis

vendredi 9 décembre 2016

L’école gratuite, "une pompe aspirante de l’immigration "pour Marine Le Pen.


« Tout enfant résidant en France doit, dès 6 ans, étudier au sein d’un établissement scolaire public ou privé jusqu’à l’âge de 16 ans, sous peine de poursuites pénales à l’encontre des parents ». Tout en se réclamant de la République et de sa constitution, Marine Le Pen semble toutefois déterminée à l’attaquer de front. En effet, la présidente du Front National a fait une sortie remarquée ce jeudi, visant directement les enfants étrangers en situation irrégulière : « Il n’y a aucune raison que les Français prennent en charge financièrement la scolarisation de gens qui violent la loi française, qui viennent sans nous demander l’autorisation et qui se maintiennent en violation de la loi française » a-t-elle ainsi déclaré, jugeant que la gratuité de l’école était « une pompe aspirante de l’immigration ». Des déclarations nauséabondes, en guise d’apéritif, avant une attaque encore plus frontale, taclant au passage son concurrent de droite dure, François Fillon : « M. Fillon avait dit que nous sommes un pays en faillite, il y a largement contribué il faut bien le dire, et moi je pense que la solidarité nationale doit d’abord se concentrer et bénéficier aux Français qui l’ont construite, qui ont cotisé, dont les parents ont cotisé, ça me paraît normal et légitime [...] Pour avoir droit à l’accès à la gratuité, il faut avoir cotisé un certain temps ». Promettant la mise en place d’un « délai de carence » pour les résidents étrangers pour obtenir un certain nombre de services gratuits, Marine Le Pen lance une offensive sur son terrain favori : Les questions identitaires et migratoires.

Sur le racisme et la xénophobie, Marine Le Pen et le FN tentent de capitaliser. Une situation qui exige une réponse !

Si cette déclaration a naturellement fait réagir, Marine Le Pen s’est contentée d’affirmer que des « précisions » seraient apportées dans son programme pour 2017, alors que tous les scénarios la placent au second tour. Bien entendu, la présidente du Front National entend creuser son avantage sur son terrain favori, et peut compter sur son bras droit, Florian Phillipot. Sur BFM TV, ce dernier a ainsi déclaré que « Marine Le Pen souhaite l’application de la loi, que beaucoup semblent avoir oublié dans notre pays : quand vous êtes en situation irrégulière, donc illégale, donc clandestine, en France, vous n’avez qu’un seul droit, c’est d’être reconduit à la frontière. Et oui, ça tranche d’entendre quelqu’un qui dit la loi en ces temps de laxisme généralisé ». Une déclaration fallacieuse, puisque le droit constitutionnel permet aux enfants étrangers non régularisés de bénéficier d’une scolarité gratuite, ce qui a été réaffirmé par le pourtant réactionnaire Sénat en 2016. Mais l’essentiel n’est évident pas là, puisque le FN tente avant tout de suivre une trajectoire à la Trump, afin d’accéder au trône en 2017.

La stratégie Lepéniste consiste à surfer sur la polarisation politique actuelle, en tirant sur la droite, pour tirer son épingle du jeu et entamer offensivement la dernière ligne droite pour les présidentielles. Face à cette nouvelle attaque xénophobe, il est clair qu’une réponse claire doit être apportée par les anticapitalistes et les révolutionnaires. Réaffirmer le droit à la scolarité et exiger la régularisation de tous les sans-papiers est un premier pas, qui doit aussi déboucher sur un ensemble de revendications : accès gratuit à la sécurité sociale et à l’ensemble des services publics. En ce sens, la candidature de Philippe Poutou doit être un point d’appui pour notre camp social, afin d’afficher clairement une alternative aux discours droitiers et réactionnaires et préparer les batailles à venir, sur le terrain de la lutte des classes.




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