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Politique

Arrangements entre amis

Mark MacGann, l’ex-lobbyiste qui a révélé les Uber Files, a récolté des fonds pour LREM en 2016

Ancien lobbyiste chez Uber et lanceur d’alerte des Uber files, Mark MacGann a, en 2016, aidé Emmanuel Macron à récolter des fonds pour la fondation de son nouveau parti. Après l’aide de ce dernier pour l’implantation d’Uber en France, ces révélations confirment les liens étroits entre l’actuel président et l’entreprise états-unienne.

jeudi 14 juillet

Crédit photo : AFP

Nouvelles déclarations dans le scandale qui implique Emmanuel Macron et la société Uber. Mark MacGann, ex-lobbyiste et lanceur d’alerte des Uber Files mettant en cause les techniques d’Uber pour s’implanter à l’international a également œuvré au financement de la première campagne présidentielle de Macron, en 2016 selon Le Monde. « Début 2016, en marge du forum de Davos, il lui envoie un message pour lui demander s’il a besoin d’aide pour lancer sa campagne présidentielle – la rumeur d’une candidature est omniprésente, même si Emmanuel Macron ne se déclarera officiellement qu’en novembre » indique le quotidien. A cette date, Mark MacGann n’est plus salarié d’Uber mais reste « conseiller senior du conseil d’administration » d’Uber, et ce jusqu’en août

Alors qu’en 2016 Emmanuel Macron créait son parti La République en Marche [et que des soupçons avaient été porté sur la manière de financer ce parti en 2021 le fait que le lobbyiste d’Uber ait participé à la construction de son parti n’est pas anodin.

De fait, ces liens très étroits ressemblent fortement à une forme de contrepartie du lobbyiste en faveur de l’ancien ministre de l’économie et futur président après les services rendus. Si selon ses dires, il aurait fait ça « à titre personnel » et sans lien avec Uber, là n’est pas réellement la question. Le fait est que l’ancien ministre avait alors la charge du dossier d’Uber et qu’il n’aura de cesse d’aider Uber en particulier dans les périodes où des décrets sont pris par certaines villes pour interdire les VTC. « Les deux hommes s’appréciaient, étaient en (étroite ?) collaboration, échangeant régulièrement des SMS et ce jusqu’en avril » relate à ce titre le journal Libération.

Pour l’instant, aucun chiffre n’a été dévoilé sur la somme récoltée pour le parti présidentiel. Mais il n’en reste pas moins que la politique menée par Macron depuis 2015 a largement favorisé le patronat, y compris celui des plateformes de commandes en ligne qui ont exploité le filon macroniste de la « startup nation ». En ce sens, même si ces révélations ne sont pas surprenantes elles pourraient aggraver la crise politique qui entoure la macronie, celles-ci s’inscrivant dans un contexte de tension politique, économique et sociale.

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