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Politique

Pas en notre nom !

Marlène Schiappa et Nathalie Loiseau prétendent s’approprier la lutte des femmes

Faisant la sourde oreille aux exigences des travailleuses et des femmes révoltées contre la politique d’En Marche, Schiappa et Loiseau nous présentent une fausse issue qu’on connaît déjà très bien : démagogie et punitivisme.

lundi 6 mai

Marlène Schiappa et Nathalie Loiseau ont publié une tribune dans le JDD, le dimanche 5 mai. Elles y lancent le « Pacte Simone Veil », visant à former une « politique féministe européenne », en essayant de faire taire la lutte féministe qui envahit le monde entier qui, en France, occupe une place prépondérante dans les combats qui secouent le pays.

Dénonçant la différence salariale, la violence conjugale, les possibilités d’accès au travail et à la professionnalisation, les signataires sont pourtant assez désorientées dans ce qui touche au féminisme d’aujourd’hui, forgé dans les luttes sociales qui battent le pavé dans le monde entier.

Tout ce qu’elles proposent dans cette tribune sont des lois : « nous proposons d’harmoniser par le haut les droits des femmes en Europe en incitant les États membres à introduire dans leur législation les mesures les plus avancées ayant fait leurs preuves ailleurs en Europe ». Mais ce que le mouvement féministe dénonce aujourd’hui, c’est que précisément les droits que les femmes arrachent et ont historiquement arraché à la bourgeoisie ne se traduisent pas en égalité dans la vie. Cela ne veut pas dire que le féminisme va cesser de revendiquer des droits, mais qu’il ne va pas se satisfaire des miettes.

Faisant la sourde oreille aux exigences des femmes gilets jaunes et aux luttes des travailleuses de plus en plus précaires, migrantes, mères isolées, enseignantes, femmes de ménage, infirmières et toute une liste de femmes révoltées contre la politique d’En Marche, Schiappa et Loiseau nous présentent une fausse issue qu’on connaît déjà très bien : démagogie et punitivisme.

Depuis la détermination féministe manifestée lors des grèves des femmes et les énormes mobilisations du 25 novembre dernier, le monde entier condamne la violence sexiste et les gouvernements sont contraints de mettre cette question sur le programme. Mais la tribune semble cependant se satisfaire du fait que la France soit le premier pays à avoir verbalisé le harcèlement de rue, une mesure qui ignore et ne modifie en rien la violence dans laquelle on vit. Des peines plus sévères et plus longues ne découragent pas le harcèlement, le viol et les feminicides. C’est de la démagogie punitive face à l’indignation sociale.

En suivant cette ligne, elles soutiennent que « l’Europe doit mieux protéger les femmes », mais les protéger de qui ? Il faut juste cesser de les attaquer. Et il s’avère que les attaquants sont leurs lois, leurs ordonnances, leurs mesures, leurs politiques impérialistes et leurs violences policières.

D’autre part, à l’heure de la crise de la démocratie bourgeoise, où la représentativité est remise en question, les signataires n’ont pas d’autre idée que de promettre « la parité entre les femmes et les hommes au sein de toutes les institutions et agences européennes ». Une fois de plus, ignorant les exigences des derniers mois, la tribune promet une certaine parité dans les institutions responsables de l’inégalité qui se vit quotidiennement.

Les défenseuses d’un système qui violente, précarise, expulse et tue les femmes ne seront jamais les représentantes de la lutte féministe. Parce que le féminisme ne lutte pas pour que les femmes soient opprimées et exploitées par d’autres femmes, mais pour mettre fin à l’oppression et à l’exploitation, nous n’allons pas laisser parler en notre nom Shiappa, Loiseau ou toute autre marionnette de ce système.

Crédits photo : JDD




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