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Marseille. Irruption des étudiants dans le CA de l’Université

Romain Lamel Une vingtaine d’étudiants a fait irruption dans le cénacle du Conseil d’Administration d’Aix-Marseille Université pour se faire entendre sur la gestion de la mobilisation contre la loi travail, mais également pour étendre les revendications à l’organisation de l’université.

mercredi 27 avril 2016

Un Conseil d’Administration d’Université, c’est une instance feutrée. Des représentants des facultés la composant, des représentants des « entreprises partenaires », des représentants des enseignants et personnels (mais pas beaucoup), des représentants des étudiants (encore moins nombreux, souvent mal élus avec des taux de participation inférieurs à 10 %). Ce mercredi 27 avril, une vingtaine d’étudiants représentant les différentes composantes de l’Université (St-Charles, St-Jérôme, La Timone, les précaires de la recherche) ont rompu cette mise en scène pour se faire entendre.

Depuis le début des mobilisations contre la loi Travail, le Comité de mobilisation demande poliment la banalisation des cours à chaque journée de mobilisation nationale, la non-pénalisation des étudiants mobilisés… En vain. Les étudiants ont bloqué le site St-Charles mercredi 20 pour permettre la mobilisation. Durant ce Conseil d’Administration, les étudiants mobilisés ont réclamé une nouvelle fois la banalisation des cours le jeudi 28 avril, journée de mobilisation nationale et l’amnistie de Mehdi Malki, employé de la logistique, accusé à tort de violence par un étudiant anti-blocage qui a tenté d’entrer brutalement dans l’Université, la semaine précédente. La motion présentée dans ce sens par les personnels CGT a été refusée à une large majorité.

Les revendications dépassent désormais le seul cadre de la loi Travail, c’est l’ensemble des modalités de fonctionnement de l’Université qui révolte les étudiants mobilisés ! L’influence du privé, le désinvestissement de l’État, l’augmentation du prix du restaurant universitaire en cas d’absence de carte magnétique, la sélection en Master, l’exigence de remboursement des bourses par le CROUS en cas d’absence des étudiants, le coût de l’enseignement à distance pour les étudiants salariés…. Ainsi que les revendications déjà formulées par le collectif récemment créé par les précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche : mensualisation des vacations, exonération des frais d’inscription, titularisation des chercheurs précaires…. Á Marseille, comme ailleurs en France, ce n’est plus seulement la loi Travail qui révolte, c’est également le monde de précarité et de misère pour les classes populaires, de profit et d’abondance pour les possédants, qu’elle représente !




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