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Politique

Enorme mobilisation dans la cité phocéenne

Marseille. La plus grosse manif depuis une dizaine d’année

Si les chiffres sur la participation des manifestants peuvent être gonflés ou, à l’inverse, fortement sous-évalués, le débat fait peut-être encore plus rage à Marseille qu’ailleurs. Mais si l’on s’en tient aux communiqués de la police, néanmoins, on peut dire que la manif du 5, à Marseille, a été la plus grosse depuis au moins une décennie.

jeudi 5 décembre 2019

Côté CGT, on annonce que 150.000 personnes ont fait le trajet du Vieux-Port, où le rendez-vous était donné en fin de matinée, jusqu’à la Porte d’Aix. Jamais l’UD des Bouches-du-Rhône n’avait avancé de tels chiffres, pas même pendant les très grosses manifestations contre la Loi Travail. Côté police, on évoque 25.000 manifestants. L’écart est énorme, mais c’est le chiffre qui est parlant. Au plus fort de la mobilisation, en 2016, la préfecture avait donné, au mieux, 11.200 manifestants sur Marseille. La manifestation du 5 a donc été, a minima, deux fois plus grosse que la plus grosse des manifestations contre la Loi Travail.

De mémoire militante, dans la cité phocéenne, on disait qu’il s’agissait des cortèges les plus importants depuis 2010 et la réforme Sarkozy des retraites, voire même depuis les grandes grèves de novembre et décembre 1996 conter la réforme Juppé.

Très bariolée, la manifestation avait néanmoins une grosse coloration cégétiste, avec d’importants cortèges de métallos, de traminots mais aussi de travailleurs de la chimie, la raffinerie de La Mède étant à l’arrêt. Le cortège enseignant était également extrêmement visible, les Gilets Jaunes du 13 ayant par ailleurs répondu « présents ! » à l’appel à la mobilisation et contribué à l’ambiance festive qui a caractérisée la manif de part en part.

Lancée depuis le Vieux Port, elle s’est par la suite dirigée vers la mairie, où un arrêt symbolique a été réalisé en hommage aux morts de la Rue d’Aubagne, au cri de « Gaudin assassin ! ». Après un crochet fait par certains pour bloquer l’autoroute du littoral, le gros de la manif est remonté par la suite vers la Porte d’Aix, une énorme esplanade qui, pour l’occasion, était noire de monde.

Même la pluie qui s’était invitée et qui est tombée quelques instants n’a pas suffi pour entamer le moral des manifestants. Dans les AG d’après-midi, chez les personnels de l’Education, chez les cheminots, chez les étudiants, les territoriaux et les traminots, c’est un seul et même vote qui a été porté par les grévistes : « reconduction ! ». A Marseille aussi, Macron n’a qu’à bien se tenir, car nous ne sommes pas prêts de déposer les armes.




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