^

Notre classe

Bastion de la contestation contre McDo

Marseille. Le McDonald’s de Saint-Barthélemy menacé de fermeture

Le restaurant de Saint-Barthélemy, bastion de la contestation contre McDonald's, a été placé sous procédure de sauvegarde mercredi 2 octobre par le tribunal de commerce. Les travailleurs dénoncent une instrumentalisation de la justice dans le but de se débarrasser de syndicalistes combatifs.

mardi 8 octobre

Crédits photo : journal La Marseillaise

Le restaurant de Saint-Barthélemy, bastion de la contestation contre McDonald’s, a été placé sous procédure de sauvegarde mercredi 2 octobre par le tribunal de commerce à la demande du franchisé, Jean-Pierre Brochiero. Une procédure préventive qui permet à une entreprise de continuer son activité, malgré des difficultés financières. Le tribunal a fixé une période d’observation jusqu’au 2 avril 2020, mais d’ici là, le franchisé devra justifier de ses capacités financières pour assurer la poursuite de l’activité. À tout moment durant cette période, où à la fin de celle-ci, le tribunal pourra prononcer la liquidation judiciaire du restaurant.

Cette menace de liquidation judiciaire est une crainte pour les travailleurs. Le restaurant de Saint-Barthélemy, est une institution, il emploie 77 salariés. De plus, fermer ce restaurant, c’est aussi détruire ce que certains appellent la « place du village », un des rares espaces de partage, dans les quartiers nord marseillais, très touchés par le chômage, la pauvreté et l’absence de pouvoirs publics.

La menace d’une potentielle fermeture est très révélatrice de l’attitude de McDonald’s. Comme le déclare Me. Ralph Blindauer, l’avocat des salariés, à l’audience du 25 septembre, « le tribunal fait le sale boulot à la place de McDonald’s France », c’est « une faillite organisée ». En effet, le restaurant de Saint-Barthélemy tourne en sous-effectif depuis plusieurs mois et il n’a bénéficié d’aucun investissement permettant de sauvegarder sa compétitivité. C’est ce que confirme l’inspection du travail, dans un rapport refusant le licenciement de Kamel Guemari, leader syndicaliste. Jean-Pierre Brochiero, le franchisé, a déclaré lors d’un entretien « ne pas avoir mis en œuvre les solutions existant pour améliorer la compétitivité de l’entreprise ». Pour le cabinet d’expertise Technologia, la création d’une double piste drive, mais aussi et surtout la livraison à domicile, permettrait une augmentation de 30% du chiffre d’affaires.

Pour Ralph Blindauer, « le seul but de McDo et de M. Brochiero a en fait toujours été de se débarrasser de M. Guemari, ce syndicaliste qui les dérange depuis des années », et pour ça « on est prêts à rayer 80 personnes de la carte ». Plusieurs éléments peuvent le confirmer notamment un enregistrement téléphonique publié par le journal La Marseillaise où l’on peut entendre Christophe Chapuis, alors vice-président Régions de McDonald’s France, affirmer sa volonté de « se débarrasser de Kamel ».

Les travailleurs dénoncent également l’attitude du parquet qui aurait « choisi son camp ». Ralph Blindauer déclare qu’il est en « possession de toutes les preuves, les enregistrements qui démontrent que le but du jeu c’est de liquider Kamel Guemari ». Malgré les nombreuses plaintes déposées par les salariés pour tentative de meurtre, intimidation , corruption, aucune enquête connue n’a été ouverte. Ironique quand on sait que les travailleurs avaient notamment eu rendez-vous avec Jean-Pierre Floris, délégué interministériel à la restructuration des industries, début août, afin d’alerter l’État à ce sujet.

Face à l’instrumentalisation de l’institution judiciaire, face à l’inertie complice de l’État, face aux divers plans de McDonald’s visant à se débarrasser de syndicalistes combatifs et d’un des bastions de la contestation, les salariés du restaurant de Saint-Barthélemy appellent à la mobilisation générale.




Mots-clés

McDonald’s   /    Marseille   /    Notre classe