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Politique

"On détruira les centres de rétention"

Marseille. Rassemblement de solidarité avec les grévistes de la faim des CRA

Mardi 1er septembre plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées en soutien au mouvement national de grève de la faim dans les centre de rétention administratif

mercredi 2 septembre

Depuis le début du mois d’août une série de grèves de la faim a débuté dans plusieurs centres de rétention administratif du pays (Rennes, Mesnil-Amelot, Vincennes, Nice, et Marseille). Les grévistes dénoncent leurs enfermement pendant plusieurs mois pour le simple fait de ne pas avoir de papier, et les conditions insalubres et dangereuses pour leurs santé dans lesquels ils sont maintenus. Sous prétexte de la crise sanitaire, le gouvernement a décidé de prolonger pour une grande majorité la détention de 60 jours.

Dans le CRA de Marseille le week-end du 22 et 23 août une dizaine de détenus entament de nouveau une grève de la faim. Dans un communiqué publié au début de leurs grève les détenus dénoncent les conditions insalubres dans lesquels ils sont maintenus en détention : plus de quatre personnes entassées par cellules, des parloirs et infrastructures sales, l’absence de moyens de protection contre le coronavirus, alors que quatre membres de la police aux frontières (qui gardent le centre) ont été déclarés positifs. Les détenus craignent pour leurs vies, mais malgré les dénonciations, les aller-retours à l’hôpital dûs au manque de nourriture les conditions d’enfermement restent les mêmes.

Les grévistes du CRA de Marseille rejoignent ainsi la contestation nationale en cours dans plusieurs centre du pays. En effet à Rennes, Mesnil-Amelot, Vincennes, Nice, et d’autres, de nombreuses grèves de la faim ont débuté pour dénoncer un traitement inhumain. Parallèlement de rassemblements ont été organisé en solidarité avec les détenus, comme mardi 1er septembre à Marseille.

A l’appel de la coordination des sans-papier 13, 120 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de police, divers organisations et syndicats étaient présents en solidarité aux détenus. Avec ou sans papiers, ils et elles affirment que tout le monde a le droit à la dignité humaine.
On y croise Ramzi, vivant depuis 26 ans en France et n’ayant toujours pas été régularisé : « Je suis français, la France m’a adopté, m’a fait grandir, j’ai fait l’école ici et j’ai passé le bac ici et puis on nous envoie en Centre de Rétention ! »
Ensuite, l’association lycéenne Conscience dénonce l’expulsion l’année dernière de deux de leurs camarades de classe vers leur pays d’origine. Elle demande à l’Éducation Nationale l’accueil et la protection de leurs élèves et elle revendique la destruction des CRA.

Puis, Franckie venu du Benin et habitant en France depuis deux ans appelle à la Marche nationale du 19 septembre pour la régularisation de tous et toutes les sans-papiers. Il sera l’un des marcheurs sans-papiers qui partira de Marseille et manifestera dans plusieurs ville de France jusqu’à la Marche à Paris le 17 octobre, jour du massacre des Algériens en 1961. Au devant de la préfecture qui enferme, réprime, et expulse 120 personnes ont exprimé leurs solidarité avec leurs camarades enfermés. Sur les banderoles qui flottaient on pouvait lire : "Liberté / Ouverture du Port / Fermeture Centres Rétention".




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