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Notre classe

Dramatique conséquence de la casse de l'hôpital public

Marseille : un septuagénaire retrouvé mort à l’hôpital après avoir disparu 15 jours

Jean Ligonnet 73 ans, a été retrouvé mort dans l'hôpital de la Conception à Marseille, après avoir disparu 15 jours. Cette affaire morbide est l'une des expressions dramatiques du manque de moyens à l'hôpital. La casse du service public, accélérée par le gouvernement Macron, sabote le métier des hospitaliers et met en péril la vie des patients.

vendredi 6 septembre

Crédit photo : Page Facebook de Pinel en Lutte (Amiens)

Le 19 août, Jean Ligonnet, 73 ans et atteint d’Alzheimer, se rend à l’hôpital de la Conception à Marseille, pour suivre une habituelle séance de chimiothérapie. Ce jour-là, l’attente est assez longue. Trois heures après son arrivée, le patient a disparu de la salle d’attente est l’hôpital est fouillé de fond en comble, en vain. La disparition a été actée il y a 15 jours.

Ce n’est que ce mardi 3 septembre, que le cadavre du patient a été retrouvé en état de décomposition, dans une aile désaffectée de l’hôpital, dans une pièce à la poignée cassée. L’homme est mort seul, sans l’intervention d’un tiers, et une enquête est en cours pour « homicide involontaire » afin de savoir dans quelles circonstances il s’est retrouvé-là.

Mauvaise volonté ou manque de moyens ?

On ne peut que comprendre la colère immense de son fils, Jean Hospice, face à un événement aussi tragique et bouleversant. Son premier réflexe a été de porter plainte contre l’hôpital dès les premiers jours de la disparition de son père. Entres autres déclarations
dénonçant le dysfonctionnement de l’hôpital, il accuse le personnel de « négligence et mauvaise volonté ».

Si Jean Ligonnet n’a pas été pris en charge correctement, les causes ne sont pas à chercher du côté de la négligence ou de la mauvaise volonté de la part du personnel. Si, qui que ce soit avait pu faire quelque chose, il l’aurait sûrement fait. Il faut prendre le problème à la racine : la prise en charge du patient a été compromise par un manque de moyens significatifs, engendrant des situations où il n’y a pas assez de soignants et de personnels au regard du nombre de patients.

En effet, le gouvernement Macron accélère à coups de réformes austéritaires la casse du service publics. Ces politiques de destruction des services publics sont présentées comme une nécessité absolue pour éviter de creuser les déficits.

Cela se traduit alors par des plans de licenciements drastique du personnel hospitalier, des budgets restreints, des gels des dépenses… Le travail à l’hôpital se transforme alors en des cadences infernales, un personnel usé et fatigué, un manque absurde de moyen, humain et financier, et de matériel. Dans ces conditions précaires, comment assurer le bon fonctionnement des soins peut-être assuré à l’hôpital ? Malgré toute la bonne volonté du personnel, ils restent des êtres-humains qui ne peuvent pas assurer des soins corrects sans les moyens nécessaires. La vie des patients est mise en danger chaque jour à cause de la casse de l’hôpital. C’est la négligence du gouvernement qu’il faut pointer.

Une vague de grèves dans le secteur hospitalier, Agnès Buzyn reste sur ses positions

Face à la saturation que subît l’hôpital, la colère sociale monte. On compte aujourd’hui 237 services en grève. C’est 28 de plus qu’il y a un mois,malgré une trêve estivale qui a pour effet habituellement de ralentir les mobilisations. Cette indignation forte des urgentistes témoigne de l’impasse dans laquelle ils se trouvent, totalement dépassés par la situation. Les hospitaliers se mobilisent depuis cet hiver, mais jusque-là, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a fait la sourde oreille. Pour elle, aucun problème dans son champ de vision. Mais avec l’augmentation impressionnante des grévistes cet été, la ministre commence à trembler. Elle a dés lors annoncé en cette rentrée, quelques nouvelles mesures, ou plutôt quelques nouvelles miettes, lancées en guise de coupe-faim pour les grévistes en colère. Pourtant, ces mesures ridicules face aux besoins réels ne risquent pas de calmer la colère. Par ailleurs, la brûlante question des retraites qui agite l’actualité et qui attaque tous les âges et tous les secteurs, ne va faire qu’entretenir la flamme de la colère sociale.




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