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Politique

Pour un affrontement de classe face à la dictature patronale

Martinez, ce dont on a besoin, c’est d’un vrai plan de bataille !

Interviewé par le JDD ce dimanche, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a expliqué les raisons qui ont amené au boycott très tardif, commencé hier, de cette grand-messe du « dialogue sociale ». Certes. Mais au-delà des grands mots de Martinez et d'un boycott qui s'avère être le « minimum syndical », ce dont les salariés d'Air France réprimés et licenciés ont besoin, c'est d'un vrai plan de bataille.

lundi 19 octobre 2015

La colère doit bel et bien s’exprimer face à la violence patronale

Après bien des tergiversations, la direction de la CGT a décidé, face à la violence patronale et à la répression terrible des salariés d’Air France, de boycotter au dernier moment la conférence sociale. Un grand raout organisé par une partie même des commanditaires de cette violence, en l’occurrence François Hollande et son premier ministre, Manuel Valls.

Après que le délégué CGT de STX à Saint-Nazaire a refusé de serrer la main de François Hollande, dénonçant ainsi « la violence patronale », le JDD pose la question suivante à Martinez : « S’il n’y a plus de dialogue, que se passe-t-il après ? ». « Détrompez-vous, rétorque le dirigeant de la centrale de Montreuil. Le dialogue a lieu : il lui a parlé de la vie des salariés, il a montré son mécontentement et ce n’est pas du dédain. C’est un acte pour dire ‘Écoutez-nous’ ».

Il s’agit bien pour le délégué CGT des chantiers de Saint-Nazaire, de montrer son « mécontentement ». Mais contrairement aux affirmations de Martinez, ce qu’il a manifesté, c’est également cette distance de classe qui est pratiquée, au quotidien, par le patronat. En revanche, cette fois-ci, c’est le juste rapport des choses qui a été rétabli. Les travailleurs et militants combatifs attendent davantage de celui qui affirme « Faites attention, ça va exploser ». {{}}

Pour un affrontement de classe et une rupture définitive du dialogue social

Martinez explique par ailleurs que « le dialogue social, ce n’est pas de valider les politiques gouvernementales ». Une évidence… que la direction de la CGT a souvent mise de côté. Comme l’ont démontré les salariés d’Air France, ce n’est ni d’un Plan A ni d’un Plan B, dont ils ont besoin. Ce n’est donc ni d’un « dialogue social », à savoir l’accompagnement des contre-réformes par les syndicats, ni de licenciements secs à fortiori !

Les travailleurs en ont assez du « dialogue social », celui qui vient tout juste d’exaucer les vœux du patronat, en faisant parapher par trois syndicats« réformistes », la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, un nouveau report de l’âge de la retraite et une nouvelle attaque d’ampleur contre un des acquis du mouvement ouvrier.

Ainsi il n’existe pas, comme le sous-entend Martinez, un « autre » dialogue social, celui qui n’irait pas « valider les politiques gouvernementales ». Il n’existe pas non plus d’« autre » dialogue social qui permettrait de « parler des salaires et du temps de travail ». Ce qu‘il faut mener, ce n’est pas le « dialogue social » quel qu’il soit, mais bien un affrontement de classe, pour le maintien de l’emploi, et l’embauche de tous les sous-traitants, et des hausses des salaires.{{}}

Une vraie justice pour les salariés d’Air France ? Un « tous ensemble » contre la répression !

À la question, « la CGT est-elle dans une logique d’affrontement ? », Martinez rétorque : « non, c’est trop facile de dire cela. Tous les syndicalistes au monde discutent et quand ils ne sont pas entendus, ils proposent aux salariés de se mobiliser ». Encore, il ne s’agit pas de discuter, face à un patronat et un gouvernement de combat, mais bien d’opposer notre force, la grève et les mobilisations dans la rue, et cela en toute indépendance de classe et en rupture immédiate avec le « dialogue social ».

Pour une vraie justice pour les salariés d’Air France, il « suffit », en effet, « de retirer les plaintes contre les salariés d’Air France », puis « la justice s’appliquera ». En revanche pour cela, ce n’est pas seulement du « minimum syndical » et du boycott de la conférence sociale dont on a besoin, mais d’une mobilisation réelle pour imposer l’arrêt des poursuites.

Plus globalement, c’est bien d’un vrai plan de bataille, un plan qui prenne appui sur la combativité des militants et des travailleurs à la base, pour un réel affrontement de classe et contre la répression qui s’abat sur les salariés et représentants syndicaux en colère. C’est un « tous ensemble » contre les licenciements, la répression et la dictature patronale pour unifier les équipes syndicales sur le terrain, et capitaliser l’indignation créée par les coups portés contre nos frères chez Air France qu’il faut. Ce serait une façon de préparer la riposte, et que le « risque social » dont parle Martinez… explose dans le bon sens.




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