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Monde

Contre les E3C et les retraites

Martinique, Guadeloupe : une mobilisation record dans l’éducation

Peu mis en avant dans les médias, la Martinique et la Guadeloupe vivent pourtant une mobilisation historique contre la réforme du bac et la réforme des retraites. Lundi 23 janvier, 90% des collèges et des lycées étaient bloqués sur les deux îles.

mardi 28 janvier

Crédit photo : ©L. Broulhet

Peu mis en avant dans les médias, la Martinique et la Guadeloupe vivent pourtant une mobilisation historique contre le « bac Blanquer » et les « épreuves de communes de contrôle continu » (E3C). Les revendications dépassent d’ailleurs ce cadre : les grévistes exigent également un retrait de la réforme des retraites.

Martinique : près de 90% des collèges et lycées fermés

En Martinique, plus de 87% des collèges et lycées étaient fermés lundi 27 janvier. Avec précisément 34 collèges sur 43 bloqués, mais aussi 14 lycées, soit l’ensemble des lycées de l’île, et 10 lycées professionnels sur 10.

Un communiqué signé par la CGTM, la FSU et l’UNSA exige la démission du recteur de l’Académie Martinique. Par ailleurs, le communiqué affirme une « opposition totale de l’intersyndicale à la réforme des retraites » et appelle « l’ensemble des personnels à se réunir quotidiennement en AG afin de maintenir la pression pour obtenir satisfaction ».

L’île est également marquée par un climat de révolte au sujet du chlordécone, pesticide qui a infiltré les sols antillais pendant 20 ans et est à l’origine de nombreux problèmes de santé. L’État français et les industriels ont permis son utilisation alors qu’ils en connaissaient les effets néfastes sur la santé humaine. Les manifestations en soutien aux militants anti-chlordécone qui passaient en procès ont été très durement réprimées.

Guadeloupe : 90% des collèges et lycées bloqués et 55% des écoles

En Guadeloupe, les chiffres de mobilisation sont similaires à ceux de Martinique, et le mouvement touche aussi les écoles primaires. Selon un communiqué de la FSU Guadeloupe publié sur les réseaux sociaux, le mouvement contre les E3C en Guadeloupe s’inscrit dans la continuité du 5 décembre. Le communiqué s’ouvre sur une dénonciation du caractère néo-colonial de l’emprise française sur la Guadeloupe : « La Guadeloupe, ancienne colonie devenue département est toujours une économie de dépendance. Le fonctionnement est toujours néo-colonial et le pouvoir local est très vite repris en main par le pouvoir central dès qu’un conflit se durcit quelque peu. »

La FSU ajoute que « le mouvement social actuel, porté partout en France par la demande de l’abandon du projet de réforme des retraites et les revendications de revalorisation salariales, s’est enrichi en Guadeloupe de la revendication du classement de toute l’académie en REP+ : 85% des collèges ont un IPS inférieur à 100, alors même que nous sommes une des académies les moins bien dotées en établissements EP. Les annonces de nouvelles suppressions de postes ont augmenté les tensions à l’arrivée des DGH en janvier. La FSU Guadeloupe porte également des revendications sur l’annulation des E3C et le maintien d’un bac national, ainsi que l’amélioration du bâti scolaire et des conditions d’accueil des élèves et des personnels. » Le communiqué continue d’élargir des revendications : « Les lycéens entrent dans le mouvement contre les E3C et l’interpro a lancé un appel à la grève générale à partir du 1er février. Notre ambition est de tenir le très haut niveau de mobilisation dans l’éducation pour faire la jonction et parvenir sur notre territoire à une convergence des luttes que nous souhaitons au vu la situation catastrophique de l’eau, du CHU, du bâti scolaire... »




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