^

Politique

Masques gratuits pour tous !

Masques. Après l’amende de 135€ le non-port du masque peut aboutir à des sanctions pénales

Nouvelle offensive du gouvernement. Après l’amende de 135€, le non port du masque sera passible de sanctions pénales.

mardi 21 juillet

Crédits Photo : AFP

La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement Macron a non seulement été catastrophique, comme l’ont montré les cruels manques de stocks de masques et matériels pour les hospitaliers et les contaminés. Mais on peut aussi rappeler la gestion autoritaire d’un confinement imposé sous l’arbitrage de la police, qui mettaient des amendes à ceux qui ne possédaient pas leur déclaration de déplacement, ou ne faisaient pas des courses “essentielles” selon eux.

Le déconfinement qui s’en est suivi s’est ouvert sans mesures à la hauteur de l’épidémie, même si en recul en Europe, comme on l’a vu dans l’éducation nationale où l’on a envoyé les élèves retourner sur les bancs d’école avec très peu de protections sanitaires, ce afin de libérer les parents pour qu’ils aillent au travail, faisant des instits et profs les surveillants de garderie.

Ce déconfinement s’est accompagné en effet d’une pression du patronat pour relancer l’économie, qui s’est vu offert de somptueux cadeaux de la part du gouvernement qui a donné des milliards du contribuable sur un plateau d’argent aux multinationales pour combler les baisses de taux de profits face à l’arrêt à marche forcée de certains secteurs de l’industrie. 

Le dernier revirement de la macronie quant aux mesures barrières face à l’épidémie, c’est d’imposer dans tous les lieux publics clos le port du masque, face à un virus qui semble à nouveau se répandre dans plusieurs régions de France. Si le port du masque est nécessaire, Macron et ses ministres l’appliquent comment à leur habitude de façon autoritaire, en faisant porter la responsabilité individuelle face aux nouveaux rebonds de l’épidémie. 

Une gestion désastreuse et répressive

Alors qu’au début de l’épidémie, plusieurs portes-paroles et ministres de la macronie se succédaient les uns les autres pour affirmer que le masque était inutile pour le grand public, et que le matériel manquait dans les hôpitaux, le gouvernement a démontré son incapacité totale à gérer cette crise, dans laquelle les hospitaliers se sont retrouvés à gérer l’épidémie sans aucun moyen, la plupart sans masques ni équipement individuel de protection, ni respirateurs artificiels, pourtant vitaux pour des patients en réanimation. 

Suite au déconfinement les scandales sur les masques n’ont pas cessé. Parmi ces scandales, la politique du gouvernement qui a permis aux grands groupes de la grande distribution de faire des stocks de millions de masques pendant qu’il en manquait cruellement dans les hôpitaux, et ce pour les vendre au grand public à des prix exorbitants. Mais ce sont également des groupes comme La Poste, ou Airbus, qui ont caché leurs stocks pour assurer la reprise du travail au plus vite, au détriment de la première ligne face au virus. 

Aujourd’hui, après avoir imposé une amende à 135 euros pour non port du masque dans les transports en commun, le gouvernement lance une nouvelle offensive répressive, derrière le prétexte de possible rebond de l’épidémie avancé par les scientifiques, il compte faire payer la crise à la population, alors qu’il a démontré lui-même sa propre incapacité à gérer une crise sanitaire, si ce n’est par la doctrine de la matraque. 
 
Ainsi, désormais, non seulement dans les transports, mais aussi dans tous les lieux publics clos, l’amende pour non-port du masque s’élève à 135 euros. Mais l’exécutif ne s’arrête pas là, et dans une nouvelle escalade répressive, il impose une amende à 1500 euros en cas de récidive de quinze jours, et va même jusqu’à s’emparer du pénal en annonçant une peine d’emprisonnement de six mois avec 3750 euros d’amende s’il y a violation à plus de trois reprises dans un délai de trente jours. 

Dans un climat où plusieurs scientifiques préviennent d’une progression de l’épidémie, on voit clairement la volonté de la part du gouvernement de faire peser la responsabilité de ce possible rebond à la population, notamment dans un contexte où apparaissent de nouveaux clusters notamment dans certains secteurs industriels, dû à la reprise quasi totale de l’activité industrielle et économique. Et ce, dans un contexte où la crise sanitaire a déjà entraîné avec elle une crise économique sans précédent, plongeant dans la précarité des milliers de travailleurs, notamment des jeunes, licenciés du jour au lendemain, tout en les contraignant à payer des masques puisqu’ils sont obligatoires : c’est aux travailleurs, à la jeunesse, aux franges populaires de la population, que l’on veut faire payer les pots cassés de la crise, et ce en les obligeant encore à se serrer la ceinture, tandis que le patronat maintient ses profits. 
 

Contre cette gestion répressive, la gratuité des masques et un contrôle centralisé et démocratique de la gestion de la crise

Une fois de plus, les capitalistes veulent faire payer la facture de la crise sanitaire aux travailleurs, à la jeunesse précaire, et aux franges les plus paupérisées de la population, d’un point de vue sanitaire mais aussi économique. Aujourd’hui il est plus que jamais nécessaire de réquisitionner l’ensemble des stocks de masques disponibles pour les distribuer dans les hôpitaux, et au grand public, en exigeant leur gratuité. Si l’on veut mener une véritable guerre au virus, il faut exiger également une campagne massive de tests, pour éviter de nouveaux rebondissements de l’épidémie, et pouvoir cibler les foyers de contamination en les isolant et en appliquant ainsi beaucoup plus rapidement les traitements nécessaires pour la survie des patients.

Face à cette gestion catastrophique de la crise sanitaire, il est nécessaire de construire un rapport de force pour refuser que ce soit aux travailleurs, aux franges populaires, et à la jeunesse précaire de payer la facture ; comme le démontre les nouvelles mesures prises par le gouvernement, de mettre derrière les barreaux ceux qui ne respectent pas le port-obligatoire de masques. 

La crise économique entraînée par l’épidémie s’abat comme un véritable coup de marteau sur les travailleurs, qui subissent de pleins fouet des licenciements de plus en plus fréquents et massifs, dans plusieurs secteurs industriels, notamment la métallurgie, où les annonces de fermetures s’enchaînent. Contre les licenciements, mais aussi contre la cherté de la vie et le chômage, nous devons construire un mouvement d’ensemble pour construire un rapport de forces capable d’imposer un partage du temps de travail et maintien du salaire, pour assurer le travail pour tous. Mais aussi lutter contre la vie chère, en imposant l’échelle mobile des salaires indexés à l’augmentation du taux d’inflation. 

Le système capitaliste est aujourd’hui incapable de proposer une issue progressiste à la crise sanitaire, économique et politique qui s’abat à l’heure actuelle. C’est pour cela que nous devons nous mobiliser aux côtés des travailleurs en première ligne pour éviter une nouvelle catastrophe, car nos vies valent plus que leurs profits.




Mots-clés

#MasquesGratuits   /    Masques   /    Crise sanitaire   /    Crise économique   /    Epidémie   /    Coronavirus   /    Répression   /    Politique