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Notre classe

« C'est une question de dignité »

Mecachrome. La grève se poursuit à Toulouse

Après une première grève réussie sur le site toulousain, les salariés de Mecachrome ont remis le couvert ce vendredi. En effet, la direction continue de ne pas prendre en compte les revendications légitimes des ouvriers pris à la gorge par l'inflation.

vendredi 29 avril

7% d’augmentation de salaire avec un minimum de 200€, voilà ce que les grévistes considèrent comme légitime de revendiquer. « Avec une inflation forte et qui s’accélère, on ne peut pas perdre en niveau de vie, c’est une question de dignité » nous explique un des grévistes.

Sur le piquet de grève réunissant les équipes de matin et d’après-midi, les grévistes se réunissent et débattent en assemblée générale. Une discussion très vivante, avec des débats et des votes sur plusieurs points, où de nombreux salariés s’expriment, qu’ils soient d’ailleurs syndiqués ou non. Dans un secteur comme la sous-traitance aéronautique, avec très peu de tradition de lutte ces dernières décennies, il est assez rare que les grèves soient aussi organisées.

Plusieurs propositions sont faites par des militants CGT. Comment rythmer le conflit ? Comment le renforcer ? Comment toucher les autres sites du groupe qui ne sont pas encore dans la grève ? A main levée, la majorité décide de reconduire le mouvement le 10 mai et de populariser la grève d’ici là. Pour tenir, les salariés décident aussi de la mise en place d’une caisse de grève, à laquelle nous appelons nos lecteurs à donner et à la partager.

« Pour populariser la grève, on avait parlé de manifester ce premier mai aussi » rappelle un syndicaliste. Plusieurs salariés se portent alors volontaires pour constituer un cortège lors de la manifestation toulousaine ce dimanche.

« Maintenant, on doit essayer de toucher les autres sites » expliquent plusieurs militants CGT dans l’assemblée. « On continue de s’adresser aux autres syndicats pour construire l’unité dans ces négos. »

« La direction a déjà commencé à reculer, ça montre que la grève a un impact » s’exclame un autre.

Sur le piquet, des salariés d’autres sous-traitants sont venus porter leur solidarité. Une délégation de AAA, qui poursuivent la grève pour leur salaire ce même jour, sont venus en soutien.

De la même manière, une équipe de la CGT AHG était présente pour affirmer sa solidarité : « on sait ce que c’est de faire une grève en étant isolés, donc on vient vous donner de la force, et on sait que vous nous en donnerez quand on aura besoin aussi. »

Une solidarité qu’il faudra développer pour préparer les batailles à venir, à l’heure d’un deuxième quinquennat Macron fait d’attaques sociales, de réforme des retraites, d’inflation et de répression.



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