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La catastrophe sociale se poursuit

Mécachrome veut supprimer 306 emplois en France : la catastrophe sociale dans l’aéro continue

Les plans de licenciement et les APC continuent de pleuvoir dans le secteur de l’aéro, c’est ainsi au tour de l’équimentier Mécachrome d’annoncer un PSE visant la suppression de 306 postes en France, après avoir supprimé presque 40% de ses effectifs à l’international.

mercredi 30 septembre

Après des années de croissance et de résultats florissants, l’aéronautique fait aujourd’hui face à une crise de surproduction que les patrons entendent bien faire payer aux travailleuses et au travailleurs. Ainsi, les plans de licenciement, ironiquement appelés « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE), et les Accord de Performance Collective (APC) ne cessent de pleuvoir dans l’aéronautique, secteur particulièrement touché par la crise.

Cette fois-ci c’est au tour de l’équipementier Mécachrome qui, après avoir réduit de 40% ses effectifs à l’international ces derniers mois, lance un PSE visant à supprimer 306 postes en France sur trois usines différentes. On apprend donc la fermeture de l’usine de Vibraye (Sarthe) qui emploie 80 salariés, mais aussi la suppression de 160 des 500 postes de l’usine d’Aubigny-Sur-Nère (Cher), et 108 postes sur l’usine d’Ambroise (Indre-et-Loire).

D’après BFM TV, l’entreprise frappée par la baisse des commandes d’Airbus depuis le confinement a pourtant reçu un soutien financier de trois actionnaires (ACE Management, le fond de solidarité des travailleurs du Québec et BPI France) à hauteur de 50 millions d’euros en fonds propres, qu’elle a complété par 60 millions d’euros de prêts garantis par l’Etat.

Christian Cornille, le président du groupe Mécachrome, annonce vouloir privilégier « le dialogue social » et affirme que la décision (qui semble déjà toute prise !) ne sera pas unilatérale. Ainsi, toujours selon BFM TV le syndicat majoritaire de l’entreprise, FO, entame des négociations pour faire prolonger l’activité partielle de longue durée, un dispositif de « soutien à l’activité économique qui offre la possibilité à une entreprise de diminuer l’horaire de travail de ses salariés, et de recevoir pour les heures non travaillées une allocation en contrepartie d’engagements, notamment en matière de maintien en emploi. Son accès est conditionné à la signature d’un accord collectif » comme le précise le site du gouvernement. Quant aux syndicats minoritaires, la CFDT et la CFTC, ils misent quant à eux sur des accords de compétitivité espérant sauver une quarantaine de postes.

Quelques soient les pistes choisies par les syndicats, c’est donc le dialogue social qui est privilégié, et avec lui l’abandon de l’espoir de sauver l’ensemble des emplois. A l’inverse, seul le rapport de forces peut permettre d’opposer un programme à la hauteur de l’ambition d’empêcher toute suppression d’emploi. Un rapport de forces qui exige de briser l’isolement, a fortiori dans un secteur où tant d’entreprises sont confrontées aux mêmes attaques.

En ce sens, il est plus que jamais essentiel que les salarié-e-s toustes ensemble s’auto-organisent à la base et rompent avec les divisions, très forte dans le secteur de l’aéro, pour construire un réel rapport de force en dehors des cadres institutionnels de négociation. On peut voir dans la rencontre des salarié-e-s de l’aéro du 17 septembre (dont nous relayons ci-dessous l’appel) un premier pas dans ce cas, qui en appelle d’autres.

L’appel des salariés de l’aéro :




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