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Politique

Acte 33

Medics arrêtés, GJs matraqués et Assemblée des assemblées. Nouveau week-end de luttes pour l’Acte 33

Plus de sept mois après le début de ce mouvement social éruptif et inédit, environ 10 000 gilets jaunes ont encore battu le pavé ce samedi. A Lille, une cinquantenaire bousculée par une charge policière a fini à l'hôpital. Il y a eu 11 interpellés dans la capitale du Nord : une personne handicapée matraquée, en fait partie.

mardi 2 juillet

Malgré la canicule, les gilets jaunes ont une nouvelle fois répondu présents pour ce... 33ème samedi d’affilée ! Sur Lille, environ 500 personnes déterminées ont battu le pavé entre la place de la République et le quartier de Wazemmes sous des chants combatifs comme « on est toujours là ! ». Les violences policières, elles aussi, sont malheureusement toujours là.

Les images terrifiantes de cette femme, couchée sur le bitume, couverte de sang, rappellent le cas de Geneviève Legay, qui elle aussi avait chuté très violemment suite à une charge policière. La cinquantenaire lilloise, prise en charge par les street-medics puis les pompiers, a, tout comme la militante d’Attac était hospitalisée. Elle s’en sortirait « mieux » que Mme Legay, avec « un traumatisme facial sans gravité », selon La Voix du Nord.

Toujours sur Lille, une personne handicapée a été interpellée après avoir été violemment malmenée et même matraquée. Les vidéos ont largement tourné sur les réseaux sociaux, on y voit un policier matraquer violemment ce gilet jaune handicapé, avant que celui-ci chute violemment sur le sol et finisse traîné par plusieurs flics.

Au-delà des violences policières, la répression a également été féroce en terme d’interpellations puisque 11 gilets jaunes lillois ont fini au commissariat. Malgré tout, Christine, retraitée « obligée de travailler pour compléter sa pension » assure à l’AFP : « on sera d’attaque pour la rentrée ! ».

A Caen, les street medics finissent en garde-à-vue, à Montceau-les-Mines, l’AG des AG regroupe 246 délégations !

Dans les autres villes aussi, les gilets jaunes ont montré toute leur détermination, malgré la chaleur et la répression. A Rennes plusieurs centaines de manifestants ont défilé. Des gilets jaunes ont tenté de pénétrer dans le centre-ville voulant court-circuiter la décision liberticide de la préfète qui avait interdit son accès. Des violences policières ont été relevées, un gilet jaune a par exemple été matraqué gratuitement par un flic, alors qu’il était en l’air, porté par des policiers.

A Caen, les street-medics ont quant à eux été arrêtés tôt le matin, et placés en garde-à-vue. L’un d’entre eux expliquait à Actu.fr, « pour nous, il est clair que la police ne veut plus voir de secours citoyens. C’est un nouveau moyen de casser le mouvement des gilets jaunes. Le commissaire nous a dit qu’il n’y avait pas besoin de nous puisqu’il y a les sapeurs-pompiers ». Un cas qui rappelle celui des medics de Bordeaux, il y a quelques semaines.

A Reims, il n’y a pas eu de défilé, le préfet de la Marne ayant interdit de manifester. Malgré tout, 18 personnes ont été interpellées, dont 9 placées en garde à vue.

A Montceau-les-Mines, « l’Assemblée des assemblées » (ADA) a quant à elle regroupé quelques 650 délégués représentant 246 délégations de tout le pays. A l’issue du week-end, les contours et le rôle de l’ADA restent à définir, et le caractère central des groupes locaux a été réaffirmé. Les délégués présents ont notamment voté la nécessité de multiplier les convergences avec l’ensemble des luttes en cours et à venir. Si les dynamiques d’auto-organisation ont faibli par rapport au début du mouvement, Cette sorte de « coordination des AG locales » qui regroupe une certaine avant-garde n’en demeure pas moins très intéressante en terme d’expérimentation d’une certaine démocratie directe.

L’institution policière, corps répressif au service de Macron et des classes dominantes

Par ailleurs sur Paris, plus de 1000 manifestants ont défilé, et certains ont ensuite rejoint la marche des fiertés. Le cortège avait comme thématique la dénonciation des violences policières. Il faut dire que, depuis le début du mouvement, plus de 2000 gilets jaunes ont été blessés par la police, une grosse vingtaine ont été éborgnés, cinq ont perdu une main, et Zineb Redouane est décédée suite à un tir de grenade lacrymogène, alors qu’elle fermait ses volets.

Ces violences policières, qui étaient surtout le lot jusque-là des quartiers populaires, s’inscrivent dans une escalade sécuritaire de Macron. Systémiques, celles-ci sont l’unique réponse qu’a su apporter l’exécutif face à la grogne sociale de ces derniers mois.

Une escalade sécuritaire qui a une nouvelle fois fait parler d’elle en dehors du mouvement des gilets jaunes. Ainsi, lors de la fête de la musique de Nantes, 14 personnes sont tombées dans la Loire suite à une charge ultra violente de la police. Steve, 24 ans, est toujours porté disparu. Quelques jours plus tard à Paris, lors d’un sit-in de militants écologistes, des vidéos montrant les manifestants pacifiques gazés comme des mouches ont particulièrement choqué.

Dans le même temps, on observe une véritable criminalisation des manifestants. A la répression policière s’ajoutent la répression administrative et judiciaire. En mars dernier, 800 gilets jaunes avaient déjà été condamnés à des peines de prison ferme. Du jamais vu. Et pour cause, l’institution policière est le corps répressif au service du pouvoir exécutif, de Macron et des classes dominantes qu’il sert. C’est la raison pour laquelle ces crimes et violences demeurent systématiquement impunis.




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