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Politique

Anasse Kazib 2022

Meeting d’Anasse Kazib à Paris 8 : la jeunesse et les quartiers "contre l’extrême-droite et le racisme d’Etat !"

Plus de 400 personnes dans une ambiance électrique. Hier soir, Révolution Permanente organisait un nouveau meeting à l’université Paris 8. L’occasion de décliner en direction des travailleurs, des quartiers populaires et de la jeunesse, le projet d’une nouvelle force de la gauche révolutionnaire.

vendredi 10 décembre 2021

400 personnes à Paris 8 : la campagne Anasse Kazib 2022 continue à monter en puissance

Hier soir, l’amphithéâtre B1 de Paris 8 était indéniablement plein. Plus de 400 personnes étaient présentes pour assister à ce nouveau meeting de Révolution Permanente et aux interventions de nombreux invités. A la tribune, Esther, militante à Révolution Permanente et animatrice de la soirée, a fait en guise d’introduction, un rapide état des lieux des avancées de la campagne Anasse Kazib 2022

« Je suis extrêmement heureuse et fière de voir ce soir cet amphithéâtre blindé, mais j’aimerais prendre un temps pour que tout le monde prenne la mesure de ce que nous avons accompli jusqu’ici, de ce que cela signifie d’avoir bientôt 200 parrainages quand on présente en France un candidat ouvrier, issu de l’immigration et révolutionnaire à partir de rien, sans élu, ni relai institutionnel et soutien médiatique. Parce que malgré le black-out médiatique et l’énormité de la tâche que représente l’obtention des 500 parrainages, nous commençons à faire percer cette candidature. Ce soir c’est le sixième meeting. A Marseille nous étions 250, 400 à Toulouse, et 450 à Bordeaux. Mais cela ne peut suffire à nous satisfaire. Pour celles et ceux qui nous connaissant un peu vous savez que si il y a bien une chose sur laquelle nous mettons tout le monde d’accord : c’est que nous avons une détermination de fer et que nous allons toujours au bout des choses. » a-t-elle notamment rappelé.

De fait, la campagne du cheminot pour les présidentielles de 2022 prend de l’ampleur. Interrogé à l’issue du meeting, Anasse Kazib réagissait à chaud et s’enthousiasmait d’« une ambiance incroyable ce soir. C’était une arène. Tous les autres meetings étaient pleins, celui-là l’était aussi. Mais il y avait quelque chose de très puissant qui répond à l’actualité, à la montée de l’extrême-droite, aux agressions à Villepinte dans le meeting de Zemmour, à la candidature de Pécresse, etc. Il y a de très nombreux jeunes qui se demandent de quoi va être fait leur avenir dans ce contexte et qui s’identifient de plus en plus à une candidature de la classe ouvrière ».

Une candidature ouvrière pour dialoguer avec les aspirations de la jeunesse

Tout au long de la soirée, les interventions se sont succédées pour revendiquer la candidature d’Anasse Kazib et celle d’un projet révolutionnaire, anti-raciste, écologiste, féministe face à la radicalisation à droite du champ politique. « Ce soir nous ne sommes pas dans n’importe quel amphi, nous sommes dans l’amphi des AG et nous ne sommes pas dans n’importe quelle université. Nous sommes à Paris 8, une fac née de mai 68 et une fac de banlieue avec une vraie tradition militante et c’est aussi pour cela que nous tenions à faire un meeting ici » a rappelé Esther. A l’image de la composition jeune et cosmopolite de la salle, cette nouvelle étape de la campagne cherchait tout particulièrement à dialoguer avec une jeunesse à la recherche d’une alternative politique radicale face à un système qui s’essouffle et n’a plus rien à leur offrir.

« Dans cet amphi, il y a quelques mois, des files d’étudiants faisaient la queue pour recevoir des colis alimentaires » a rapporté Irène, étudiante à Paris 8 et militante au Poing Levé, à la tribune. « Nous défendons un projet radicalement opposé au leur, une université gratuite, ouverte à toutes et tous ! Aux étudiants étrangers, aux enfants d’ouvriers, aux travailleurs » a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « Mais pour que l’université soit réellement ouverte, il faut que tous les étudiants aient la possibilité matérielle de suivre leurs cours et ne soient pas obligés de se salarier pour vivre et payer leurs études. Et pour ça, on doit se battre pour un revenu étudiant à hauteur du SMIC. »

« Ils disent qu’on ne vote pas, qu’on ne s’intéresserait pas à la politique » s’est indignée Irène avant d’énumérer les luttes écologistes, antiracistes, féministes et anticapitalistes auxquelles a pris massivement part la jeunesse ces dernières années. « C’est pour cela que je soutiens Anasse Kazib, un ouvrier. On n’a pas envie de s’arrêter aux portes des universités. On a bien conscience que notre avenir est intimement lié à celui des travailleurs, qui font tourner la société. » a-t-elle conclu. Alioun, du Collectif des étudiants étrangers de Paris 8 prend alors la parole pour rappeler la situation de la jeunesse sans-papiers, frappée par les politiques xénophobes du gouvernement.

Rozenn Kevel, ex-salariée et gréviste à Chronodrive et militante à Révolution Permanente et à Du Pain et des Roses, licenciée pour avoir lutté aux côtés de ses collègues contre les violences sexistes et sexuelles dans son entreprise, revient quant à elle sur la lutte qu’elle a menée : « Notre grève a été la démonstration qu’il était possible de rompre la division entre le mouvement ouvrier et le mouvement féministe. Nous avons organisé un grand rassemblement avec des organisations politiques, syndicales, féministes et étudiantes parce que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, c’est aussi la lutte contre les patrons qui veulent nous faire taire, qui nous exploitent avec des salaires de misère […] Cette campagne est là pour aller prendre la parole, pour qu’on aille déranger leurs débats de politiciens réactionnaires et hors sol et y opposer nos revendications, la nécessité d’un féminisme lutte de classes. La campagne d’Anasse Kazib, ce n’est pas une campagne pour un patriarcat un peu plus cool, c’est une candidature pour ceux qui ne veulent plus se serrer la ceinture, pour ceux qui ont lutté ces dernières années et qui réfléchissent à comment on va construire un autre projet de société, une société communiste. »

Oumou Gueye a, de son côté, développé l’histoire de la grève victorieuse des travailleurs et travailleuses d’Onet et de sa rencontre avec le cheminot. « Venir ici à Saint-Denis, ça me rappelle notre grève. On y a passé 45 jours dans le froid. On y a relevé la tête face à deux géants, face à la SNCF et Onet. Ils étaient surpris de voir 104 immigrés relever la tête jusqu’à la victoire ». Et de poursuivre : « Ce soir je suis là pour Anasse. Ta candidature elle porte notre voix, celle des travailleurs de l’ombre, des travailleurs précaires, des travailleurs immigrés, de nos luttes. Notre victoire on l’a remporté grâce à toi et Révolution Permanente. C’est notre victoire mais c’est aussi la vôtre ». En conclusion, l’ex gréviste a tenu à s’adresser à la jeunesse : « Faites en sorte que cette candidature puisse voir le jour. Faites en sorte de lutter, de prendre nos vies en main. Moi je ne veux qu’une chose, ayez ces 500 signatures pour qu’Anasse soit devant Macron. Les jeunes, prenez le monde. Il y en a assez de Macron et de tous les autres. Hollande, Sarkozy, rien n’a changé. Changez ça ».

Anasse Kazib 2022 : une nouvelle force inédite à l’extrême-gauche

Meeting après meeting, la composition des salles des meetings de Anasse Kazib reflète les dernières vagues de mobilisation et de lutte des classes. Une réalisation qui va dans le sens du projet de la candidature du cheminot de 34 ans, celui de faire vivre dans les élections les acquis de la lutte des classes de ces dernières années, dans toute leur richesse et variété, et qui s’impose d’ores et déjà comme une réussite.

Après avoir évoqué la gangrène des débats publics et la croissance du pôle réactionnaire à l’aune de 2022 Youcef Brakni, militant du Comité Adama, a pointé à la tribune l’importance de cette candidature : « Pour la première fois je m’engage dans le cadre d’une élection présidentielle. Avec Révolution Permanente et le mouvement auquel j’appartiens, le comité Justice et Vérité pour Adama nous avons mené toutes nos luttes ensemble. […] Si je suis là aujourd’hui, c’est parce que nous allons faire rentrer les luttes dans cette élection présidentielle. Nous allons faire rentrer les résistances dans cette élection présidentielle. Et surtout avec ces meetings et cette tournée on va construire un bloc pour l’avenir. Un bloc de résistance et révolutionnaire ». A sa suite Landry, du collectif Justice et Vérité pour Gaye Camara prend la parole : « Je suis ici pour transmettre toute ma force à Anasse Kazib parce qu’il représente nos voix à tous. Si un jour on doit aller dans la rue pour combattre les violences faites aux femmes, les violences policières, les violences d’Etat, toutes formes de violences : nous le ferons ensemble. »

Après une intervention poignante de Mara Kanté qui revient sur la répression d’Etat qu’il a subi, Anasse Kazib introduit son intervention : « Nos meetings ils ont la gueule de cette nouvelle génération ouvrière, blanche et racisée mais aussi LGBT, révolutionnaire et anti-impéiraliste. Ce soir il y a des jeunes, des collectifs de familles de violences policières, mais aussi des camarades du nettoyage, des agents de Roissy, de Transdev, de la RATP, de la SNCF, de l’éducation nationale, de Neuhauser, etc. ».

Anasse Kazib 2022 : une candidature ouvrière et révolutionnaire pour le camp des exploités et des opprimés

Face aux discours d’extrême-droite qui gangrènent les débats publics, la candidature d’Anasse est essentielle pour que les exploités et des opprimés aient voix au chapitre en 2022. « Si les médias nous la présentent au quotidien sur les plateaux télé, il y a une autre génération que la Génération Z. Ils voudraient nous faire croire que la jeunesse ne se préoccupe que des musulmans, de la xénophobie, des idées réactionnaires. La réalité c’est que la jeunesse et la classe ouvrière sont aussi révolutionnaires, anticapitalistes, anti-impérialistes et dénoncent toutes les violences qui existent dans ce pays. ».

Face à cette extrême-droite qui veut diviser notre classe, et cette gauche institutionnelle qui s’adapte au climat réactionnaire, Anasse Kazib met avant à l’inverse la précarité structurelle de ceux qui font tourner la société et exalte la force des travailleurs, de la première à la seconde ligne, et de tous les opprimés, ainsi que leur capacité à changer le monde. « Ce n’est pas Marx ou Trostsky qui le disent, c’est Libération. Il y a un écart de 18 ans d’espérance de vie entre les ouvriers et les cadres. On est pour l’augmentation immédiate des salaires à hauteur de 300 euros, pour le partage du temps de travail pour lutter contre le chômage, pour la retraite à 60 ans parce que le travail et la pénibilité tuent ».

Leroy Merlin, Décathlon, SNCF, Carrefour, Transdev, AESH de l’Education nationale, Sephora, … : le cheminot égraine les luttes de ces secteurs du monde du travail qui ces dernières semaines se mobilisent pour leurs salaires et leurs conditions de travail. « On est venus porter les luttes de cette première ligne qui se rebelle et arrive à obtenir des augmentations de salaire. Car la force des travailleurs c’est la grève et quand ils déposent le bleu de travail, le patron le plus riche du monde n’est plus rien ». Le meeting se conclut avec un hommage vibrant aux victimes de violences policières : « Dorénavant on finira chacun de me meetings avec une pensée pour nos morts. Je vais demander de vous lever pour Zyed et Bouna, pour Adama Traoré, pour Gaye Camara, pour Idir, pour Souheil, pour Sabri, pour Ibo, pour Cédric Chouviat, pour Wissam, Zineb et pour tous les autres » puis l’Internationale.

Avant de conclure, Anasse Kazib rappelle une dernière fois le défi représenté par sa candidature et l’obstacle des 500 parrainages. Sur scène, le cheminot annonce se rapprocher des 200 à ce jour. Mais pour obtenir les plus de 300 restantes, il faudra le soutien de toutes et tous pour y arriver : « Nous avons besoin de votre soutien, que vous participiez à cette campagne. Personne ne s’attend à ce qu’on y arrive. Mais j’ai bon espoir. Ils ne veulent pas qu’on y arrive. Mais on va imposer notre présence au pied de biche. Pour ces quartiers populaires, cette jeunesse qui s’abstient, cette classe ouvrière qui demain pourrait se retrouver dans une candidature qui lui ressemble et parle pour elle. Une candidature qui est fière de dénoncer l’impérialisme français, ce qui se passe en Palestine, d’exiger la libération de notre camarade George Ibrahim Abdallah et qui représente notre camp : celui des exploités et des opprimés ».

L’affluence à ce sixième meeting autant que la richesse des invités auront en tout cas démontré une nouvelle fois que la candidature d’Anasse Kazib est à même de dialoguer largement avec différents secteurs de la population, du monde du travail aux quartiers populaires, dans le cadre de la présidentielle 2022. Le chemin est encore long, mais une chose est sûre : la campagne Anasse Kazib 2022 est le signe que quelque chose se passe à l’extrême-gauche révolutionnaire. Et la détermination est plus forte que jamais.




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