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Meeting de Lutte Ouvrière à Toulouse : « Le changement ne peut venir que par le bas »

Ce vendredi 17 mai, dans le cadre des élections européennes, Lutte Ouvrière organisé un meeting à Toulouse. Jean-Pierre Mercier, n°2 de la liste de LO et ouvrier dans l'automobile, était présent.

dimanche 19 mai

Crédits photo : Révolution Permanente

C’est à la salle du Sénéchal à Toulouse que le meeting de Lutte Ouvrière s’est tenu, ce vendredi 17 mai. A la tribune, Vincent Combes, travailleur dans l’aéronautique, Malena Adrada, enseignante, et Jean-Pierre Mercier, n°2 de la liste de Lutte Ouvrière et ouvrier dans l’automobile. Ce dernier a introduit le meeting, avant que ne s’ouvre un débat avec la salle.

« Notre conception de l’Europe et du monde, c’est un monde sans frontières, sans nations, sans barbelés » a ainsi expliqué d’entrée de jeu Jean-Pierre Mercier, mettant en avant le mot d’ordre de droit de circulation et d’installation pour toutes et tous. Une prise de position internationaliste indispensable, tant la République en Marche, la droite et l’extrême droite polarisent le débat autour des questions d’immigration et du renforcement de l’Europe forteresse. Rappelant l’exemple du Brexit et le fait, indéniable, que les conséquences de la sortie du Royaume-Uni sont avant tout payées par les travailleurs, Jean-Pierre Mercier a ainsi expliqué que « chez LO, nous n’avons pas envie de tomber dans le faux débat entre ‘sortir’ ou ‘rester’ », tout en précisant que, pour les grands patrons français, l’Union Européenne est avant tout un outil pour assenner « des coups aux travailleurs ». C’est ainsi que, loin de vouloir semer « des illusions électorales », la campagne de Lutte Ouvrière cherche avant tout à rappeler que « le changement ne pourra venir que par le bas », c’est-à-dire par la lutte et par la grève .

L’Union Européenne est une machine de guerre contre les travailleurs, tout comme l’État français

Jean-Pierre Mercier a détaillé trois points de programme précis, correspondants à des « objectifs de lutte » à imposer par le rapport de force. Prenant l’exemple du mouvement des Gilets Jaunes, qui « a réussi à imposer un recul à Macron sur la question du carburant », concernant le coût de la vie, Lutte Ouvrière avance ainsi la revendication d’une « hausse des salaires et des pensions à 1800€/net » qui doivent « augmenter selon le coût de la vie », c’est-à-dire indexées sur l’inflation. En effet, si le gel du prix du carburant a été effectif durant un temps, le prix à la pompe a flambé quelques semaines après.

Le second point avancé concerne la lutte contre le chômage de masse. Ici, l’objectif est d’imposer par la lutte et la grève l’interdiction des licenciements, la répartition du temps de travail entre toutes et tous et l’embauche massive des chômeurs. Ces revendications sont liées au troisième point évoqué, celui de la nécessité d’un contrôle ouvrier sur la production. Prenant l’exemple de la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan et qui souhaite « vendre 21 magasins en France, ce qui menace 800 emplois », l’idée avancée est donc que celles et ceux qui « sont au cœur du système et qui produisent toutes les richesses » aient « le sommet du contrôle ».

Au-delà de Macron, c’est le capitalisme qu’il faut dégager

La campagne de Lutte Ouvrière ne s’inscrit donc pas dans une perspective électoraliste, mais porte un programme de combat afin « de convaincre de ce pour quoi et contre qui on doit se battre ». En d’autres terme, il s’agit d’œuvrer pour que les travailleuses et les travailleurs reprennent confiance dans leur propre force, et défendent leurs intérêts en toute indépendance politique des grands patrons.

Un travail de conscience et de politisation donc, qui s’accélère en temps de lutte, et dont le mouvement des Gilets Jaunes est un exemple frappant. Toutefois, un tel travail ne peut passer que par un programme qui ne se limite pas aux questions « économiques ». Au contraire, pour proposer une société alternative à la misère et l’exploitation que nous promet le système capitaliste, il s’agit de proposer un programme qui englobe à la fois la question de la centralité de la classe ouvrière au sein du processus de production et l’ensemble des questions politiques et sociales. En d’autre terme, un programme qui propose une politique écologique déterminée selon les besoins de toutes et tous, et non en fonction des intérêts économiques d’une poignée de grands capitalistes, qui s’attaque à l’ensemble des oppressions, au patriarcat, au racisme. En bref, un programme qui propose une réorganisation de la société à échelle planétaire. C’est en ce sens que les militants du Courant Communiste Révolutionnaire du NPA qui animent Révolution Permanente appellent à voter Lutte Ouvrière le 26 mai prochain. Car, si ce système n’est pas réformable et qu’il s’agit de le renverser, et pour citer une dernière fois Jean-Pierre Mercier, « voter pour le camp des travailleurs, c’est un premier acte militant, un premier acte de conscience ».




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