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Politique

En toute impunité

Menaces de morts de l’extrême-droite contre des militants politiques et journalistes : soutien !

Dans un photomontage raciste diffusé sur Télégram, des néo-nazis également partisans de Zemmour appellent au meurtre de Danièle Obono, Jean-Luc Mélenchon, Taha Bouhafs, Jean Hugon et Mathieu Molard. Un exemple de plus de la décomplexion totale de l'extrême-droite, favorisée par un contexte politique ouvertement raciste et réactionnaire.

mercredi 17 novembre

Photo : StreetPress

Il y a environ une semaine, sur le canal Télégram d’extrême droite « Les Vilains Fachos », était publié un photomontage dans lequel on pouvait voir des dessins racistes censés représenter des juifs, des noirs et des musulmans mais aussi des personnalité publiques telles que Jean-Luc Mélenchon, Taha Bouhafs, Danièle Obono, le militant LFI Jean Hugon et le journaliste Mathieu Molard, comme le rapporte StreetPress. Le photomontage reprend les pires clichés racistes et les pires caricatures de l’extrême-droite, comme par exemple le dessin raciste de Valeurs Actuelles dépeignant Danièle Obono comme esclave. Sur le visage des différentes caricatures, des cibles rouges appellent explicitement au meurtre. Le score obtenu est inscrit à côté de chaque cible : 88 points pour la plupart, reprenant le code des néonazis pour « heil Hitler ». Le photomontage parle de lui-même : il y a même une photo d’Anne Franck, jeune fille juive morte dans les camps de concentration nazis. Un message censé être humoristique l’accompagne, dans lequel les militants d’extrême-droite en profitent pour insérer un lien vers un site internet permettant d’acheter des pistolets à poudre noire « létaux pour 130 euros, sans contrôle et livrés par la poste ». Le message qui l’accompagne finit d’ailleurs par un message d’hommage à Zemmour : « Et rappelez-vous de soutenir le Z ». Danièle Obono, Jean-Luc Mélenchon et Taha Bouhafs ont décidé de porter plainte ce lundi et Mathieu Molard a fait un signalement à la procureure de Paris.

Auprès de StreetPress, Taha Bouhafs raconte : « J’ai l’habitude [...]. Ces groupes d’extrême droite se sentent dans l’impunité. » Dans la même veine, Jean-Luc Mélenchon explique : « On constate que ces groupes ont un réel sentiment d’impunité et ne se cachent même plus. Les menaces se diffusent sur YouTube, sur des messageries, sur les réseaux sociaux… On peut légitimement craindre que les passages à l’acte se multiplient. » Même sentiment pour Mathieu Molard : « Ce n’est pas la première fois que je reçois des insultes ou des menaces de mort, mais c’est la première fois qu’elles sont d’une telle ampleur. »

Et pour cause : depuis que StreetPress a révélé des vidéos montrant des militants d’extrême-droite, soutiens de Zemmour, s’entraînant en treillis militaire à tirer avec des armes à feu sur des caricatures racistes représentant des juifs, des musulmans et des noirs, le journaliste Mathieu Molard, invité sur plusieurs plateaux télés pour présenter son travail, fait l’objet de menaces à répétition. Cette affaire n’est également pas sans rappeler les menaces de mort véhiculées par le youtubeur Papacito envers Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens, les nombreuses attaques racistes subies par Danièle Obono ou encore la liste publiée par le média d’extrême-droite Fdesouche comportant des informations très précises sur des militants et personnalités « islamo-gauchistes » dans laquelle figuraient déjà Taha Bouhafs, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono et Mathieu Molard. Plus récemment, c’est le candidat à la présidentielle et militant Révolution Permanente Anasse Kazib qui a reçu des milliers de menaces de mort par la fachosphère suite à son premier meeting de campagne.

Ces attaques de plus en plus fréquentes montrent la décomplexion grandissante des militants d’extrême-droite, sur les réseaux sociaux mais également dans la rue. En début d’année, Raphaël Arnault et Jean Hugon se faisaient ainsi agresser physiquement, expression de la violence de groupes d’extrême-droite, particulièrement actifs dans certaines villes comme Lyon. Une décomplexion et une violence permise par le climat réactionnaire qui caractérise la scène et le débat politiques actuels, résultat de la candidature de Zemmour et de la politique islamophobe et xénophobe du gouvernement. Solidarité face aux menaces de l’extrême-droite !




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Eric Zemmour   /    Racisme   /    Extrême-droite   /    Politique