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Mensonge du gouvernement : le train primeurs Perpignan- Rungis sera supprimé

La CGT a appris que contrairement à ce que le gouvernement avait annoncé, le train de fret Perpignan-Rungis serait bien supprimé courant Juillet. Ce train qui remplace 80 camions par jour devait être « sauvé » avait annoncé le ministère des transports suite à une réunion ministérielle en mai.

mardi 4 juin

Crédit : Fabien Legall

Depuis plusieurs mois la suppression de la ligne des primeurs Perpignan-Rungis a fait couler beaucoup d’encre. Au point où le 17 mai le gouvernement et la SNCF, à la veille des élections européennes avait déclaré qu’une solution allait être trouvée pour sauver la ligne. Pourtant le train qui transporte fruits et légumes de Perpignan à Rungis sera bien supprimé courant Juillet. Ni la rentabilité avérée de la ligne, ni l’argument écologique n’auront permis de sauver le train. D’après les employés d’un des transporteurs qui exploitent la ligne, le déménagement aurait déjà commencé. Les entrepôts sont en train de quitter la gare et les employés recasés.
La raison de cette suppression n’est autre que le remplacement des wagons réfrigérés vieillissants. Les opérateurs de la ligne devraient moderniser le train ce qu’ils ne veulent pas faire, et ce bien que 20 millions d’euros aient déjà été déboursés pour rénover le terminal ferroviaire de Rungis. Ces opérateurs vont donc se tourner vers la route.

Remplacer le rail par la route est un non-sens écologique. Les 400 000 tonnes de fruits et légumes qui font le trajet tout les jours entre Perpignan et Paris nécessiteront le déplacement de 80 camions par jour, voir jusqu’à 250 camions selon le collectif des cheminot.e.s PCF. Un camion qui fait les 850 km qui séparent Perpignan de Paris c’est environ 1 tonne de CO2. Cette décision des opérateurs en lien avec la SNCF va donc causer l’émission de 80 tonnes de plus de CO2 par jour à minima. On est ici bien loin des annonces écologiste de Nathalie Loiseau lors des européennes ou du Green Washing qu’était la campagne « Make our Planet Great Again ». Pour le gouvernement, sous pression d’une montée des mobilisations sur le climat, ces annonces ne visaient qu’à reverdir son image à quelques jours des élections européennes. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le gouvernement nous démontre une fois de plus l’incompatibilité d’une politique écologiste et de l’économie capitaliste.

Le passage au camion par rapport au train ne constitue pas non plus en soit un gain de coût important. En effet, le coût par tonne au kilomètre est de 55 centimes pour la route contre 18,5 centimes pour le rail en moyenne. Le seul véritable avantage de ce type de transport est qu’il permet aux patrons du transport d’avoir accès à des travailleurs plus flexibles. En effet, dans ce secteur, le recours à des sous-traitants venant de pays où la main d’œuvre est moins chère ou plus flexible est courant. Le cout supplémentaire lié à la route sera bien sur assumé par les consommateurs qui bien souvent n’auront pas le choix que de manger des fruits et légumes ayant effectué ce transit. Dans la continuité de la réforme ferroviaire, Macron et son gouvernement montrent bien que, loin de tout souci pour le service public ou l’écologie, la seule visée de ses réformes est de satisfaire le grand patronat.




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