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Mensonges et chantage à l’emploi : la direction cherche à casser la grève des Neuhauser

Depuis plusieurs jours, face à la grève des travailleurs de Neuhauser, la direction de IN VIVO ne cesse de tweeter et de publier des articles dans la presse pour calomnier les grévistes. Face aux mensonges de la direction, nous avons donné la parole à Christian Porta, délégué central CGT, et gréviste.

mercredi 26 octobre

Crédit photo : O phil des contraste

Révolution Permanente : mardi 18 octobre, les travailleurs de plusieurs sites de Neuhauser se sont mis en grève face au refus de la direction d’augmenter les salaires. Face à l’extension de la grève à de nouveaux sites, la direction cherche à construire un récit anti-grévistes dans la presse régionale. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?

Depuis plusieurs jours, c’est à une véritable entreprise de calomnie que se livre la direction d’INVIVO. En effet, en l’espace de quelques heures, lundi dernier, le DRH d’INVIVO a donné deux interviews dans la presse déplorant les grèves à répétition et affirmant que l’entreprise avait déjà augmenté de 5% les salariés du groupe en juillet dernier ou encore que les revendications des grévistes ne pourraient qu’entraîner des répercussions sur les emplois.

Si la direction tente de faire passer le message que tous les plus bas salaires auraient déjà eu 5,5% d’augmentation de salaire en juillet, c’est pour décrédibiliser les grévistes. Ils ont fait la même chose à Total, en les faisant passer pour des nantis. En l’occurrence, c’est un mensonge. En réalité ils ont utilisé les augmentations du SMIC et ont relevé les salaires de 1,5% ensuite. En d’autres termes, nous n’avons jamais vu la couleur de cette augmentation et la réalité c’est que nos revendications sont aujourd’hui légitimes. Les collègues vivent de plein fouet l’inflation, la vie chère, les difficultés à payer les factures. Avec nos petits salaires c’est devenu encore plus compliqué dans la séquence économique actuelle.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que nous sommes en grève aujourd’hui, parce qu’après nous avoir promis des augmentations ils ne l’ont jamais fait. Ce n’est pas pour rien qu’il y a aujourd’hui six sites en grève à l’appel des syndicats majoritaires, ce n’est pas pour rien que les travailleurs sont rentrés dans la bagarre. Le DRH se vante d’avoir toujours la fourche et la fourchette pour expliquer qu’il détient l’ensemble de la chaîne de distribution de l’agriculture aux magasins, aujourd’hui la fourchette s’est retournée contre lui.

Ce n’est pas la première fois que la méthode de la direction du groupe est la calomnie, c’est même devenu une habitude. Déjà, le 29 septembre dernier, le DRH du groupe avait donné une interview dans lequel il multipliait les mensonges à notre encontre et faisait du chantage à l’emploi. Ce qu’ils essayent de nous dire c’est que si on va trop loin, l’usine va fermer, qu’ils sont déjà très sympas avec nous, que le patron nous fait des cadeaux … L’argumentaire est dégueulasse et repose sur l’idée qu’on leur devrait quelque chose. Nous, les travailleurs, ça nous fait ni chaud ni froid et on est très loin de céder à leur chantage. On sait que ce n’est pas grâce au patron qu’on a du travail, bien au contraire, c’est grâce à notre force de travail qu’on gagne notre vie et qu’eux ils s’enrichissent. Il ne faut pas inverser les rôle, il ne faut pas oublier que si le patron est là où il en est c’est grâce à nous.

Révolution Permanente : Après le discours anti-grévistes, il semblerait que la direction ait monté d’un cran son offensive contre la mobilisation, en faisant du chantage à l’emploi pour que la grève cesse et diviser les travailleurs. Tu peux revenir plus en détail sur la situation ?

A la dernière réunion de négociation, la direction ne s’est pas contentée de seulement proposer quelques nouvelles primes sur les transports, les paniers repas, ou au choix d’augmenter les salaires de 1,2%, mais a menacé, si les grévistes n’acceptaient pas cette proposition, de sucrer toutes les primes déjà existantes. En faisant cela, elle cherche à nous diviser.

La réalité, c’est que nous ne céderons pas face à la peur qu’elle tente d’inculquer dans nos ranges en nous faisant des chantages à l’emploi. Ce sont eux qui ont peur. Si justement le DRH de Invivo, deuxième groupe alimentaire en Europe, passe son temps à écrire des articles dans la presse à chaque fois qu’il se passe quelque chose à Neuheuser, qui représente à peine 10% de ses effectifs, c’est qu’il y a un problème qu’il n’arrive pas à résoudre

Ce qui leur fait peur justement, c’est le fait que nos revendications sont légitimes et ont de l’écho. Ils ont peur que les Neuheuseur fassent tache d’huile dans le groupe et que la colère se propage parmi les travailleurs de Jardiland ou encore des magasins GammeVerts qui sont plus nombreux que nous. Ils ont peur qu’ils prennent exemple de notre grève, comme nous avons pris exemple de celle des raffineurs. En tout cas ce que leur stratégie de calomnie et de menaces sur l’emploi montre, c’est qu’ils ont compris qu’on était déterminés et c’est pour cette raison qu’ils vont continuer à nous calomnier dans la presse. Maintenant ce qu’ils doivent comprendre aussi, c’est qu’on ne lâchera rien et qu’on ira chercher les augmentations de salaire de 300 euros et leur indexation sur l’inflation.



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