^

Politique

Mépris de classe

Mépris. Selon le ministre des Solidarités, « une assistante maternelle gagne 3 Smics par mois ! »

Lors d’une séance publique à l’Assemblée nationale, le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe a affirmé que les assistantes maternelles gagnent en moyenne 3 Smics par mois. Une affirmation lunaire et un crachat au visage des travailleuses de ce secteur, souvent précaires.

vendredi 28 octobre

Crédits photo : AFP-Emmanuel Dunand

Les assistantes maternelles gagneraient actuellement 3 Smics par mois. C’est l’énormité proférée ce mercredi 26 octobre par Jean-Christophe Combe, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des personnes handicapées lors d’une séance publique à l’Assemblée nationale.

« Une assistante maternelle gagne en moyenne un Smic par enfant gardé. En général elle en garde 3 » A-t-il ainsi affirmé à la tribune. Il en a ensuite conclu que le salaire des assistantes maternelles se porte à « 3 Smics en moyenne. Oui monsieur, 3 Smics en moyenne ! » Interpellé par d’autres députés, il a été obligé de vérifier ses calculs pour se rendre compte qu’il arrivait péniblement … sur un Smic de salaire mensuel pour 3 enfants gardés. Le taux horaire des assistantes maternelles employées par les particuliers est en effet de 3.18€ brut, soit moins d’un tiers du Smic.

Une sortie qui est un véritable crachat au visage de ces travailleuses, payées au lance pierre, travaillant sur des horaires très étendues, et souvent en contrats précaires quand elles sont dans le public. Un secteur qui par ailleurs a été frappé de plein fouet par la précarité avec la multiplication du télétravail lors des confinements. Une marque de mépris d’autant plus forte que cette remarque a été proférée dans le cadre d’une discussion sur le thème du plafonnement de leur salaire maximum.

L’ancien Directeur Général de la Croix-Rouge a ainsi fait la démonstration de sa profonde déconnexion du quotidien et des difficultés de la population. Il a en cela rappelé des interventions similaires de la part d’autres membres du gouvernement, à l’image de Gérald Darmanin qui, en pleine crise des gilets jaunes, n’imaginait pas payer un repas au restaurant à Paris en dessous de 200 euros.

Alors que les travailleurs ont sans cesse plus de mal à finir le mois avec une inflation toujours plus importante, cette déclaration rappelle qu’il n’y a rien à attendre du gouvernement sur la question des salaires. Les ministres sont en effet prêts à raconter tout et n’importe quoi, y compris à faire passer des secteurs précaires du monde du travail pour des nantis, afin de justifier le nivellement par le bas des conditions de vie des travailleurs dans un contexte d’inflation et de stagnation des salaires.

Face à ces marques de mépris et d’ignorance d’un gouvernement qui, loin de s’attaquer à l’inflation, prépare surtout des attaques contre les travailleurs, il est clair que c’est seulement par la lutte que les salariés pourront arracher des augmentations de salaires, contre l’inflation et la précarité de nombreux métiers tels que celui d’assistante maternelle.



Mots-clés

gouvernement   /    mépris de classe   /    Politique